Les partis arabes de la Knesset signent un accord pour relancer la Liste arabe unie
Selon leur porte-parole, la pression de la population face à la criminalité violente a poussé les dirigeants arabes à réunifier le bloc avant les prochaines élections
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Les quatre partis arabes – Hadash, Raam, Taal et Balad – ont signé jeudi à Sakhnin un accord visant à rétablir le bloc de la Liste arabe unie, a indiqué un porte-parole de l’un des partis au Times of Israel.
Les chefs de parti, Ayman Odeh (Hadash), Mansour Abbas (Raam), Ahmed Tibi (Taal) et Sami Abu Shehadeh (Balad), se trouvaient dans cette ville du nord du pays dans le cadre d’une grève générale nationale qui avait été organisée pour protester contre l’incapacité de la police à endiguer la vague de criminalité violente frappant la communauté arabe.
L’accord a été rédigé sur un bloc-notes à en-tête de la municipalité de Sakhnin et il a été signé par les chefs de parti. Des images diffusées montrent ces derniers se tenant la main et applaudissant après la signature.
Depuis des mois, les partis arabes étaient engagés dans des pourparlers pour relancer la liste, paralysés par des dissensions internes entre Raam et les autres formations. Le principal point de blocage portait sur la demande d’Abbas que le bloc ne constitue qu’une alliance technique, afin de permettre à son parti de se scinder après les élections et de rejoindre séparément une coalition gouvernementale.
Selon la chaîne publique Kan, les autres partis ont finalement accepté cette condition, ouvrant la voie à la signature de l’accord.
Un porte-parole a toutefois indiqué au Times of Israel que les quatre chefs de parti, principalement Abbas, ont, semble-t-il, été contraints de conclure un accord public sous la pression généralisée de la population arabe, désireuse de relancer le bloc face à l’épidémie de criminalité qui frappe la société arabe.
חתימת ראשי המפלגות הערביות להקמת המשותפת מחדש: אחמד טיבי, איימן עודה, סאמי אבו שחאדה ומנסור עבאס pic.twitter.com/Umg2d9PmfK
— מוחמד מג'אדלה محمد مجادلة (@mmagadli) January 22, 2026
La société arabe a connu en 2025 son année la plus meurtrière jamais enregistrée, avec 252 victimes d’homicides. Depuis le début du mois de janvier, 20 autres personnes ont déjà perdu la vie dans des crimes violents.
Jeudi, presque toutes les villes arabes ont fermé boutique dans le cadre d’un mouvement de protestation qui a débuté par une grève locale à Sakhnin, après que plusieurs commerçants ont été pris pour cible lors de fusillades liées à des affaires d’extorsion.
Les dirigeants se sont réunis à Sakhnin lors d’une marche organisée par le Haut Comité de suivi, la principale instance représentative de la société arabe, au cours de laquelle des appels pressants ont été lancés aux responsables politiques pour qu’ils « fassent quelque chose » et pour qu’ils s’unissent.
« On ne peut pas dire que ce soit définitif, mais un tel engagement public mènera à des discussions plus sérieuses, et personne ne voudra être perçu comme celui qui aura fait échouer la liste », a déclaré le porte-parole.
À son apogée en 2020, la Liste arabe unie était devenue le troisième plus grand bloc de la Knesset. Des querelles internes sur la répartition et la rotation des sièges avaient toutefois conduit Raam à se retirer en 2021. Mansour Abbas avait ensuite rejoint la coalition gouvernementale éphémère de Naftali Bennett et Yaïr Lapid, devenant le premier parti arabe à siéger dans un gouvernement israélien.
בלחץ המפגינים בסח'נין: ראשי המפלגות הערביות רע"מ, חד"ש, תע"ל ובל"ד חתמו על הסכם להקמת הרשימה המשותפת pic.twitter.com/ChseyuWi8d
— מוחמד מג'אדלה محمد مجادلة (@mmagadli) January 22, 2026
Après cette scission, il n’y a plus eu que Hadash, une faction judéo-arabe de gauche issue de l’ancien Parti communiste israélien, alliée à Taal et au parti nationaliste laïc Balad, ce dernier n’ayant pas franchi le seuil électoral lors des dernières élections.
La Liste arabe unie s’est finalement définitivement effondrée avant le scrutin de 2022.
La disparition du bloc a suscité une profonde frustration au sein de la population arabe, qui a intensifié la pression sur les chefs de parti afin qu’ils se réunissent avant les prochaines élections prévues en octobre, dans l’espoir de renforcer leur influence politique, tant dans l’opposition que par une participation gouvernementale.
Selon une enquête publiée en novembre par le Centre Moshe Dayan de l’université de Tel Aviv, 77,4 % des citoyens arabes interrogés ont dit être favorables à l’entrée d’un parti arabe dans la prochaine coalition gouvernementale.
Le rapport a également noté qu’une Liste arabe unie ferait nettement progresser la participation électorale. Celle-ci atteindrait 52,4 % si les partis se présentaient séparément, mais grimperait à 61,8 %, garantissant environ 15,5 sièges à la Knesset, en cas de réunification.
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