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L’Iran a mis en garde les États-Unis contre une attaque israélienne au sud du Liban

Plus d’une dizaine de membres du CGRI se seraient retranchés sur la crête d’Ali Taher, où le Hezbollah dispose d’un centre de commandement souterrain stratégique

De la fumée s'élevant du site des frappes israéliennes qui ont visé les sommets de la chaîne montagneuse stratégique d'Ali Taher, sur une photo prise depuis la région de Nabatieh, au sud du Liban, le 14 août 2026. (Crédit : AFP)
De la fumée s'élevant du site des frappes israéliennes qui ont visé les sommets de la chaîne montagneuse stratégique d'Ali Taher, sur une photo prise depuis la région de Nabatieh, au sud du Liban, le 14 août 2026. (Crédit : AFP)

L’Iran a averti les États-Unis qu’il réagirait avec force à toute offensive israélienne contre une crête montagneuse du sud du Liban où des militaires iraniens se sont retranchés aux côtés de forces du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, ont déclaré à Reuters trois responsables informés de ce message.

Transmis le mois dernier, ce message met en évidence l’implication directe et continue de l’Iran dans les combats terrestres au sud du Liban, ainsi que sa volonté de riposter aux attaques israéliennes dans cette région, alors que la guerre régionale entre dans son septième mois.

Le Hezbollah, proxy de la République islamique d’Iran, aurait construit un centre de commandement souterrain et des dépôts d’armes sur la crête d’Ali Taher, qui offre une vue imprenable sur le sud-est du Liban. Selon des sources de sécurité libanaises, ce site est devenu l’un des terrains les plus disputés de la guerre entre Israël et le Hezbollah.

Selon l’armée israélienne, le Hezbollah dispose d’une installation souterraine « stratégique » sous cette colline, et ce site souterrain serait le « centre névralgique » de la division régionale Badr du groupe terroriste chiite libanais.

Le Hezbollah a déclaré publiquement qu’il contrôlait la colline et qu’il s’opposerait à toute avancée israélienne. Ses responsables ont évoqué la présence d’une « installation » à cet endroit, mais ont refusé de fournir des détails.

L’armée israélienne s’est emparée de vastes portions de territoire au sud d’Ali Taher et a désigné cette crête comme l’un de ses « principaux axes opérationnels » dans des déclarations publiques.

Vue de la crête d’Ali Taher depuis le château de Beaufort, dans le sud du Liban, le 7 juillet 2026. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Dans son message adressé à Washington, Téhéran a menacé de riposter par une attaque iranienne de grande envergure à toute offensive israélienne de grande ampleur sur la crête, ont déclaré à Reuters trois responsables de la région sous couvert d’anonymat.

Le Hezbollah a refusé de se prononcer sur la présence éventuelle de forces iraniennes à Ali Taher. En réponse aux questions de Reuters concernant ce message, ou visant à savoir si les États-Unis avaient exercé des pressions sur Israël pour qu’il n’attaque pas Ali Taher, un responsable de la Maison Blanche a déclaré : « Ce n’est pas exact. »

Les forces du CGRI se sont retranchées, selon des responsables

Deux de ces responsables ont indiqué que le message avait été transmis via Oman, qui a joué un rôle de médiateur. Ces deux responsables régionaux, informés par Téhéran, ont déclaré que plus d’une dizaine de membres du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, dont au moins deux officiers supérieurs, se trouvaient aux côtés des terroristes du Hezbollah.

Une troisième source, un responsable étranger ayant une connaissance directe du message, a indiqué que celui-ci avait été transmis vers la mi-août et que, sous la pression des États-Unis, Israël avait reporté l’assaut contre Ali Taher.

Aucun commentaire n’a été formulé dans l’immédiat par la mission permanente de l’Iran à Genève, par le ministère américain de la Défense ou par le ministère des Affaires étrangères d’Oman. Tsahal n’a pas souhaité s’exprimer.

Contacté par Reuters, le service de presse du Hezbollah n’a ni confirmé ni infirmé le message iranien, mais a déclaré qu’il était « naturel » de conclure qu’un tel avertissement ait été envoyé au sujet de la crête.

« L’Iran considère toute action israélienne sur le terrain dans le sud du Liban, en particulier toute expansion territoriale, comme une violation majeure de l’accord d’Islamabad », a déclaré le service de presse du groupe terroriste, faisant référence au protocole d’accord conclu en juin entre les États-Unis et l’Iran, qui prévoyait un cessez-le-feu au Liban.

Une partie d’un missile balistique iranien, dans le désert près de Jéricho, en Cisjordanie, après avoir été tiré depuis l’Iran vers Israël, le 8 juin 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Début juin, l’Iran a tiré des missiles sur Israël en représailles aux attaques menées contre le Hezbollah dans la périphérie de la capitale libanaise, après avoir préalablement averti qu’il réagirait ainsi.

Israël cherche à encercler les terroristes du Hezbollah

Malgré un cessez-le-feu annoncé en juin, l’armée israélienne a déclaré que le Hezbollah opérait toujours aux abords de la crête et qu’il avait lancé, à deux reprises au cours de la semaine dernière, des drones chargés d’explosifs sur les troupes israéliennes stationnées à proximité.

En juillet, elle avait fait savoir qu’elle avait mené une frappe aérienne contre un terroriste du Hezbollah près d’un puits d’accès au site souterrain d’Ali Taher, et elle avait réitéré son engagement à ne pas laisser le groupe terroriste opérer dans la région ni constituer une menace pour les soldats israéliens.

En juin, un responsable militaire israélien, s’exprimant sous couvert d’anonymat, avait indiqué à Reuters que les terroristes du Hezbollah étaient bloqués sous terre, sans nourriture ni eau. Jeudi, le journal israélien Maariv, citant une source militaire, a rapporté que, selon Tsahal, il n’y aurait plus de forces du CGRI à Ali Taher et que certains terroristes du Hezbollah seraient morts de faim et de soif.

Ce troisième responsable avait expliqué que l’armée israélienne tentait de débusquer les terroristes du Hezbollah et du CGRI en les assiégeant, et en abattant les drones chargés de nourriture et d’eau qui tentaient d’approvisionner la crête.

« Ce que nous avons observé au cours du dernier mois, c’est une pression israélienne visant à assiéger Ali al-Taher afin d’imposer, au sein de cette installation, une réalité qui la rendrait inhabitable. Cette approche, conjuguée à l’absence d’attaque à grande échelle, laisse penser qu’un message a pu être transmis par l’intermédiaire de plusieurs pays – c’est une conclusion qui s’impose naturellement », a déclaré le service de presse du Hezbollah à Reuters.

Le Hezbollah menace de riposter

Une source libanaise informée par le Hezbollah a déclaré que les terroristes pouvaient toujours accéder à leurs positions par le versant nord de la crête.

Reuters n’a pas pu confirmer de manière indépendante la situation militaire à Ali Taher, que Tsahal a intégrée à une zone de sécurité autoproclamée contrôlée par ses troupes et interdite aux Libanais.

Malgré l’avertissement de l’Iran, la source libanaise et un haut responsable libanais de la sécurité ont déclaré qu’une opération militaire israélienne visant à s’emparer de la crête restait possible dans les semaines à venir.

Le Hezbollah a déclaré que toute attaque de grande envergure contre Ali Taher signifierait un retour à une guerre totale et pourrait entraîner des tirs de missiles sur les localités du nord d’Israël.

Des diplomates participant à des pourparlers directs entre Israël et le Liban organisés au Département d’État américain, à Washington, le 23 juin 2026. (Crédit : Ambassade d’Israël)

Samedi, le média Nidaa Al-Watan a rapporté que le Hezbollah avait jusqu’à présent rejeté les propositions du gouvernement libanais visant à retirer ses forces de la crête d’Ali Taher, objet d’un litige, et à remettre le contrôle de la crête à l’armée libanaise, conformément à un accord conclu avec Israël.

Selon ces sources, ce bras de fer a bloqué les efforts visant à programmer, à Rome, ville qui a accueilli plusieurs cycles de pourparlers ces derniers mois, un nouveau cycle de négociations entre Jérusalem et Beyrouth, des discussions soutenues par les États-Unis. L’article a laissé entendre que le soutien international à l’armée libanaise pourrait être compromis si le Hezbollah continue de contrôler la crête d’Ali Taher lors de la prochaine réunion des négociateurs.

Le 2 mars, le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit plus large du Moyen-Orient en tirant des roquettes sur Israël pour soutenir son commanditaire, l’Iran, alors visé par une campagne aérienne américano-israélienne. Israël a riposté aux attaques du groupe terroriste par une campagne aérienne massive et une incursion terrestre.

Malgré le cessez-le-feu déclaré au Liban en avril, les combats ont continué, mais à une échelle moindre. L’armée israélienne continue d’opérer à l’intérieur d’une « zone de sécurité » autoproclamée qui s’étend sur une dizaine de kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, le long de la frontière.

Ces derniers jours, Israël a intensifié ses attaques contre le Hezbollah dans le sud du Liban, en particulier dans la région de Nabatieh où se trouve la crête d’Ali Taher, tandis que le groupe terroriste prenait pour cible les troupes opérant dans la zone.

En juin, Israël et le Liban ont signé un accord-cadre engageant le Liban à rétablir sa souveraineté sur son territoire par le biais d’un « désarmement vérifié des groupes armés non étatiques », ce qui permettrait, en retour, un retrait progressif d’Israël. L’État libanais, Israël et les États-Unis ont signé cet accord, mais le Hezbollah et ses alliés s’y opposent.

Jusqu’à présent, Israël a retiré ses troupes de trois zones pilotes où l’armée libanaise a pris position, mais a déclaré qu’il ne procéderait à aucun autre retrait tant que le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah n’aurait pas été désarmé.

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