L’Inde pleure ses défunts après la mort de marins lors d’une frappe américaine
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Sushila Devi est assise par terre, en larmes, dans sa maison de Deoria, dans le nord de l’Inde, après que les autorités lui ont annoncé que son mari faisait partie des trois marins qui ont été tués lors d’une attaque américaine contre un navire au large d’Oman.
« S’il nous avait parlé des dangers, je lui aurais demandé de rentrer », s’écrie-t-elle tandis que les femmes de la famille se rassemblent autour d’elle pour la consoler. « Le gouvernement ne devrait pas autoriser les gens à aller là-bas. »
Vendredi, l’Inde a pris la décision rare de faire part de son mécontentement, une deuxième fois, aux États-Unis concernant la frappe qui a eu lieu plus de trois mois après le début de la guerre contre l’Iran. Les propos de Sushila Devi font écho aux appels de plus en plus nombreux en faveur de mesures de protection du gouvernement indien à l’égard des marins qui sont encore bloqués dans le Golfe.
Son mari, Shivanand Chaurasia, seul soutien de famille d’un couple avec deux jeunes enfants, faisait partie des 24 marins qui se trouvaient à bord du pétrolier Settebello, battant pavillon des Palaos, lorsqu’il a été touché mercredi.
Le Commandement central de l’armée américaine a déclaré qu’un avion avait tiré des munitions de précision sur la salle des machines du navire après que l’équipage « a, à plusieurs reprises, refusé d’obtempérer aux ordres des forces américaines ».
Il a précisé que cette frappe s’inscrivait dans le cadre d’un blocus en cours qui vise les expéditions de pétrole en provenance d’Iran – un blocus qui a été décidé après que Téhéran a fortement restreint le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, où transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux avant le conflit.
En Inde, le ministère des Affaires étrangères a dit avoir convoqué le chargé d’affaires américain pour lui faire part de « sa profonde inquiétude face à l’usage d’une force létale contre la navigation civile. »
« De telles actions sont inacceptables et elles compromettent la sûreté, la sécurité et la stabilité du commerce maritime international dans une région sensible à un moment difficile », a-t-il ajouté.
Ces décès ont suscité des appels demandant au Premier ministre indien Narendra Modi d’aller au-delà de simples protestations.
L’Inde – deuxième fournisseur mondial de marins derrière les Philippines selon les chiffres du gouvernement – a dû payer un lourd tribut pour un conflit qu’elle n’a pas contribué à déclencher, affirment l’opposition et d’autres détracteurs.
Jeudi, un autre navire avec 20 membres d’équipage indiens a été attaqué, sans qu’aucun mort ni blessé ne soit signalé.
« L’Inde a réagi […] par une protestation diplomatique de routine et des efforts apparents pour minimiser l’importance des attaques », a déclaré Brahma Chellaney, analyste en affaires stratégiques à New Delhi.
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