Marine Le Pen rencontre les ambassadeurs d’Israël et du Liban en France
La cheffe du RN a critiqué Jérusalem pour ses frappes sur Beyrouth tout en soulignant son droit à se défendre
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La dirigeante d’extrême droite française Marine Le Pen a rencontré cette semaine, en toute discrétion, l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, selon une information de la radio juive RCJ confirmée par plusieurs autres médias et l’ambassade israélienne.
Marine Le Pen aurait également rencontré l’ambassadeur du Liban en France, Rabih Chaer, au cours de la même période alors qu’Israël et le Liban sont convenus mardi d’entamer des négociations dans le contexte du conflit opposant Israël au groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, créé et soutenu par la République islamique d’Iran.
Interrogé mardi sur la possibilité que la France aide à la médiation entre Israël et le Liban, comme elle l’a fait par le passé, l’ambassadeur israélien à Washington, Yechiel Leiter, a catégoriquement rejeté cette idée, indiquant que Paris n’avait pas sa place dans les négociations entre les deux pays.
« Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s’immiscer dans les négociations », a déclaré Leiter.
« Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu’il s’agit de négociations de paix », a poursuivi le représentant israélien, dans des termes très peu diplomatiques.
« Ils ne sont pas nécessaires. Ils n’ont pas d’influence positive, surtout pas au Liban. »
Des propos qui n’ont pas étonné l’ancien ambassadeur de France en Israël, Eric Danon.
Le 25 mars, Marine Le Pen avait affirmé que les Etats-Unis avaient « manifestement commis une erreur » en attaquant l’Iran, car le régime « extrêmement solide » des mollahs « n’est pas tombé », critiquant au passage ce qu’elle a appelé les « buts de guerre erratiques » du président américain Donald Trump.
« Ce que je vois, c’est que les Etats-Unis ont manifestement commis une erreur en ce sens qu’ils pensaient que, en l’espace de quelques jours, le régime iranien tomberait. Il n’est pas tombé. Le régime iranien est un régime extrêmement solide », avait déclaré la cheffe de file du RN sur France Inter. Interrogée sur la stratégie du président américain, Mme Le Pen avait déclaré : « Ses buts de guerre sont erratiques. D’ailleurs est-ce que quelqu’un comprend quel est l’objectif final de cette guerre ? Que cherche à obtenir Donald Trump ? Je crois qu’en réalité personne ne le sait. »
« Cette guerre a pris des proportions qui manifestement n’étaient pas prévues, touchant beaucoup de pays du Golfe et entraînant évidemment pour le monde un déséquilibre très lourd dans les fournitures énergétiques », avait encore déclaré la patronne du RN.
Début avril, Mme Le Pen avait cette fois appelé la France à « protéger le Liban, sa population et sa souveraineté ». « Ce pays est une nouvelle fois la victime collatérale des tensions dans la région, subissant des bombardements massifs sur sa capitale », avait-elle écrit sur X, soutenant au passage la proposition d’Emmanuel Macron « d’inclure le Liban dans le cadre du cessez-le-feu régional » – une demande qui avait alors été rejetée par Israël.
Si Israël a le droit, et même le devoir de se défendre, et d'assurer la sécurité de son territoire et de ses habitants, il est de l'honneur de la seule démocratie de la région de respecter les règles du droit international, notamment relatif aux conflits armés. pic.twitter.com/YahRbnBYrp
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) March 25, 2026
Cette entrevue franco-israélienne, qui n’a pas été annoncée publiquement par les canaux diplomatiques officiels, intervient par ailleurs dans un contexte de soutien affiché du gouvernement israélien à des partis d’extrême droite européens.
Ces dernières années, cependant, les responsables israéliens ont assoupli leur position en engageant un dialogue avec ces formations. Le ministre des Affaires de la diaspora, Amichai Chikli, a noué des liens avec plusieurs responsables politiques d’extrême droite en Europe et Jordan Bardella, un autre dirigeant du Rassemblement national, a été invité à intervenir en Israël lors d’une conférence gouvernementale sur l’antisémitisme l’année dernière.
L’an dernier également, le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a donné instruction aux diplomates d’établir des canaux de communication officiels avec le parti de Marine Le Pen, ainsi qu’avec des partis d’extrême droite en Suède et en Espagne.
la Communauté du Times of Israël !







