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L’État ne prévoirait pas de réduire les fonds alloués aux écoles haredim qui éludent le tronc commun

Malgré la pause parlementaire, la commission des Finances de la Knesset se réunira mardi pour approuver l'octroi de centaines de millions de shekels supplémentaires issus des impôts à l'éducation ultra-orthodoxe

Des enfants ultra-orthodoxes lors du premier jour d'école à Neve Yaakov à Jérusalem, le 9 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90/Archive)
Des enfants ultra-orthodoxes lors du premier jour d'école à Neve Yaakov à Jérusalem, le 9 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90/Archive)

Contrairement à ce qui a été affirmé, le ministère de l’Éducation n’a pas, ces trois dernières années, retiré leur financement aux écoles qui refusent d’enseigner des matières fondamentales telles que les mathématiques et l’anglais. Il s’est contenté de prélever moins d’un demi-pour cent des fonds alloués au réseau éducatif du parti Yahadout HaTorah », a rapporté un reportage diffusé dimanche.

Ces révélations de la Treizième chaîne corroborent un rapport de recherche de 2025 publié par l’Institut israélien de la démocratie (IDI), qui avait constaté que seule une infime partie des écoles primaires pour garçons ultra-orthodoxes qui n’enseignent pas le tronc commun du programme scolaire, comme l’exige la loi, font l’objet de sanctions.

Apparemment indifférente à l’absence de matières fondamentales dans le système scolaire ultra-orthodoxe, la commission des Finances de la Knesset doit se prononcer mardi sur l’octroi d’une enveloppe supplémentaire de 200 millions de shekels aux écoles haredim.

La grande majorité des élèves haredi fréquentent des écoles privées qui bénéficient d’un financement au moins partiel de l’État. À la rentrée 2024-2025, seuls quelque 7 % des élèves haredim étaient inscrits dans des écoles publiques haredi, connues sous leur acronyme hébreu MaMaH.

Ces écoles privées se répartissent en plusieurs catégories.

Les établissements « exemptés », ou écoles privées en hébreu, reçoivent environ 55 % des fonds alloués aux écoles publiques, à condition qu’ils enseignent 55 % du programme scolaire de base.

Des jeunes filles ultra-orthodoxes se rendent à l’école à pied dans le quartier de Mea Shearim, à Jérusalem, le 30 août 2023. (Chaim Goldberg/Flash90)

Une deuxième catégorie, les institutions « reconnues mais non officielles » – connues sous l’acronyme en hébreu Mou’hshar – s’engagent à enseigner 75 % du tronc commun et reçoivent 75 % du financement.

Enfin, les écoles « en réseau » sont affiliées à l’un des deux principaux partis politiques ultra-orthodoxes : le réseau Bnei Yosef est aligné sur le parti séfarade Shas et le réseau ‘Hinou’h Atzmaï est associé au parti ashkénaze Yahadout HaTorah. Ces écoles sont entièrement financées par l’État et doivent enseigner l’intégralité du programme scolaire de base.

Selon une note récemment rendue publique, datée de décembre 2025 et adressée à la Haute Cour par la procureure générale Gali Baharav-Miara, le ministère de l’Éducation a, l’année dernière, mis en garde plusieurs dizaines d’écoles ultra-orthodoxes, les informant qu’elles perdraient leur agrément en raison de leur manquement à l’enseignement des matières fondamentales.

En dépit des problèmes persistants liés au système éducatif haredi, le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a quant à lui jamais cessé d’augmenter ses financements. Le budget de l’État pour 2026 prévoyait notamment une augmentation des dotations destinées aux établissements scolaires haredim de plus d’un milliard de shekels, passant de 4,1 milliards à 5,17 milliards de shekels.

Illustration : De jeunes élèves dans une classe lors de la rentrée scolaire dans un établissement ultra-orthodoxe pour garçons, à Beit Shemesh, le 28 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon la chaîne N12, la requête déposée par Baharav-Miara, en réponse à un recours contre le transfert d’environ 1 milliard de shekels à des écoles ultra-orthodoxes, indiquait que ce sont quelque 31 établissements scolaires affiliés aux partis haredim représentés à la Knesset qui avaient reçu de tels avertissements.

Bien que le versement ait finalement été suspendu par la cour, la majeure partie des fonds avait déjà été transférée. La commission des Finances de la Knesset a par la suite approuvé le versement de près de 100 millions de shekels supplémentaires.

La requête précisait en outre que le ministère de l’Éducation avait proposé à toutes les écoles de trouver une solution au problème et que seules trois d’entre elles avaient refusé de le faire, perdant ainsi leur statut au sein des réseaux affiliés aux partis.

De plus, la requête indiquait que le ministère de l’Éducation considère que les écoles n’enseignant des matières laïques qu’à certains niveaux scolaires sont conformes à ses critères. Le ministère des Finances estime quant à lui que ces écoles ne sont conformes que si les élèves suivent des cours laïques jusqu’à la quatrième.

Le député Hanoch Milwidsky, président de la commission des finances, préside une réunion de la commission à la Knesset, à Jérusalem, le 29 juillet 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon les critères du ministère des Finances, 32 % des établissements haredim n’enseignent pas le tronc commun ; 171 écoles devraient donc être retirées de leurs réseaux.

La commission des Finances de la Knesset doit se réunir à nouveau mardi, malgré les vacances parlementaires en cours, pour voter le transfert de plusieurs centaines de millions de shekels supplémentaires issus du budget de l’État pour 2026 au profit des communautés ultra-orthodoxes et des implantations de Cisjordanie.

Mercredi dernier, les députés de l’opposition ont bloqué le transfert d’une enveloppe budgétaire de 392 millions de shekels, principalement destinée à l’éducation haredi et au ministère des Implantations, empêchant ainsi le vote à l’issue d’une séance marathon de 11 heures de la commission des finances de la Knesset, au-delà du temps alloué aux réunions parlementaires pendant les vacances de la Knesset.

Rossella Tercatin a contribué à cet article.

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