Shin Bet : 72 habitants du sud d’Israël arrêtés pour des motifs sécuritaires depuis le début de l’année
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L’agence de sécurité intérieure du Shin Bet déclare avoir arrêté, depuis le début de l’année, 72 habitants du sud du pays et avoir engagé des poursuites contre quelque 50 d’entre eux pour des « activités portant atteinte à la sécurité de l’État », notamment « l’incitation à des actes terroristes et la contrebande d’armes à la frontière ». Selon le Shin Bet, toutes les personnes arrêtées, à l’exception de cinq d’entre elles, sont des citoyens israéliens.
Parmi les personnes mises en examen figurent six citoyens israéliens originaires de la ville bédouine de Segev Shalom. Ils ont été inculpés en début d’année par le tribunal de Beer Sheva pour « crimes terroristes graves » dans le cadre de deux affaires distinctes, a précisé le Shin Bet.
La première de ces affaires concernait une tentative de former un « bataillon militaire dans la ville » sur le modèle des « bataillons terroristes » de Cisjordanie, dans un esprit de « proximité avec la cause palestinienne ». La deuxième affaire concernait un projet d’attaque visant la célèbre discothèque Forum, à Beer Sheva, « en signe d’identification avec diverses organisations terroristes, notamment l’État islamique et le Hamas », a indiqué l’agence.
Ces deux affaires sont les seuls exemples donnés pour illustrer les mises en examen dans le communiqué du Shin Bet. Toutes deux avaient déjà été rendues publiques par l’agence de sécurité intérieure en début d’année. On ignore ce qui a poussé l’agence à publier ce communiqué aujourd’hui.
Selon un haut responsable du Shin Bet dont le nom n’est pas mentionné dans le communiqué, ces affaires, comme d’autres, « démontrent le risque pour la sécurité que représente la formation de cellules composées de citoyens israéliens, dont certaines sont de nature quasi-militaire, qui cherchent à organiser des attentats terroristes sur le territoire israélien ».
Abdullah Gergawi, le suspect dans l’affaire du Forum, était également « en contact avec des militants de l’État islamique, et avait exprimé son intention de se rendre dans les zones de combat de l’État islamique à l’étranger », a ajouté le Shin Bet.
Lorsque la police et le Shin Bet ont rendu ce complot public pour la première fois au mois d’août, ils ont fait savoir que le suspect, âgé de 20 ans, avait été arrêté en juillet pour avoir planifié un attentat à la voiture piégée contre la discothèque, et qu’il avait également été en contact avec « une personne qui se présentait comme un terroriste palestinien ».
Dans l’affaire du bataillon de Segev Shalom, le Shin Bet indique que cinq jeunes hommes ont été mis en examen : un « chef de cellule », qui s’était efforcé de reproduire le modèle du bataillon de Cisjordanie à Segev Shalom et qui avait incité au terrorisme sur les réseaux sociaux ; une personne qui avait donné son accord de principe pour mettre en œuvre les plans du commandant visant à commettre une fusillade au commissariat de Segev Shalom, ainsi qu’une attaque à l’arme blanche et une fusillade à la gare routière centrale de Beer Sheva ; un « ingénieur », qui avait visionné des vidéos pédagogiques sur les explosifs et qui était « chargé de confectionner des engins explosifs destinés à attaquer les forces de sécurité israéliennes » ; une personne qui avait « accepté » de participer à l’attaque prévue contre le commissariat de Segev Shalom ; et une autre personne qui avait également accepté de rejoindre la cellule de Segev Shalom, avait prévu depuis deux ans de commettre un attentat à l’arme blanche au nom de l’État islamique, et « projetait de commettre elle-même un attentat à la bombe, de son propre chef, à sa sortie de prison ».
Lorsque la police et le Shin Bet avaient rendu cette affaire publique pour la première fois en juillet, ils n’avaient fait état que de quatre personnes arrêtées et inculpées, notamment le commandant et l’ingénieur.
Le communiqué de l’époque présentait également le groupe de Segev Shalom comme une cellule, et non comme un bataillon ; il ne précisait ni les cibles présumées des suspects, ni leur « proximité avec la cause palestinienne ». Il indiquait que le commandant avait décidé de former une structure terroriste pour lutter contre les forces de sécurité israéliennes, à la suite des émeutes ayant éclaté en 2021 dans des villes mixtes arabo-juives en Israël.
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