La Haute Cour gèle le transfert d’environ un milliard de shekels à des écoles ultra-orthodoxes
Le parti séfarade du Shas accuse la Cour de « voler le pain quotidien des jeunes enfants » et « appelle les Juifs du monde entier à s'insurger contre ce harcèlement antisémite »
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La Haute Cour de Justice a émis mercredi soir une ordonnance suspendant temporairement le transfert d’environ un milliard de shekels à des écoles ultra-orthodoxes accusées de ne pas dispenser aux élèves les matières fondamentales du programme scolaire, comme l’exige la loi.
Cette injonction provisoire fait suite à un recours déposé par des parlementaires du parti d’opposition Yesh Atid contre ce transfert.
Ce transfert avait été approuvé la semaine dernière par la commission des Finances de la Knesset, contrôlée par la coalition.
L’ordonnance stipule qu’un panel de juges examinera la requête d’ici le 8 janvier 2026. La commission des Finances, le ministère de l’Éducation et le ministère des Finances auront jusqu’à cette date pour justifier le transfert de fonds aux écoles Haredi concernées.
Les partis ultra-orthodoxes ont aussitôt accusé la Haute Cour de « harcèlement antisémite », de « prise d’otage de la communauté Haredi » et de « déclaration de guerre » lancée à l’encontre de l’ensemble de la communauté.
Le parti Haredi Shas compare les juges à « une bande dangereuse d’incendiaires qui, dans leur lutte désespérée pour sauver leur pouvoir déclinant, ont choisi de prendre en otage la communauté ultra-orthodoxe ».
Le parti séfarade accuse la Cour de « voler le pain quotidien des jeunes enfants » et « appelle les Juifs du monde entier à s’insurger contre ce harcèlement antisémite ».
Dans un communiqué distinct, le Shas indique que son président, Aryeh Deri, s’est entretenu d’urgence par téléphone avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour lui faire part de son indignation face à l’injonction du tribunal.
Deri a déclaré à Netanyahu qu’il attendait de toute la coalition qu’elle se rallie en faveur des écoles Haredi privées de financement, selon un communiqué du Shas, ajoutant que le Premier ministre avait soutenu la position de Deri.
Yesh Atid s’est lui félicité de cette décision, déclarant dans un communiqué qu’elle devrait « aggraver la crise au sein de la coalition », alors que se poursuivent les efforts pour adopter le budget de l’État pour 2026 et un projet de loi régissant l’enrôlement des étudiants des yeshivot au sein de l’armée.
« Les ultra-orthodoxes ne sont pas non plus exemptés des lois de l’État », affirme Yair Lapid, chef de Yesh Atid. Quiconque souhaite recevoir des fonds publics devra enseigner le programme de tronc commun et se soumettre à un contrôle approprié. Il est inacceptable de prendre l’argent des réservistes et des contribuables pour prêcher contre l’enrôlement et priver les jeunes ultra-orthodoxes de la possibilité d’acquérir les compétences nécessaires au marché du travail. »
Le député Moshe Gafni, président de la faction Degel Hatorah qui compose notamment le parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, a insisté sur le fait que les fonds ont été « transférés légalement, conformément à la procédure établie et aux autorisations requises ».
« Le tribunal a déclaré la guerre à la communauté ultra-orthodoxe », a-t-il fait valoir, qualifiant les juges et les requérants de « malfaisants » et « déterminés à nuire aux moyens de subsistance du personnel enseignant et à l’ensemble du système ».
Le député et chef de Yahadout HaTorah, le rabbin Yitzhak Goldknopf, a de nouveau comparé les étudiants des yeshivot à des otages, affirmant que son parti « n’acceptera pas que des centaines de milliers d’étudiants [des yeshivas] soient pris en otage par des recours sans fondement à des fins de propagande ».
« Nous continuerons à lutter avec tous les moyens à notre disposition pour garantir l’égalité à chaque enfant en Israël », déclare-t-il.
la Communauté du Times of Israël !







