La commission des Finances approuve 100 M de NIS supplémentaires pour les écoles haredim
Yesh Atid accuse "des réfractaires et des corrompus" de financer des écoles sans tronc commun ; un élu ultra-orthodoxe dit que sa communauté dispose "des meilleures écoles"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Au terme d’un débat houleux de sept heures, la commission des Finances de la Knesset a approuvé mardi soir l’allocation de près de 100 millions de shekels aux établissements d’enseignement haredim. Cette somme s’inscrit dans un montant total d’un milliard de shekels dont le transfert avait été suspendu en décembre par la Haute Cour de justice, faute d’avoir été validé par la commission parlementaire ou soumis aux délibérations requises.
Alors que le reste des fonds a depuis été distribué, la Cour a ordonné le mois dernier à la commission de se réunir pour examiner les 98 millions de shekels restants. L’ordonnance de décembre faisait suite à une requête déposée par des députés du parti d’opposition Yesh Atid, qui accusaient le gouvernement de financer des établissements n’enseignant pas les matières du tronc commun, comme l’exige la loi.
Ces fonds sont destinés aux réseaux scolaires des partis Yahadout HaTorah et Shas, connus sous les noms de Chinuch Atzmai et Ma’ayan HaChinuch HaTorani. Des députés des deux camps ont contesté les affirmations du ministère des Finances selon lesquelles ils avaient été informés l’an dernier de l’allocation des fonds avant leur approbation formelle.
Dans une déclaration publiée avant la réunion, le parti Yesh Atid a souligné que le vote intervenait le jour de Yom HaShoah. Le parti a dénoncé le fait que, dans le budget précédent, le gouvernement avait réduit de 3,3 millions de shekels l’aide aux survivants de la Shoah, tandis qu’aujourd’hui la commission des Finances débat du transfert d’environ 100 millions de shekels vers des établissements haredim ».
« Telles sont les priorités des réfractaires au service militaire et des corrompus », a ajouté le parti du chef de l’opposition Yaïr Lapid, en référence à l’opposition persistante des haredim à la conscription de ses jeunes hommes.
Le vote a été boycotté par l’opposition, dont les membres se sont levés et ont refusé de participer, la transmission des documents nécessaires concernant le niveau de l’enseignement laïc dans les écoles haredim, que la Haute Cour avait exigé de présenter aux législateurs, ayant été retardée jusqu’à la fin quasi complète du débat.
Les législateurs ont dénoncé les efforts visant à financer des écoles n’enseignant pas les matières fondamentales obligatoires, soulignant que les données du ministère de l’Éducation indiquaient que seuls 6,9 % des professeurs d’anglais du primaire du réseau associé à Yahadout HaTorah avaient les qualifications requises, et que seuls 13,6 % des professeurs de mathématiques au collège étaient qualifiés.
« Ce soir, la coalition vous a volé 98 millions de shekels supplémentaires. Après sept heures de discussion au sein de la commission des Finances, et une heure avant le vote, nous avons reçu environ 700 pages de données du ministère de l’Éducation sur l’étendue des matières fondamentales dans l’enseignement privé haredi », a tweeté Vladimir Beliak (Yesh Atid), dénonçant le refus du président de la commission, Hanoch Milwidsky (Likud), de reporter le vote pour laisser aux élus le temps d’examiner ces documents.
Le député Moshe Tur-Paz (Yesh Atid), présent à la réunion sans être membre de la commission, a également dénoncé un vote « illégitime » dans un communiqué publié par le Times of Israel.
Les écoles de filles haredim proposent généralement davantage de matières du tronc commun que les écoles de garçons, qui offrent très peu d’enseignement laïc. Selon un reportage de la Treizième chaîne diffusé en début d’année, les écoles haredim disposent de très peu d’enseignants qualifiés pour enseigner des matières comme l’anglais, et ne sortent souvent les manuels scolaires que lors des inspections du ministère de l’Éducation. Le gouvernement, lui, ferme les yeux.
Malgré cela, le budget de l’État pour 2026, adopté le mois dernier, prévoyait des augmentations massives du financement de l’éducation haredi. Lors du vote nocturne sur le budget, la coalition a en outre introduit une réserve surprise à l’ordre du jour afin d’allouer environ 800 millions de shekels à des programmes et institutions ultra-orthodoxes, dont les yeshivot.
Au total, selon un calcul de la Treizième chaîne, cette mesure a porté les allocations aux établissements d’enseignement haredim à plus de 5,17 milliards de shekels, contre 4,1 milliard auparavant.
La procureure générale Gali Baharav-Miara a bloqué ce transfert, estimant qu’il violait probablement les décisions de la Haute Cour de justice interdisant l’octroi de certaines prestations sociales aux hommes haredim refusant d’effectuer leur service militaire.
S’adressant à la commission après le vote de mardi, le député Yitzhak Pindrus (Yahadout HaTorah) a affirmé qu’il n’existait « pas de professeurs » sans diplôme dans les écoles haredim, et que « le niveau d’anglais et de mathématiques dans les écoles de filles Beit Yaakov » était « le plus élevé du pays ».
Dans un message WhatsApp adressé au Times of Israel, Uri Regev, président-directeur général de Hiddush-Freedom of Religion for Israel, a indiqué que son organisation avait tenté « de convaincre la cour d’examiner le fond du transfert de fonds : à savoir que les conditions préalables requises ne sont pas remplies, en premier lieu, le respect intégral du programme scolaire de base. Cependant, les juges n’ont pas souhaité aborder cette question, du moins pas à ce stade. Ils ont considéré que la procédure portait principalement sur la légalité formelle du transfert ».
L’organisation de Regev figurait parmi les parties ayant saisi la Haute Cour pour contester le transfert des fonds.
« Ce qui s’est passé en commission, ainsi que la présentation tardive des données du ministère de l’Éducation, couvrant des centaines de pages, sans que le président de la commission ne juge nécessaire de reporter l’audience afin de permettre l’examen de ces éléments, constituera la base de la poursuite de la contestation judiciaire de la légalité du transfert », a-t-il déclaré.
Plus tôt dans la journée, la commission des Affaires économiques avait entamé ses délibérations en vue d’élaborer un projet de loi d’aide économique en temps de guerre, destiné aux entreprises affectées par le conflit.
Au cours des discussions, les législateurs ont appelé à inscrire dans la loi des mécanismes d’indemnisation visant à garantir une sécurité économique dans des situations similaires à l’avenir.
la Communauté du Times of Israël !







