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Les négociations entre Israël et le Liban sur le point d’aboutir à un accord de cessez-le-feu durable

Les détails seraient en cours de finalisation ; l'Iran menace de riposter si Tsahal continue à combattre le Hezbollah ; selon des responsables israéliens et américains, l'accord entre les États-Unis et l'Iran ne prévoit pas de retrait du Sud-Liban

Des drapeaux israéliens et libanais sont visibles dans une zone proche de la frontière, avec en arrière-plan des bâtiments détruits dans le sud du Liban, vus depuis le nord d'Israël, le 15 juin 2026. (Crédit : Leo Correa/AP)
Des drapeaux israéliens et libanais sont visibles dans une zone proche de la frontière, avec en arrière-plan des bâtiments détruits dans le sud du Liban, vus depuis le nord d'Israël, le 15 juin 2026. (Crédit : Leo Correa/AP)

Israël et le Liban seraient sur le point de conclure, sous l’égide des États-Unis, un accord de cessez-le-feu durable, a rapporté mardi un média. Les responsables israéliens et américains ont par ailleurs insisté sur le fait que l’accord signé dimanche entre les États-Unis et l’Iran n’imposait pas le retrait de l’armée israélienne des zones du sud du Liban qu’elle contrôle actuellement.

Des avancées significatives ont été réalisées lors des récentes négociations entre Jérusalem et Beyrouth à Washington, a rapporté la chaîne d’information N12.

Selon le média, les détails de l’accord sont en cours de finalisation ; les Forces armées libanaises ont commencé à se déployer sur le terrain dans le cadre de cette entente émergente.

Ce cadre devrait également permettre aux habitants du Sud-Liban, qui avaient été contraints d’évacuer en raison des frappes israéliennes contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, de regagner leurs foyers, a précisé la chaîne.

Ces discussions, dont Israël affirme qu’elles ont pour objectif ultime de parvenir à un accord de paix global, alors que le Liban soutient qu’elles visent uniquement à apaiser les tensions, se heurtent toutefois à de nombreuses difficultés depuis que le Hezbollah, soutenu par l’Iran, s’est juré de ne reconnaître ni de respecter aucun accord conclu, laissant planer la menace d’une nouvelle guerre civile.

Dans ce contexte, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a réaffirmé mardi que le Hezbollah ne faisait pas partie de l’accord négocié entre les États-Unis et l’Iran, même si Téhéran continuait d’insister sur le fait qu’Israël, conformément à l’accord, devait cesser ses opérations militaires au Liban. Plusieurs fuites survenues dans la soirée de mardi sur les termes de l’accord, notamment son texte intégral présumé, semblent indiquer qu’il prévoit un arrêt complet des hostilités au Liban.

En réponse au Hezbollah, lequel a affirmé avoir reçu de l’Iran l’assurance qu’il n’y aurait pas d’accord sur le nucléaire sans le retrait d’Israël du Liban, Huckabee a rappelé que le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, avait « clairement indiqué » que ces deux questions n’étaient pas liées.

« Israël n’a pas besoin de la permission de l’Iran pour se défendre », a-t-il écrit sur le réseau social X. « Il faut mettre fin à l’emprise du terrorisme. »

L’ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, à gauche, et le vice-président JD Vance, à droite, écoutent l’ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter s’exprimer dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 23 avril 2026. (Crédit : Mark Schiefelbein/AP)

L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a exprimé un sentiment similaire.

« Nous n’allons pas nous retirer du sud du Liban, et les fous de Téhéran n’ont pas à s’en mêler », a déclaré Leiter à NPR, soulignant qu’il était « on ne peut plus clair » que tout accord avec Téhéran « n’avait rien à voir avec notre retrait du sud du Liban ».

Cependant, dans la soirée de mardi, le haut commandement militaire conjoint iranien, le quartier général central Khatam al-Anbiya, a menacé Israël d’une riposte musclée des forces armées iraniennes s’il ne mettait pas fin à ses attaques dans le sud du Liban.

Les forces israéliennes sont actuellement stationnées au cœur du sud du Liban. L’armée israélienne a frappé des cibles dans tout le pays depuis que le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah a agressé Israël le 2 mars, en soutien à Téhéran.

Mardi, le président américain Donald Trump a estimé que la Syrie devrait prendre le relais d’Israël dans la lutte contre le Hezbollah, arguant que la guerre menée par l’État juif contre ce groupe terroriste soutenu par l’Iran était trop longue et menée sans discernement.

« Israël combat le Hezbollah depuis trop longtemps et trop de gens sont tués », a-t-il affirmé. « La manière dont Israël a géré la situation avec le Liban et le Hezbollah ne me convient pas. Ils auraient dû régler le problème plus rapidement. Cela dure depuis trop longtemps. »

« J’ai suggéré à Israël de laisser la Syrie s’occuper du Hezbollah », a ajouté Trump. « Pour être honnête avec vous, je pense qu’ils s’en sortiraient mieux. »

Le président américain Donald Trump s’exprime lors d’une réunion bilatérale en marge du sommet du G7, le 16 juin 2026, à Évian-les-Bains, en France. (Crédit : AP/Julia Demaree Nikhinson)

Ces propos semblent avoir suscité des réactions négatives tant de la part des responsables israéliens que syriens. Le site d’information Ynet a ainsi cité un responsable israélien qui a affirmé, sous couvert d’anonymat, qu’ils semblaient relever de la « réalité virtuelle » ; quant à la chaîne publique Kan, elle a rapporté les propos d’un haut responsable syrien qui a fait savoir que Damas ne serait pas disposé à intervenir par crainte de s’aliéner les États arabes, particulièrement en l’absence d’un retrait israélien de la zone tampon contrôlée par l’armée israélienne sur le territoire syrien.

Par ailleurs, certains affrontements se sont poursuivis mardi. L’armée israélienne a indiqué avoir notamment intercepté dans la matinée plusieurs roquettes tirées par le Hezbollah contre ses soldats dans le sud du Liban.

Peu après, l’armée de l’air israélienne a frappé et détruit le lance-roquettes, a précisé Tsahal.

Par ailleurs, l’armée israélienne a annoncé avoir repéré un véhicule suspect dans une zone du sud du Liban où opéraient ses unités. Les soldats ont tiré des coups de semonce, puis une frappe a été menée « pour neutraliser la menace », a fait savoir l’armée.

Les médias libanais ont fait état de quatre morts lors de frappes aériennes israéliennes à proximité de Nabatieh, dans le sud du Liban.

Dans un premier temps, une voiture a été prise pour cible par un drone à Mayfadoun. Une deuxième frappe a ensuite atteint la zone après que des habitants s’y sont rassemblés, a rapporté l’Agence nationale d’information du Liban (NNA).

Selon la NNA, une troisième frappe a touché une autre voiture dans la ville, et une quatrième a visé un véhicule dans la ville voisine de Shoukine.

L’armée israélienne n’a encore fait aucun commentaire.

Un haut responsable américain a indiqué lundi aux journalistes que le protocole d’accord signé la veille avec l’Iran n’était pas subordonné au retrait d’Israël du Liban. Cet accord prévoit toutefois un cessez-le-feu couvrant à la fois le Liban et l’Iran, a précisé ce responsable américain lors d’un point presse.

Selon un reportage diffusé lundi par la Treizième chaîne, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est récemment entretenu au téléphone, dans un climat tendu, avec le vice-président américain JD Vance, lequel a demandé à Israël de réduire la présence de son armée au Liban, ce que Netanyahu a refusé.

« L’armée israélienne ne se retirera pas. Mais désormais, chacune de ses actions sera passée au crible », a commenté une source, citée par la chaîne.

Dans la soirée de lundi, à l’occasion d’une conférence de presse, Netanyahu a assuré que l’armée israélienne resterait dans la zone tampon du Sud-Liban « aussi longtemps que nécessaire ».

Le ministre de la Défense, Israel Katz, avait quant à lui affirmé, dans les heures qui ont précédé, qu’Israël ne se retirerait pas du sud du Liban « malgré toutes les pressions existantes et à venir ».

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