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L’inscription du CGRI sur la liste terroriste de l’UE facilite les poursuites contre ses membres

Selon un responsable israélien, la coopération policière européenne serait renforcée, l’appartenance au CGRI étant suffisante désormais pour engager des poursuites et geler des avoirs

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Un Iranien brandissant une banderole arborant l’emblème des Gardiens de la révolution tandis que les autres scandent des slogans lors de la cérémonie de prière du vendredi sur le campus de l’université de Téhéran, en Iran, le 13 juin 2025. (Crédit : Vahid Salemi/AP)
Un Iranien brandissant une banderole arborant l’emblème des Gardiens de la révolution tandis que les autres scandent des slogans lors de la cérémonie de prière du vendredi sur le campus de l’université de Téhéran, en Iran, le 13 juin 2025. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

La désignation par l’Union européenne (UE) du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste « donne à l’UE des outils pratiques et opérationnels pour agir avec plus de force », a déclaré jeudi un responsable israélien.

Le CGRI et les personnes qui y sont affiliées font déjà l’objet de sanctions sévères de la part de l’UE, notamment en lien avec les violations des droits humains, les armes de destruction massive et l’utilisation de drones.

« Il y a tout d’abord une dimension de soutien aux manifestants descendus dans la rue », a souligné le responsable lors d’un briefing avec des journalistes israéliens.

Au-delà de ce soutien symbolique, cette désignation facilitera la constitution de dossiers juridiques permettant d’engager des poursuites contre les membres du CGRI.

Pour intenter une action en justice, l’État doit présenter devant un tribunal un dossier fondé sur des preuves, dans lequel il est souvent difficile d’utiliser des renseignements classifiés. Avec cette désignation, la charge ne consistera plus à prouver qu’un individu est impliqué dans un complot terroriste précis, mais simplement qu’il appartient au CGRI ou agit pour son compte. Il en va de même pour le gel des avoirs.

« La coopération entre les forces de l’ordre européennes, par le partage de renseignements et la coordination via Europol, en sera facilitée », a poursuivi le responsable. « Il sera également plus aisé pour l’UE, qui coordonne les relations entre les forces de police, d’en faire une mission officielle et clairement définie, avec des objectifs et des cibles identifiés. »

Selon lui, le recours par le CGRI à des réseaux criminels européens pour mener des attentats terroristes deviendra nettement plus difficile une fois que ces groupes « comprendront que l’attention de l’ensemble des forces de l’ordre européennes est désormais braquée sur eux ».

Les entreprises privées devraient par ailleurs prendre des précautions supplémentaires afin de se distancier de toute activité liée au CGRI, dans le but de se protéger juridiquement et financièrement.

L’Allemagne aurait mené les efforts au sein de l’UE pour convaincre l’Italie, la France, l’Espagne et le Portugal de soutenir cette initiative, a indiqué le responsable, ajoutant que de nombreux autres États européens s’y sont également ralliés.

« Nous avons adapté nos messages », a-t-il expliqué à propos des efforts menés depuis des années par Israël pour obtenir l’accord des 27 États membres de l’UE. « Le dossier du CGRI nous a permis d’aborder un large éventail d’activités terroristes dans de nombreux domaines : des attentats sur le sol européen aux transferts d’armes vers le front ukrainien, en passant par les activités de groupes mandataires et les violations des droits humains. Nous avons adapté notre discours à ce qui résonnait le plus dans chaque pays, et nous constatons aujourd’hui des changements concrets. »

« Cela ne signifie pas que tout ce qui s’est produit est le résultat de l’action d’Israël », a poursuivi le responsable. « Cela signifie qu’il existait une volonté politique, et que nous avons su y répondre avec les messages appropriés. C’est ce que nous avons essayé de faire. »

Un appel téléphonique, le 14 janvier, entre le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar et son homologue français Jean-Noël Barrot aurait constitué un élément clé pour convaincre Paris de revoir sa position, selon le responsable.

Un séminaire consacré au CGRI, organisé la semaine dernière par les États-Unis à Budapest, et auquel ont participé de nombreux pays, aurait également contribué à ce changement de dynamique.

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