Malgré le cessez-le-feu, l’Iran prétend qu’une raffinerie a été touchée et attaque les EAU et le Koweït
Les 2 premiers navires ont passé le détroit d'Ormuz ; Vance alerte contre la "fragilité" du cessez-le-feu et dit à l'Iran que Trump "ne plaisante pas" ; le CGRI dit ne pas faire confiance aux promesses US et être "prêt à tirer"
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Quelques heures seulement après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu de deux semaines, l’Iran a procédé à une série de tirs de missiles et de drones contre des cibles situées aux Émirats arabes unis et au Koweït, invoquant des représailles à une attaque contre des infrastructures pétrolières iraniennes.
Dans l’après-midi de mercredi, les Émirats arabes unis ont indiqué que leurs défenses aériennes avaient intercepté 17 missiles balistiques et 35 drones en provenance d’Iran. Le pays n’a pas précisé quelles cibles étaient visées.
Trois personnes ont été légèrement blessées, a rapporté le ministère de la Défense des Émirats arabes unis dans un communiqué.
L’armée koweïtienne a pour sa part expliqué avoir riposté à une « importante vague » d’attaques de drones visant des installations pétrolières et électriques, alors même que le cessez-le-feu avait été annoncé.
L’armée a dit avoir intercepté 31 drones ciblant ce pays riche en pétrole depuis 8 heures, ce mercredi.
Ces attaques ont causé d’importants dégâts aux infrastructures pétrolières et électriques, ainsi qu’aux usines de dessalement.
Strikes hit an Iranian oil refinery on Lavan Island today.
Iran is now retaliating with strikes on targets in Kuwait, Bahrain, and the UAE. pic.twitter.com/xOptoGRjbB
— Clash Report (@clashreport) April 8, 2026
Le Koweït a exhorté l’Iran et ses alliés à mettre « immédiatement un terme à toutes les hostilités ».
Selon la télévision d’État de la république islamique, ces frappes ont été lancées en représailles à une attaque perpétrée mercredi matin contre l’île iranienne de Lavan.
« Des attaques de missiles et de drones ont visé les Émirats arabes unis et le Koweït quelques heures après que les sites pétroliers de l’île de Lavan, en Iran, ont été pris pour cible », a assuré l’IRIB.
L’identité des auteurs de l’attaque qui a frappé Lavan reste incertaine. Les États-Unis et Israël ont tous deux interrompu leurs attaques contre l’Iran. L’armée israélienne a nié toute implication dans les frappes dénoncées.
Par ailleurs, les Gardiens de la révolution iraniens ont fait savoir mercredi qu’ils avaient attaqué pendant la nuit des complexes énergétiques et des oléoducs liés aux États-Unis et à Israël, ciblant notamment des infrastructures pétrolières situées dans la ville portuaire saoudienne de Yanbu, ont rapporté les médias d’État.
Cette annonce est intervenue quelques heures après que l’Iran, les États-Unis et Israël sont parvenus à un cessez-le-feu de deux semaines dans le conflit.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont pour leur part souligné leur « absence totale de confiance » à l’égard des promesses des États-Unis, ajoutant qu’ils restaient « prêts à tirer ».
« Les fidèles gardiens de la nation iranienne attendent les ordres du commandant suprême des forces armées, Sa Sainteté l’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei, et ils sont prêts à faire feu », peut-on lire dans un communiqué publié sur leur chaîne Telegram.
Appelant les pays du Golfe à cesser leur « coopération » avec les États-Unis, les Gardiens ont poursuivi : « L’ennemi a toujours été fourbe. Nous ne croyons pas à ses promesses. Nous riposterons à toute agression avec une intensité accrue. »
Une trêve fragile
Alors que les violences se poursuivent, le vice-président américain JD Vance a admis mercredi que la trêve était « fragile », et a exhorté Téhéran à négocier de « bonne foi » pour parvenir à un accord à long terme. Le président américain Donald Trump n’est « pas du genre à plaisanter », a-t-il prévenu.
Téhéran, pour sa part, a rappelé que la guerre ne serait pas terminée tant que des dispositions formelles n’auraient pas été négociées.
« Si les Iraniens sont prêts à collaborer avec nous et qu’ils font preuve de bonne foi, nous pourrons, je pense, parvenir à un accord », a déclaré Vance pendant sa visite à Budapest.
Mais si les Iraniens ne se présentent pas à la table des négociations, a-t-il ajouté, « alors ils découvriront que le président des États-Unis n’est pas du genre à plaisanter. Il manque de patience. Il est pressé de voir la situation évoluer. »
D’après Vance, Trump a montré « que nous disposons toujours d’un avantage militaire et diplomatique évident, et surtout, d’un poids économique extraordinaire ».
« S’ils ont l’intention de mentir, s’ils ont l’intention de tricher, s’ils tentent d’empêcher la mise en place de la trêve fragile que nous avons convenue, alors ils risquent d’être déçus », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, témoignant de la mise en œuvre partielle de la trêve, deux navires ont traversé le détroit d’Ormuz depuis que l’Iran a accepté de rouvrir cette voie maritime, a rapporté mercredi le service de surveillance maritime Marine Traffic.
« Le vraquier NJ Earth, battant pavillon grec, a traversé le détroit à 8 h 44 UTC. Le Daytona Beach, battant pavillon libérien, l’a franchi plus tôt, à 6 h 59 UTC, peu après avoir quitté Bandar Abbas à 5 h 28 UTC », a annoncé MarineTraffic sur X.
Dans la nuit de mardi à mercredi, les États-Unis et l’Iran ont convenu d’un cessez-le-feu de deux semaines, durant lequel le passage par le détroit d’Ormuz « sera possible grâce à une coordination avec les forces armées iraniennes », a précisé le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi sur le réseau social X.
« Le passage du NJ Earth pourrait être un premier signe de reprise. Il est toutefois encore trop tôt pour dire s’il s’inscrit dans le cadre d’une réouverture plus large liée au cessez-le-feu, ou s’il s’agit d’une exception qui avait déjà été approuvée », a confié à l’AFP Ana Subasic, analyste chez Kpler, la société propriétaire de MarineTraffic.
Le navire battant pavillon grec a maintenu son transpondeur activé tout au long de sa traversée du détroit, empruntant un itinéraire approuvé par l’Iran au large de l’île de Larak. Une route utilisée par la majeure partie des navires qui ont franchi le détroit ces trois dernières semaines.
L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer immédiatement la destination du navire.
« Si nous prévoyons davantage de passages dans les prochains jours, d’un point de vue des risques et de la conformité, cette première traversée doit toutefois être considérée avec prudence », a nuancé Subasic.
Certains armateurs et affréteurs se préparent à déplacer leurs navires bloqués dans le golfe, a rapporté mercredi matin le journal maritime Lloyd’s List. Selon ses estimations, ce sont quelque 800 navires qui sont actuellement immobilisés dans le golfe.
L’accès au détroit a fait l’objet de très fortes restrictions de la part de l’Iran depuis le 28 février, en représailles aux attaques américaines et israéliennes. Téhéran a imposé un système de péage et compte continuer.
Du 1er mars au 7 avril, les transporteurs de matières premières ont effectué 307 traversées, d’après les données de Kpler. Cela représente une baisse de 95 % par rapport au trafic en temps de paix.
En temps de paix, près d’un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial transite par cette voie maritime.
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