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L’Iran appelle les États-Unis « Satan » après une frappe sur un mariage

Téhéran revendique des frappes contre des sites américains dans le Golfe ; Ryad impute à la République islamique la mort de 2 membres d’équipage d’un pétrolier d’État traversant Ormuz

Un homme passant devant une banderole représentant le portrait du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, dans le centre-ville de Téhéran, en Iran, le 31 août 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)
Un homme passant devant une banderole représentant le portrait du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, dans le centre-ville de Téhéran, en Iran, le 31 août 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Dans la nuit de mardi à mercredi, les médias d’État iraniens ont fait état de plusieurs frappes américaines près du détroit d’Ormuz, citant le chef des forces de l’ordre de la province du Khuzestan, dans le sud-ouest du pays. Ce dernier a déclaré que des missiles américains avaient tué sept personnes et en avaient blessé huit dans trois lieux distincts de la région.

Cette déclaration a fait suite à l’annonce, mardi soir, du Croissant-Rouge iranien selon laquelle une attaque américaine contre une maison où se déroulait un mariage dans le comté de Sirik, dans le sud du pays, avait blessé plus de 50 personnes et tué au moins quatre d’entre elles, dont un jeune enfant.

Ces incidents n’ont pas pu être vérifiés de source indépendante. L’agence de presse iranienne West Asia News Agency a diffusé des images présumées du lieu du mariage visé, montrant des décombres éparpillés dans les pièces et dans la cour d’une maison. Une paire de sandales à lanières pour femme gisait, abandonnée, sur un tapis imprégné de sang.

« Je suis simplement soulagé que le bilan n’ait pas été encore plus lourd », a déclaré Ali Molahi, présenté comme le père de la mariée.

Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a nié avoir pris des civils pour cible, affirmant mercredi à Reuters que l’armée américaine « ne cible jamais les civils, contrairement aux Gardiens de la Révolution ».

À la suite de l’attaque présumée contre le mariage, le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié les États-Unis de « Satan » et a semblé faire référence à Israël en le désignant comme le « petit Satan ».

Dans un message publié sur le réseau social X, Ghalibaf a cité d’autres incidents ayant fait de nombreuses victimes et causés par des frappes américano-israéliennes.

« École de Minab : des enfants massacrés. Salle de sport de Lamerd : des enfants massacrés. Mariage à Kuhestak : des enfants tués avec leurs familles. Si une puissance agit comme Satan, choisit ses cibles comme Satan et tue comme Satan, c’est Satan. Si elle protège un petit Satan qui fait de même ? C’est LE Grand Satan », a déclaré Ghalibaf.

Le commandement militaire iranien a poursuivi: « La malveillance américaine dans la région se heurtera à des ripostes plus lourdes, plus étendues et dévastatrices, et tout pays qui coopère avec l’armée américaine agressive devra en accepter les dangereuses conséquences. »

Dans un avertissement similaire, le chef de la sécurité iranienne a déclaré que les États-Unis allaient désormais être confrontés à une « nouvelle stratégie de Téhéran ».

Montage photos (de gauche à droite) : Le président américain Donald Trump arrivant au sommet du G7, à Évian-les-Bains, en France, le 15 juin 2026 ; le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, à Islamabad, au Pakistan, le 11 avril 2026. (Crédits : Vadim Ghirda/AP ; Bureau du Premier ministre pakistanais via AP)

« Vous verrez bientôt que la nouvelle stratégie de l’Iran sur le champ de bataille, sur le plan diplomatique et face au blocus économique ébranlera vos fondements », a averti Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil de sécurité nationale iranien, sur X.

Au Koweït, l’Iran a revendiqué une attaque par roquettes et drones contre la vaste base aérienne américaine d’Ali Al Salem, visant le logement d’un commandant américain. Les pompiers koweïtiens ont indiqué que leurs équipes avaient éteint un incendie dans un complexe résidentiel tôt mercredi matin, après qu’un drone iranien a frappé le complexe, causant des dégâts. Il n’y a eu aucune victime.

À Bahreïn, où l’armée iranienne a affirmé avoir pris pour cible des sites radar de la base aérienne américaine de Cheikh Isa, les autorités ont déclaré avoir intercepté et détruit des drones iraniens.

Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, a déclaré que ses forces terrestres avaient également mené des attaques combinées de missiles et de drones contre des bases américaines à Erbil, dans le nord de l’Irak. Le CGRI a affirmé avoir tué plusieurs membres du personnel américain à Erbil. Ni l’Irak ni les États-Unis n’ont confirmé cette attaque.

L’Iran a également déclaré que deux pétroliers avaient été frappés par des mines alors que du personnel américain pilotait les navires dans un chenal du détroit d’Ormuz que l’Iran affirme avoir fermé.

Mercredi, la compagnie maritime nationale saoudienne a rapporté que deux membres d’équipage philippins avaient été tués à bord d’un pétrolier dans le détroit deux jours plus tôt.

Le ministère des Affaires étrangères du royaume a par la suite désigné l’Iran comme responsable et a également condamné les attaques de la République islamique contre les autres pays arabes.

Au milieu des combats qui ont éclaté mercredi matin, le Département d’État américain a réitéré une alerte de sécurité à l’intention des citoyens américains au Moyen-Orient, les exhortant à faire preuve de prudence en raison du « risque d’une escalade imprévue ».

Un manifestant drapé d’un drapeau de la République islamique d’Iran agitant le drapeau du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, devant un panneau publicitaire représentant des avions américains pris dans les filets de pêche des forces iraniennes, accompagné de la légende en persan : « Le détroit d’Ormuz restera fermé ; tout le golfe Persique est notre terrain de chasse », lors d’un rassemblement pro-gouvernemental sur la place de la Révolution islamique à Téhéran, en Iran, le 4 mai 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

La même alerte avait été émise en juillet et en août par les ambassades américaines au Moyen-Orient, notamment en Israël.

« Les Américains se trouvant actuellement au Moyen-Orient doivent redoubler de vigilance et se tenir informés des annulations de vols, des fermetures d’espace aérien et des perturbations de trafic potentielles », indique l’alerte.

« Les Américains voyageant à destination ou en provenance de la région doivent suivre de près les informations relatives au fonctionnement des aéroports et des compagnies aériennes. »

« Des installations diplomatiques américaines, y compris en dehors du Moyen-Orient, ont été prises pour cible. L’Iran et les proxys qui le soutiennent pourraient s’en prendre à d’autres intérêts américains à l’étranger ou à des lieux associés aux États-Unis et aux Américains à travers le monde, notamment à des entreprises américaines et à d’autres institutions », poursuit l’alerte.

Les marchés reculent malgré la hausse des flux pétroliers via Ormuz vantée par Washington

Ces échanges de tirs nocturnes ont été les plus violents depuis juillet, lorsque Trump avait brusquement mis fin à deux semaines de bombardements intenses contre l’Iran, après avoir été averti par ses hauts responsables militaires qu’ils épuisaient leurs munitions et commençaient à manquer de cibles valables.

Mercredi, les marchés boursiers mondiaux ont chuté, les nouvelles frappes aériennes américaines contre l’Iran ayant propulsé les cours du pétrole à leur plus haut niveau depuis cinq semaines, attisant les craintes inflationnistes et prolongeant la vague de ventes d’obligations à l’échelle mondiale.

L’indice paneuropéen STOXX 600 a reculé de 0,3 %, après des baisses plus marquées en Asie, où le KOSPI sud-coréen a chuté de près de 4 %, tandis que le Nikkei 225 perdait 2,9 %.

Parallèlement, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a déclaré que 17 millions de barils de pétrole avaient transité par le détroit d’Ormuz lundi. Il a affirmé qu’il s’agissait du plus grand volume de brut à avoir traversé le détroit depuis que l’Iran l’a bloqué, coupant ainsi environ un cinquième des transports commerciaux mondiaux de pétrole.

Cependant, les données préliminaires sur le trafic maritime indiquaient que seuls quatre navires de transport de matières premières avaient transité par le détroit mardi, contre dix la veille et une moyenne de 13 sur dix jours.

Les quatre navires qui ont franchi le détroit comprenaient un très grand pétrolier, un pétrolier de type Panamax, un pétrolier de type Kamsarmax et un pétrolier de taille intermédiaire, selon les premières données fournies par le service de suivi maritime Kpler. Ces chiffres pourraient toutefois évoluer, car certains navires désactivent généralement leurs transpondeurs pendant la traversée.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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