Madrid exige le retrait d’annonces pour des locations touristiques dans les territoires palestiniens
Selon le ministère de la Consommation, "ces hébergements contribuent à la normalisation et à la perpétuation d'un régime colonial considéré comme illégal selon le droit international"
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Le ministère espagnol de la Consommation a demandé à plusieurs plateformes de locations touristiques de retirer les annonces pour des biens situés dans des implantations israéliennes, une nouvelle mesure du gouvernement de gauche en soutien à la population palestinienne alors que son Premier ministre a dû accepter d’octroyer une dérogation à Airbus pour qu’il puisse importer du matériel israélien essentiel pour ses avions.
« Concrètement, 138 annonces d’hébergements touristiques ont été repérées sur sept plateformes proposant ces services en Espagne », a indiqué le ministère dans un communiqué publié mardi.
« En conséquence, un premier avertissement a été adressé à ces multinationales pour les informer que du contenu illicite avait été détecté sur leurs plateformes, en lien avec des communications commerciales concernant des hébergements situés sur des territoires palestiniens occupés par Israël, et elles ont été enjointes de procéder à leur retrait ou à leur blocage immédiat », détaille le communiqué.
Si les entreprises ne les suppriment pas, « elles pourraient faire l’objet de mesures ultérieures de la part du ministère », prévient la note.
Cette mise en demeure s’inscrit dans le cadre du décret-loi porté par le gouvernement de Pedro Sánchez, et approuvé par les députés espagnols en octobre, visant à « mettre fin au génocide à Gaza et à soutenir la population palestinienne ». L’accusation non prouvée de « génocide », qui serait perpétré à Gaza, est très répandue parmi les détracteurs d’Israël.
Parmi les mesures dans le texte figurent, entre autres, un embargo sur l’achat et la vente d’armes à Israël et l’interdiction de publicités pour commercialiser des biens originaires d’implantations israéliennes.
Selon le ministère de la Consommation dirigé par Pablo Bustinduy, membre de la plateforme d’extrême gauche Sumar, « ces hébergements contribuent à la normalisation et à la perpétuation d’un régime colonial considéré comme illégal selon le droit international ».
À cet égard, il cite les actions engagées par l’Association des juristes pour le respect du droit international (Jurdi), qui a intenté une action en justice en France contre une multinationale pour avoir proposé des propriétés en Cisjordanie.
En octobre, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) avait annoncé en France une action contre les plateformes Airbnb et Booking.com pour avoir favorisé le « tourisme d’occupation » en proposant des annonces d’hébergement dans des colonies israéliennes en territoire palestinien.
D’autres actions ont également été menées dans différents pays.
Le gouvernement espagnol, qui a reconnu l’État de Palestine en 2024, est l’une des voix les plus véhémentes en Europe depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël et la guerre qui s’en est suivie contre les terroristes de Gaza.
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