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« Liberté, liberté ! » : Des foules en liesse à travers l’Iran célèbrent la mort de Khamenei

Des vidéos de Téhéran, Ispahan, Shiraz et Abdanan montrent des acclamations, des fêtes improvisées, des feux d'artifice ; un homme crie « bonjour nouveau monde » alors que la statue du fondateur de la république est renversée à Galleh Dar

Les Iraniens descendant dans les rues pour célébrer la nouvelle du décès du guide suprême iranien Ali Khamenei à Karaj, le 28 février 2026. (Crédit : Réseaux sociaux ; utilisés conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Les Iraniens descendant dans les rues pour célébrer la nouvelle du décès du guide suprême iranien Ali Khamenei à Karaj, le 28 février 2026. (Crédit : Réseaux sociaux ; utilisés conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

De nombreuses foules d’Iraniens sont descendues dans les rues, acclamant avec joie et jouant de la musique festive, samedi soir et tôt dimanche matin, alors que se répandaient les informations selon lesquelles le guide suprême Ali Khamenei avait été enfin éliminé.

Internet et les services téléphoniques étant presque entièrement hors service en Iran, il est difficile de vérifier ces informations et d’évaluer l’ampleur de la liesse.

Les célébrations ont commencé à Téhéran peu après 23 heures, avant même que la télévision d’État iranienne ne confirme la mort de Khamenei, qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant 36 ans.

Le New York Times, citant des appels vidéo avec trois habitants de Téhéran, a déclaré que « la musique persane entraînante remplissait les rues ».

De nombreux habitants, depuis leurs fenêtres et leurs balcons, se sont joints au chant « Liberté, liberté ».

Le journal a également publié des vidéos, dont certains visages ont été floutés, montrant des hommes et des femmes applaudissant et klaxonnant au milieu de la rue après avoir appris la nouvelle, dans une ville kurde, Abdanan, où de nombreux manifestants ont été tués en janvier.

Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent également des feux d’artifice.

D’autres vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent également la joie et la défiance dans d’autres villes d’Iran : des gens applaudissent le renversement d’une statue à Dehloran, dans la province d’Ilam, dansent dans les rues de Karaj, près de Téhéran, dans la province d’Alborz, et font la fête dans les rues d’Izeh, dans la province du Khuzestan.

Dans la ville de Galleh Dar, dans le sud de l’Iran, les gens ont renversé un monument commémorant l’ayatollah Ruhollah Khomeini, fondateur de la République islamique en 1979, comme le montre une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

« Est-ce que je rêve ? Bonjour au nouveau monde ! » s’écrie un homme dans la vidéo, tandis que des feux brûlent sur un rond-point où le monument a été renversé, suscitant des acclamations et des applaudissements.

Une autre vidéo montre des gens faisant la fête devant la maison de Pooya Jafari, un adolescent de 15 ans abattu lors de manifestations anti-régime en janvier, dans la ville de Lapuee, dans le sud de l’Iran.

Des milliers d’Iraniens ont été tués lors de la répression brutale des manifestations anti-régime de janvier.

L’agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) a recensé plus de 7 000 morts, tout en avertissant que le bilan total était probablement beaucoup plus élevé.

Ces meurtres ont suscité des menaces de la part du président américain Donald Trump, qui a déclaré qu’il pourrait ordonner une action militaire contre le régime afin de protéger les manifestants.

Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont tous deux appelé les manifestants à descendre dans la rue à l’issue de l’opération militaire américano-israélienne, afin de mener à bien le renversement du régime.

À Shiraz, les gens « abandonnaient leurs voitures pour une fête improvisée », selon le New York Times, « sifflant, applaudissant et criant de joie ».

Une vidéo tournée à Ispahan montrait une foule en liesse, composée principalement de jeunes hommes et femmes, qui applaudissaient et klaxonnaient.

Une femme de 33 ans originaire d’Ispahan a déclaré avoir fondu en larmes, à la fois de joie et d’incrédulité, lorsqu’elle a appris la mort de Khamenei.

S’adressant à Reuters depuis l’Iran, elle a déclaré avoir rejoint d’autres personnes qui dansaient dans la rue pour « partager mon bonheur avec mon peuple », exprimant l’espoir que sa mort signifierait la fin de la République islamique.

Elle a refusé d’être nommée par crainte de représailles.

Atousa Mirzade, enseignante dans une école primaire de Shiraz, a déclaré qu’elle ne pouvait pas se réjouir de la mort du dirigeant du pays, tué par une puissance étrangère.

« Je ne peux pas non plus me réjouir car je ne sais pas ce qu’il adviendra de notre pays. Nous avons vu ce qui s’est passé en Irak : le chaos et le sang versé. Je préfère la République islamique à cette situation. »

Dans le même temps, des milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de Téhéran pour pleurer la mort de Khamenei, ont rapporté des journalistes.

Vêtues pour la plupart de noir, certaines en larmes, les personnes en deuil ont scandé « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël » sur la place Enghelab (Révolution), beaucoup agitant des drapeaux iraniens et brandissant des photos de Khamenei.

La télévision d’État iranienne a annoncé une période de deuil de 40 jours et sept jours fériés.

Hossein Dadbakhsh, un étudiant universitaire de 21 ans à Mashhad, a déclaré que l’Iran vengerait son leader.

« Je suis prêt à sacrifier ma vie pour l’islam et pour mon imam Khamenei. Le régime sioniste et Trump paieront un lourd tribut pour le martyre de mon leader », a-t-il déclaré au téléphone, la voix tremblante d’émotion.

À Istanbul, plusieurs centaines de manifestants, certains en pleurs, se sont rassemblés dimanche près du consulat israélien pour dénoncer les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran ainsi que la mort de Khamenei, a constaté l’AFP.

Les participants, qui brandissaient des drapeaux iraniens et palestiniens ainsi que de grands portraits du guide suprême iranien tué à Téhéran, n’ont cependant pas cherché à s’approcher du bâtiment.

Scandant « À bas Israël ! À bas l’Amérique ! », ils se sont arrêtés à environ 500 m du consulat. Selon le journaliste de l’AFP présent sur place, des femmes tenant la photo du mollah en main étaient en larmes.

Des personnes pleurant la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors d’une frappe conjointe des États-Unis et d’Israël, à Téhéran, le 1ᵉʳ mars 2026. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Simultanément, les opposants au pouvoir iranien et les partisans du fils du shah déchu, Reza Pahlavi, se sont réunis dans un centre commercial, à l’autre bout de la mégapole, « pour célébrer » l’intervention américaine et israélienne ainsi que la mort du guide de 86 ans.

« Nous n’avons pas d’autorisation, mais il ne s’agit pas d’une manifestation, nous voulons simplement nous réjouir », a expliqué à l’AFP l’une des organisatrices, Sepideh, Iranienne réfugiée en Turquie, sous couvert d’anonymat.

En janvier, les autorités avaient interdit toute manifestation de soutien aux contestations réprimées dans le sang en Iran.

Ankara, qui partage plus de 550 km de frontière avec l’Iran, veille à maintenir un canal d’échanges ouvert avec Téhéran.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, s’est de nouveau entretenu par téléphone dimanche avec son homologue iranien, Abbas Araghchi.

Les deux hommes s’étaient déjà entretenus samedi, avant la confirmation de la mort de Khamenei.

Fidan a ensuite appelé « toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités », avertissant que ces événements « mettent en péril l’avenir de [la] région et la stabilité mondiale ».

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