L’Iran refuse toujours l’accès des inspecteurs de l’AIEA à ses sites nucléaires clés
Le président américain a affirmé que Téhéran avait "pleinement et totalement accepté" des inspections de ses installations atomiques "du plus haut niveau"
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L’Iran a refusé mardi l’accès d’inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à ses sites clés bombardés, alors que Donald Trump a assuré que Téhéran acceptait des inspections nucléaires « du plus haut niveau », nouveau point d’achoppement possible dans le règlement du conflit au Moyen-Orient malgré de premiers pourparlers.
Après la conclusion de négociations en Suisse, qui ont commencé à traduire concrètement un protocole d’accord signé la semaine dernière entre l’Iran et les États-Unis après plus de trois mois de guerre, l’heure est aux consultations diplomatiques.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio est attendu de mardi à jeudi aux Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, alliés des États-Unis qui se trouvent en première ligne.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a de son côté entamé une visite d’État à Islamabad mardi, accompagné du chef de la diplomatie, tandis que l’équipe de négociateurs iraniens, emmenée par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, s’est rendue à Oman pour parler notamment de la gestion du stratégique détroit d’Ormuz.
Les pourparlers en Suisse, dont la première phase s’est achevée, ont permis de poser des « bases très solides pour aboutir à un accord final réussi », a estimé lundi le vice-président JD Vance, à la tête de l’équipe américaine.
L’Iran veut « administrer » Ormuz
Ces discussions, où le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiation, doivent aboutir à un document final dans un délai de 60 jours, renouvelable. Mais des divergences évidentes persistent comme Ormuz et le programme nucléaire iranien…
L’Iran a dit mardi ne pas avoir l’intention de permettre à l’AIEA d’inspecter ses sites nucléaires clés, bombardés par Israël et les États-Unis, une position apparemment contredite par le président américain qui a affirmé que Téhéran avait « pleinement et totalement accepté » des inspections de ses installations atomiques « du plus haut niveau ».
Le doute plane depuis sur l’état des stocks d’uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux avec Washington. Téhéran a toujours nié chercher à se doter de la bombe atomique, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.
Concernant Ormuz, Ghalibaf a réaffirmé que les conditions ne reviendraient pas à celles d’avant-guerre et que cette voie maritime resterait « administrée » par son pays, selon des propos rapportés par l’agence Irna.
Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20 % du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les États-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l’Iran.
Dans un communiqué conjoint, Oman et l’Iran ont déclaré mardi qu’ils allaient étudier les « coûts » des services liés à l’administration du détroit, en soulignant « leur souveraineté sur leurs eaux territoriales » dans ce passage.
Le protocole d’accord prévoit la réouverture de ce goulet, où le trafic maritime a atteint lundi un niveau record depuis le début du conflit selon les données de la plateforme spécialisée Kpler : au moins 37 navires de matières premières l’ont franchi lundi.
Tirs meurtriers au Liban
Le cycle de négociations entamé ce week-end en Suisse nourrit les espoirs d’un règlement durable du conflit et a fait retomber le cours du baril de Brent de la mer du Nord sous la barre des 78 dollars où il s’est stabilisé mardi, loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme de la guerre.
Pressé de mettre un terme à une guerre qui pèse sur le pouvoir d’achat de ses citoyens, Washington a multiplié les gestes à l’égard de Téhéran.
Concernant le pétrole, principale ressource de la République islamique, « toutes les transactions » relatives à la production, à la vente et au transport d’hydrocarbures d’origine iranienne « sont autorisées jusqu’au 21 août », a détaillé le ministère américain des Finances.
Quant à un éventuel déblocage d’avoirs iraniens, Vance a assuré que son pays veillerait à ce que ces fonds « ne servent pas à financer le terrorisme », laissant entendre que leur déblocage pourrait être assorti de conditions mais sans apporter d’autres précisions.
Mais mardi, l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU à Genève a affirmé que son pays était « le seul » habilité à décider de l’utilisation de ses avoirs.
Sur le front libanais, de premiers tirs israéliens depuis samedi dans le sud du pays ont fait deux morts mardi selon un média d’État, Israël disant avoir visé des terroristes armés.
Le Hezbollah pro-iranien a dénoncé une « violation flagrante » du cessez-le-feu, à l’orée d’une cinquième session de négociations directes entre représentants du Liban et d’Israël prévue ce mardi à Washington.
Le Hezbollah rejette sans surprise ce processus, prôné par le président libanais Joseph Aoun.
Selon le protocole d’accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts, une cellule dite de gestion des conflits doit être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le Hezbollah.
Le mouvement terroriste chiite pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre début mars.
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