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Les questions sur les liens de Shapiro avec Israël, un antisémitisme classique, selon Lipstadt

L'adjoint de l'ex-envoyée spéciale de lutte contre l'antisémitisme dit avoir "dû répondre à des questions" différentes de celles de ses "collègues non juifs" lors de son processus de vérification

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

L'envoyée spéciale des États-Unis pour surveiller et combattre l'antisémitisme, Deborah Lipstadt, participant à une table ronde sur les violences sexistes contre les femmes israéliennes dans la guerre entre Israël et le Hamas, au Capitole, à Washington, le 14 février 2024. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)
L'envoyée spéciale des États-Unis pour surveiller et combattre l'antisémitisme, Deborah Lipstadt, participant à une table ronde sur les violences sexistes contre les femmes israéliennes dans la guerre entre Israël et le Hamas, au Capitole, à Washington, le 14 février 2024. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Deborah Lipstadt, envoyée spéciale de l’ancien président américain Joe Biden pour lutter contre l’antisémitisme, et son adjoint, Aaron Keyak, ont publié lundi des communiqués distincts condamnant l’équipe de campagne de l’ancienne vice-présidente Kamala Harris après que le gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, a révélé dans ses mémoires qu’ils lui avaient demandé s’il était un agent israélien lors de l’examen de sa candidature au poste de colistier de Harris.

« Plus je lis sur le traitement réservé à [Shapiro] lors du processus de vérification, plus je suis troublée. Les questions qui lui ont été posées, je le répète, sont la raison pour laquelle ils avaient besoin d’un envoyé spécial pour lutter contre l’antisémitisme. Ces questions relèvent d’un antisémitisme classique », a écrit Lipstadt sur le réseau social X.

« Ce récit est extrêmement troublant. Lorsque j’ai été évaluée par la Maison Blanche pour mon poste d’envoyée spéciale, on ne m’a rien demandé de tel. Si cela avait été le cas, j’aurais répondu que cette question illustrait parfaitement la raison pour laquelle un envoyé était nécessaire. Il s’agit d’un antisémitisme classique », a-t-elle ajouté dans un autre message.

Dans son propre communiqué, Keyak a écrit que « la demande minimale des Juifs aux États-Unis et de nos alliés – même ceux qui occupent des fonctions publiques – est simplement d’être traités comme n’importe quel autre Américain, indépendamment de leur religion, de leur origine ethnique ou de leur race. Le fait que le gouverneur Josh Shapiro ait écrit qu’on lui avait demandé s’il avait été un agent double du seul État juif au monde est une question antisémite. »

« Même si l’on peut supposer sans risque que demander à tous les candidats potentiels à la vice-présidence s’ils sont des agents doubles israéliens ne figure pas sur la liste standard, la question évidente est de savoir pourquoi c’est le gouverneur Shapiro qui a été particulièrement visé par l’équipe de la candidate démocrate présumée à la présidence, Kamala Harris », a poursuivi Keyak.

« En réalité, nous savons très certainement pourquoi. »

Le gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, arrivant pour prendre la parole avant que la candidate démocrate à la présidence, la vice-présidente Kamala Harris, et son colistier, le gouverneur du Minnesota Tim Walz, n’arrivent à un rassemblement de campagne, à Philadelphie, en Pennsylvanie, le 6 août 2024. (Crédit : Joe Lamberti/AP Photo)

« Malheureusement, ce n’est pas la première fois que le gouvernement américain ou une campagne présidentielle applique un double standard aux Juifs américains lors du processus de vérification des antécédents d’un large éventail de fonctionnaires. J’ai entendu trop de personnes se voir poser des questions similaires au fil des ans », a-t-il poursuivi.

« Au cours de mon processus de vérification, j’ai dû répondre à des questions dans un cadre confidentiel, ce qui n’a pas été le cas de mes collègues non juifs nommés à des postes politiques. Ce type de questions antisémites est anti-américain et ne représente pas le meilleur du parti démocrate. Aujourd’hui, et en particulier pendant la prochaine campagne présidentielle, nous devons exiger mieux », a ajouté Keyak.

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