L’Irlande veut maintenir une pression sur Israël malgré les divisions européennes
La ministre des Affaires étrangères irlandaise, Helen McEntee, affirme que Dublin continuera de pousser l’UE à prendre des sanctions contre Israël
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L’Irlande entend maintenir la question des sanctions contre les implantations israéliennes à l’ordre du jour de l’Union européenne (UE), malgré les importantes divergences entre les États membres, a déclaré la ministre des Affaires étrangères irlandaise, Helen McEntee, au média Euractiv dans un article publié jeudi le 30 juillet.
« Il est hors de question » que la question des sanctions commerciales contre les implantations israéliennes en Cisjordanie soit retirée de l’agenda des ministres européens des Affaires étrangères, a affirmé la ministre, alors que l’unanimité est nécessaire pour adopter de telles mesures.
Helen McEntee, membre du parti centriste Fine Gael, a estimé que la situation en Cisjordanie « ne cesse de s’aggraver », mettant en avant les violences dans la région et les politiques du gouvernement israélien. Selon elle, l’expansion des implantations israéliennes réduit progressivement les possibilités de parvenir à une solution à deux États.
La ministre a toutefois reconnu que les États membres ne sont actuellement pas suffisamment nombreux à soutenir les différentes options proposées par la Commission européenne pour restreindre les échanges commerciaux liés aux implantations. Certains gouvernements européens invoquent notamment les prochaines élections législatives israéliennes, prévues le 27 octobre, pour justifier leur volonté d’attendre avant d’adopter de nouvelles mesures.
Les Européens restent également divisés sur une éventuelle suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël, ainsi que sur l’imposition de sanctions individuelles aux ministres israéliens d’extrême droite Bezalel Smotrich et Itamar Ben-Gvir.
Helen McEntee affirme néanmoins que les positions européennes ont changé. « Un nombre bien plus important » d’États membres réclameraient aujourd’hui des mesures plus fermes contre Israël qu’au moment de son entrée en fonction en novembre dernier, selon elle. « Les choses changent, les opinions au sein des États membres évoluent, les actions changent », argue-t-elle, estimant que l’Union européenne devrait adapter sa politique si le gouvernement israélien modifiait lui-même ses actions.
Le chancelier allemand Friedrich Merz avait pour sa part exclu mardi toute sanction générale contre Israël, tout en exprimant une vive inquiétude concernant les activités du gouvernement israélien en Cisjordanie.
Lors d’une conférence de presse à Dublin avec le Premier ministre irlandais Micheál Martin, il a affirmé suivre « avec une grande inquiétude » l’expansion des implantations israéliennes.
En juillet, Berlin avait déjà renouvelé son opposition à une éventuelle interdiction européenne du commerce avec les implantations israéliennes.
Au moins 20 pays de l’UE ont demandé en juin à la Commission européenne de clarifier les mesures envisageables face à l’expansion continue des implantations en Cisjordanie.
La ministre irlandaise doit accueillir la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas ainsi que ses homologues des autres États membres lors d’une réunion informelle prévue le 1er septembre à Wicklow, en Irlande. L’Irlande assurera prochainement la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, une fonction qui lui donnera notamment la possibilité de fixer l’ordre du jour de certaines réunions ministérielles. Dublin entend ainsi profiter de cette période pour maintenir la question des implantations israéliennes parmi les sujets discutés par les ministres des Affaires étrangères européens, malgré l’absence actuelle de consensus sur les mesures à adopter.
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