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L’ONU condamne les attaques d’Israël à Gaza après des frappes contre les terroristes du 7-Octobre

Le Conseil des droits de l'Homme évoque les "crimes de guerre" de Tsahal à Gaza et note que des dizaines de personnes, dont des enfants, ont été tuées cette semaine

Des Palestiniens inspectent un bâtiment détruit après une frappe aérienne israélienne à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 19 juillet 2026. (Crédit : AP Photo/Abdel Kareem Hana)
Des Palestiniens inspectent un bâtiment détruit après une frappe aérienne israélienne à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 19 juillet 2026. (Crédit : AP Photo/Abdel Kareem Hana)

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a condamné mardi les frappes menées par Israël à Gaza qui, a-t-il annoncé, ont fait au moins 57 morts, dont six enfants, au cours de cette dernière semaine.

« Neuf mois après l’annonce d’un cessez-le-feu, il n’y a toujours aucun endroit sûr pour les Palestiniens à Gaza », a déclaré Thameen Al-Kheetan, porte-parole du Haut-Commissariat, aux journalistes, à Genève.

« L’armée israélienne a intensifié ses attaques à Gaza ces derniers jours, tuant et blessant des dizaines de Palestiniens », a-t-il dénoncé. Ces frappes ont entraîné la mort « d’au moins 57 Palestiniens, dont six enfants et huit femmes » entre le 13 et le 20 juillet, a précisé Kheetan.

Ces derniers jours, l’armée israélienne a fait état d’une série de frappes dans l’enclave côtière contre des membres du Hamas et du Jihad islamique qui, selon elle, auraient été impliqués dans le pogrom perpétré le 7 octobre 2023 en Israël, lequel a déclenché la guerre, ou dans la prise d’otages qui a suivi.

L’armée israélienne a également indiqué avoir frappé un dépôt d’armes, un site de fabrication d’armes et une plateforme de lancement de roquettes, assurant que ces infrastructures faisaient peser une menace sur ses soldats.

Selon Kheetan, les frappes ont visé des immeubles d’habitation, au moins une tente qui abritait des personnes déplacées, ainsi que d’autres zones densément peuplées. Trente-quatre des victimes ont été « tuées loin de la Ligne jaune imposée par Israël », a-t-il ajouté, en référence à la ligne de démarcation entre la partie de la bande de Gaza contrôlée par l’armée israélienne – la plus vaste – et le reste du territoire, sous le contrôle de facto du Hamas.

Des personnes en deuil prient devant les dépouilles du Palestinien Adham Nesman et de sa famille, tués dans une frappe aérienne israélienne, pendant leurs funérailles à Gaza-City, le 18 juillet 2026. (Crédit : AP Photo/Jehad Alshrafi)

À propos des attaques des 17 et 18 juillet, Kheetan a indiqué que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme avait établi que 10 frappes israéliennes avaient tué au moins 21 Palestiniens.

« Dans l’une de ces attaques, qui a visé un appartement de Gaza-City, cinq membres d’une même famille ont perdu la vie : les deux parents et leurs trois enfants, âgés, selon les informations disponibles, de 8, 15 et 17 ans », a-t-il expliqué.

« Le meurtre de civils à l’occasion de ces attaques fait craindre des violations persistantes du droit international humanitaire, des crimes de guerre et d’autres atrocités à Gaza », a souligné Kheetan, avant d’ajouter : « En vertu du droit international, le fait d’attaquer délibérément des civils constitue un crime de guerre. »

On ignore pour l’instant à quelles frappes Kheetan faisait référence. Israël, pour sa part, a fait savoir que les frappes du 17 juillet avaient tué un tireur d’élite du Jihad islamique palestinien, ainsi qu’un membre de la division des opérations du Hamas, et que les frappes du 18 juillet avaient visé des dépôts d’armes, ainsi que deux terroristes du Hamas, dont un commandant, qui avaient pris part à l’invasion d’Israël le 7-Octobre et étaient à l’origine de prises d’otages.

Ces derniers mois, Israël a intensifié ses efforts pour cibler et neutraliser les terroristes impliqués dans le pogrom du 7 octobre 2023 et dans les événements qui ont suivi.

Israël rejette les accusations selon lesquelles le pays prendrait pour cible des civils et il assure respecter le droit de la guerre. Il reconnaît que des non-combattants sont parfois tués involontairement et il rappelle que le Hamas mène des opérations de façon délibérée depuis des zones civiles.

Par ailleurs, mardi, Kheetan a dénoncé le fait que le déplacement régulier par Israël de la Ligne jaune vers l’ouest avait laissé la population palestinienne de Gaza « piégée dans une zone qui ne cesse de rétrécir ».

La Ligne jaune avait initialement été tracée conformément à l’accord de trêve négocié sous l’égide des États-Unis. Cependant, ces derniers mois, Israël a étendu son contrôle sur la bande de Gaza, face au refus du Hamas de rendre les armes.

Selon Kheetan, cette avancée de l’armée israélienne constitue « une menace permanente pour la vie des personnes, car l’armée israélienne semble ouvrir systématiquement le feu sur les Palestiniens présents à proximité de cette ligne, en violation du droit international, des droits de l’Homme et du droit international humanitaire ».

Plus de 1 100 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre, selon le ministère de la Santé de Gaza, qui relève de l’autorité du Hamas, et qui ne fait pas de distinction entre civils et hommes armés.

À ce jour, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a confirmé la mort de 685 Palestiniens entre octobre dernier et avril, a précisé Kheetan.

Des Gazaouis déplacés se déplaçant entre les tentes où ils ont trouvé refuge dans un camp de fortune, à Khan Younès, au sud de la bande de Gaza, le 1ᵉʳ juillet 2026. (Credit : Abdel Kareem Hana/AP)

Le ministère des Affaires étrangères n’a pas encore répondu à une demande de commentaire concernant les déclarations du porte-parole de l’ONU.

En début de semaine, des responsables impliqués dans la mise en œuvre du plan de paix américain pour Gaza ont déclaré au Times of Israel que l’accord conclu à l’automne dernier progressait « à petits pas », mais qu’il faudrait encore des années avant de constater des avancées significatives en matière de désarmement du Hamas, de déradicalisation et de reconstruction à grande échelle.

Le Hamas, qui reste l’autorité de fait dans les parties de la bande de Gaza non contrôlées par l’armée israélienne, refuse toujours de déposer les armes. Israël, quant à lui, n’a pas encore approuvé les mesures techniques relatives à certains volets du plan, notamment le déploiement de forces étrangères de maintien de la paix, la sélection d’une nouvelle force de police palestinienne et les opérations humanitaires.

Nava Freiberg a contribué à cet article. 

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