Mamdani va s’opposer au projet de loi sur les zones tampons autour des écoles ; colère des groupes juifs
Le maire de NY a toutefois annoncé qu'il ne ferait pas usage de son veto pour le projet de loi relatif à l'établissement de zones tampons autour les lieux de culte
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Le maire de New York, Zohran Mamdani, a fait savoir qu’il ferait usage de son droit de veto contre un projet de loi prévoyant la création de zones de protection autour des écoles. Il a toutefois annoncé qu’il ne s’opposerait pas à un deuxième projet de loi relatif à l’établissement de zones tampons autour les lieux de culte.
Ces deux projets de loi ont été présentés au Conseil municipal au lendemain de deux manifestations violentes devant des synagogues de New York. Ils ont été approuvés par l’instance le mois dernier.
Le projet de loi relatif aux lieux de culte a été adopté par le Conseil à une majorité suffisante pour permettre de passer outre le veto du maire.
Le texte sur les écoles n’a en revanche pas obtenu la majorité nécessaire pour contrecarrer le veto du maire. Il lui manquait en effet quatre voix, sur les 51 membres du conseil.
Les groupes de gauche se sont pour leur part prononcés contre les deux projets de loi, qu’ils considèrent comme une atteinte à la liberté d’expression.
Le projet de loi relatif aux lieux de culte prévoyait initialement une zone tampon pouvant aller jusqu’à 30 mètres. La mention de cette distance a été supprimée après que la police de New York (NYPD) a fait part de ses inquiétudes quant à la logistique nécessaire.
Mamdani a par ailleurs indiqué dans un communiqué qu’il « laisserait le texte être adopté », sans toutefois confirmer qu’il le signerait lui-même. Si Mamdani ne prend aucune mesure, la loi entrera en vigueur demain.
« Le texte initial de ce projet de loi a soulevé des questions constitutionnelles. Toutefois, la version finale qui a été adoptée a un champ d’application et des effets plus limités », a souligné Mamdani dans un communiqué. « Au terme d’un examen juridique approfondi, j’estime qu’il ne présente plus les mêmes risques qu’auparavant. C’est pourquoi je permettrai son adoption. Pour autant, je désapprouve le fait que ce texte présente toute forme de manifestation comme un problème de sécurité. »
Selon Mamdani, le projet de loi sur les établissements scolaires est « radicalement différent ».
« Le problème réside dans la définition très large que ce projet de loi donne d’un établissement éducatif, ainsi que dans ses implications constitutionnelles concernant le droit fondamental des New-Yorkais à manifester. Tel qu’il est rédigé, ce projet de loi peut s’appliquer à tous les lieux, universités, musées ou hôpitaux universitaires, qui pourraient ainsi faire l’objet de restrictions », a-t-il ajouté. « Ce texte pourrait avoir des conséquences pour les travailleurs qui manifestent contre l’ICE, ou des étudiants qui exigent que leur université se désinvestisse des énergies fossiles, ou encore ceux qui manifestent en faveur des droits des Palestiniens. »
« Je m’oppose donc à ce projet de loi », a-t-il conclu.
Les principales organisations juives ont, quant à elles, fait part de leur « profonde déception face à cette décision ».
« À l’heure où les communautés, juives et autres, de notre ville sont confrontées à des menaces accrues, ce projet de loi représentait une étape cruciale vers une meilleure protection de toutes les écoles et institutions communautaires », peut-on lire dans un communiqué conjoint publié par l’UJA-Federation of New York, l’ADL New York/New Jersey, l’AJC New York, Conference of Presidents, du JCRC-NY, du New York Board of Rabbis, de l’Orthodox Union, de la Rabbinical Assembly, de StandWithUs, de Teach NYS et de l’Union for Reform Judaism.
« Ce veto témoigne de l’incapacité flagrante de la mairie à prouver à tous les New-Yorkais que la sécurité des citoyens est une priorité », poursuit le communiqué.
La présidente du Conseil municipal de New York, Julie Menin, a également dénoncé ce veto.
« Garantir que les élèves puissent entrer et sortir de leur école sans avoir à craindre le harcèlement ou l’intimidation ne devrait pas être sujet à controverse », a déclaré Menin. « Ce projet de loi impose simplement à la police de New York de définir clairement comment elle entend assurer un accès sécurisé en cas de menaces d’obstruction ou de blessures physiques, tout en garantissant pleinement les droits prévus par le Premier amendement. »
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