Manifestations contre la guerre en Iran : 21 personnes arrêtées à Tel Aviv et Haïfa
Pour la 1e fois depuis le 28 février, les principaux groupes de protestation apportent un timide soutien aux manifestations anti-guerre ; Ayman Odeh a été bousculé par la police, qui a procédé à de violentes arrestations
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Samedi soir, la police a procédé à l’arrestation de 21 manifestants à travers le pays, lors de la dispersion de rassemblements contre la guerre américano-israélienne en Iran, qui ont rassemblé des centaines de personnes dans les grandes villes.
Treize manifestants ont été arrêtés à Tel Aviv et huit à Haïfa. Des manifestations ont également eu lieu à Jérusalem et à Beer Sheva.
Il s’agit de la plus importante vague de manifestations depuis le début de la guerre contre la République islamique d’Iran, fin février, avec des centaines de participants à Tel Aviv et Jérusalem, et une centaine à Haïfa.
Cette affluence s’est produite après que plusieurs groupes d’opposition majeurs ont apporté leur soutien tacite aux manifestations, malgré les restrictions imposées par l’armée israélienne sur les rassemblements publics en temps de guerre.
Sur la Place Habima, à Tel Aviv, les manifestants ont dénoncé la guerre et la décision des députés de la coalition de poursuivre l’adoption de lois controversées alors que les combats contre le régime iranien font rage.
Les manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « La guerre éternelle n’est pas une stratégie » et « Même en ces temps difficiles, nous devons nous opposer ».
Des agents de la police des frontières ont été vus en train de disperser violemment les manifestants. Les forces de l’ordre ont déclaré que les participants avaient enfreint la loi en violant les règles du Commandement du Front intérieur, qui interdit les rassemblements publics en plein air de plus de 50 personnes.
« Lors d’une évaluation de la situation effectuée sur place avec un représentant du Commandement du Front intérieur… il a été établi qu’il existait un risque réel pour la vie humaine et, en conséquence, le commandant de police du commissariat de Yarkon, Tzahi Sharabi, a donc ordonné la dispersion du rassemblement », a déclaré la police.
Malgré son immunité parlementaire, des agents de la police des frontières ont également été filmés en train de s’en prendre physiquement au député Ayman Odeh, chef de l’alliance radicale Hadash-Taal, élu arabe très actif dans les manifestations anti-guerre depuis leur début, le mois dernier.
À l’issue de la manifestation, Odeh a qualifié la police de « fascistes au service du gouvernement », affirmant qu’elle avait peur « des citoyens héroïques qui sont descendus dans la rue, malgré tout, pour faire entendre leur voix ».
הגבלת חופש המחאה | שוטרים תקפו את יו״ר חד״ש-תע״ל ח״כ @AyOdeh בזמן שהמשטרה מפזרת באלימות חסרת תקדים את ההפגנה בכיכר הבימה נגד הממשלה והמלחמה pic.twitter.com/j9WFs4mEUf
— חדר מלחמה (@waroomisrael) March 28, 2026
« Nous nous battons pour la vie de chacun d’entre nous, et avant tout, pour l’avenir de nos enfants », a-t-il écrit.
« Assez de guerre, oui à la paix. »
Dans un autre incident, un agent a saisi un homme d’âge mûr par son tee-shirt et l’a jeté à terre.
Une fois la manifestation terminée, des agents de la police des frontières ont bousculé avec force des participants qui marchaient sur le trottoir. Les agents ont suivi le petit groupe et leur ont crié à plusieurs reprises de « continuer d’avancer ».
גם מחוץ לכיכר הבימה, אחרי פיזור ההפגנה, שוטרים דוחפים באלימות קשה.
אחת השוטרות "אני אדחוף אותך עוד פעם, זה יעזור לך להתקדם, יאללה ת'קדם"תל אביב 28/03/2026???? רועי בושי Roi Boshi pic.twitter.com/phEsPDktLp
— אלימות ישראל (@Alimut_Israel) March 28, 2026
Lors d’une manifestation similaire à Haïfa, les participants ont brandi des drapeaux d’Israël et ont scandé des slogans contre les combats en cours. Un manifestant tenait une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Des millions d’enfants grandissent dans des abris antiatomiques. »
Selon les forces de l’ordre, certains participants se sont déplacés pour bloquer une route, ce qui a conduit le commandant de police présent sur les lieux à déclarer le rassemblement illégal.
La police de Haïfa a indiqué avoir arrêté des contrevenants, alors que deux des personnes appréhendées ne semblaient pas bloquer la circulation au moment de leur arrestation, comme le montrent les images de la manifestation.
Invitation timide
Bien que de telles manifestations aient lieu chaque semaine depuis le début de la guerre, elles n’attiraient auparavant qu’une faible participation, composée principalement de militants de gauche convaincus, dont beaucoup étaient affiliés à des organisations pacifistes et au Parti communiste israélien.
La semaine dernière, plusieurs organisations anti-gouvernement ont décidé d’apporter leur soutien à ces manifestations – bien que de manière provisoire.
Des groupes tels que Rise Israel, Women’s Struggle et Saving our Shared Home, basés à Jérusalem, ont diffusé l’information sur les manifestations, mais se sont abstenus d’appeler explicitement leurs partisans à y participer.
Un organisateur de Saving our Shared Home a déclaré au Times of Israel qu’ils hésitaient à appeler leurs partisans à enfreindre les règles établies par le Commandement du Front intérieur.
« C’est plutôt une invitation timide : nous informons les gens de l’événement, mais nous ne les invitons pas officiellement », a-t-il expliqué, ajoutant que de nombreuses organisations anti-gouvernement refusaient encore d’apporter leur soutien aux manifestations.
Les sondages montrent que la guerre en cours contre la République islamique d’Iran bénéficie d’un soutien constant et massif parmi les Israéliens juifs.
Une enquête de l’Institut israélien de la démocratie (IDI) réalisée au début du mois a révélé que 93 % de la population juive d’Israël soutenait l’offensive américano-israélienne en cours, contre seulement 26 % des Israéliens arabes.
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