Les suicides au sein de Tsahal sont liés à des traumatismes de combat – enquêtes
L'armée renforce les soins de santé mentale ; le chef du Directorat des Ressources humaines rend visite à la famille en deuil d'un réserviste
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Selon les conclusions d’enquêtes militaires internes publiées dimanche, les récents cas de suicide parmi les soldats israéliens seraient dus à des traumatismes psychologiques liés à la guerre en cours, notamment à des déploiements prolongés dans des zones de combat, au fait d’avoir été témoins de scènes atroces et à la perte de camarades.
« La plupart des suicides sont le résultat de la réalité complexe créée par la guerre. La guerre a des conséquences », a déclaré un haut responsable de l’armée israélienne à la chaîne publique Kan, soulignant le lien entre l’exposition aux combats et l’augmentation du nombre de décès volontaires.
En réponse à ces conclusions, Tsahal a déclaré avoir tiré des enseignements systémiques et avoir renforcé ses mesures en matière de santé mentale. L’armée a notamment élargi la formation des commandants afin de les aider à détecter les signes de détresse chez leurs troupes, et a considérablement augmenté le nombre d’officiers chargés de la santé mentale : 200 pour les soldats en service actif, 600 pour les réservistes, en plus des 1 000 déjà en service depuis le début de la guerre.
Selon les chiffres cités lundi par la chaîne N12, au moins dix-sept soldats se sont suicidés depuis le début de l’année 2025, un chiffre qui n’inclut pas les réservistes qui n’étaient pas en service actif au moment de leur décès, comme Roï Wasserstein. Son cas a déclenché un débat public sur la manière dont Tsahal reconnaît et soutient les troubles mentaux chez les soldats démobilisés et les réservistes.
Bien que l’armée ne publie ses chiffres officiels sur les suicides qu’une fois par an, les informations relayées par les médias indiquent une poursuite de la hausse inquiétante enregistrée l’an dernier. En 2024, vingt-et-un soldats se sont donné la mort, ce qui constitue le bilan annuel le plus lourd depuis plus d’une décennie. En 2023, on en dénombrait dix-sept, dont sept après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 ; la plupart étaient des réservistes.
Les responsables avertissent que cette tendance pourrait s’aggraver si Tsahal ne parvient pas à prendre suffisamment en charge le traumatisme psychologique des soldats revenant du combat.
Le débat sur le syndrome de stress post-traumatique (TSPT) a été amplifié par le décès de Wasserstein la semaine dernière. Ce secouriste réserviste âgé de 24 ans s’est suicidé, attirant à nouveau l’attention sur les failles du système de santé mentale pour les personnes qui ne sont plus en service actif.
Originaire de Netanya, Wasserstein avait accompli plus de 300 jours de service dans la réserve depuis le début de la guerre, au sein de l’unité d’évacuation médicale de la 401ᵉ brigade du Corps Blindé Mécanisé. Il était régulièrement chargé d’évacuer des soldats blessés ou tombés au combat sous le feu ennemi. Selon sa mère, Dina, il était profondément marqué par les horreurs dont il avait été témoin sur le champ de bataille.
« Après le 7 octobre, il a participé à la récupération des corps sous le feu ennemi. Il a été témoin de scènes horribles », a-t-elle confié jeudi à Ynet.
« Il est sorti d’un char en plein enfer pour empêcher des soldats d’être enlevés et a évacué des soldats amputés. Cela l’a profondément marqué. Depuis son retour à la maison, cela ne l’a jamais quitté. »
Après son décès, sa famille a appris, par des sources non officielles, qu’il ne serait pas reconnu comme une victime de guerre, car il avait quitté l’armée deux mois auparavant, et qu’il serait donc enterré lors d’une cérémonie civile.
Cette décision a suscité de vives critiques dans l’opinion publique et de nouveaux appels ont été lancés à l’armée pour qu’elle révise sa politique en matière de santé mentale après le service.
« Un soldat blessé par balle et décédé un an plus tard est reconnu comme un soldat tombé au combat – les blessures psychologiques sont également considérées comme des blessures. C’est une cicatrice de l’armée qui ne guérit pas », a déclaré dimanche Roni, le père de Wasserstein, à la radio de l’armée.
Dimanche matin, le général Dado Bar Kalifa, chef du Directorat des Ressources humaines, a rendu visite à la famille de Wasserstein et a promis de faire tout ce qui était en son pouvoir pour lui obtenir le statut de soldat tombé au combat, a rapporté la radio de l’armée. Il les a également informés de la création d’une nouvelle commission chargée d’examiner la manière dont Tsahal réagit aux cas de suicide liés à des blessures psychologiques subies pendant le service.
Créée en coordination avec le ministre de la Défense, Israel Katz, et le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, elle sera dirigée par l’ancien chef du Directorat des Ressources humaines, le major-général (Rés.) Moti Almoz. Elle comprendra des professionnels de la santé mentale, des conseillers juridiques, des officiers chargés des victimes et des représentants du ministère de la Défense. Elle examinera les aspects moraux, systémiques et juridiques du soutien apporté aux anciens combattants confrontés à des effets psychologiques différés de leur service.
L’armée affirme que la nouvelle commission a pour objectif « d’assurer un examen approfondi, responsable, sensible et équitable du soutien apporté aux militaires pendant et après leur service ».
À LIRE : Suicides dans l’armée, symptômes d’un système en souffrance
Parallèlement, Zamir a chargé Tsahal d’étudier la possibilité d’adopter une loi permettant de reconnaître officiellement les réservistes qui se suicident en dehors de leur service actif comme des soldats tombés au combat, à condition qu’un lien clair soit établi entre leur service et leur mort.
Si l’armée n’est pas en mesure de faire avancer directement les lois, elle peut toutefois envoyer des représentants devant les commissions compétentes de la Knesset afin d’y présenter son programme.
la Communauté du Times of Israël !







