Les capacités du Hezbollah au Liban illustrent « l’attitude conciliante » de la France – source
Le groupe terroriste pro-iranien dispose toujours de capacités militaires au nord et au sud du fleuve Litani ; La composante chiite de l'armée libanaise est estimée à quelque 30 %
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Les appels jusqu’ici pour le moins sans effets d’Emmanuel Macron visant à faire renoncer Israël à une vaste offensive terrestre contre le Hezbollah au Liban montrent l’impasse diplomatique dans laquelle la France se trouve, quinze mois après un cessez-le-feu qu’elle était pourtant parvenue à imposer avec Washington.
Le Liban a été entraîné dans le conflit au Moyen-Orient le 2 mars lorsque le Hezbollah a choisi d’attaquer Israël en représailles à l’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors de frappes israéliennes et américaines.
Depuis, le président français et son chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot exhortent les autorités israéliennes à s’abstenir de lancer une opération d’envergure.
Quelque 816 000 personnes ont été déplacées au Liban depuis le début de la campagne de frappes israéliennes, selon des chiffres publiés mercredi par le gouvernement libanais. En outre 687 personnes ont été tuées dont près de 100 enfants, selon un bilan publié jeudi, qui ne fait pas de distinction entre les victimes civiles des terroristes pro-iraniens.
« La France est entre le marteau et l’enclume », souligne David Khalfa, cofondateur du centre de recherches Atlantic Middle East Forum (AMEF).
« Elle se trouve face à un Etat libanais qui reste impuissant vis-à-vis du Hezbollah et Israël qui entend en finir avec la milice pro-Iran », explique-t-il. « Cela montre de manière objective et flagrante les limites de l’influence de la France au Levant, et en particulier au Liban » malgré ses liens historiques, politiques et culturels avec ce pays.
Le Hezbollah a mené mercredi soir sa plus vaste attaque contre Israël depuis le début de la guerre en lançant quelque 200 roquettes, selon l’armée israélienne qui a mené en retour jeudi des frappes contre le Hezbollah « à travers Beyrouth ».
« Après le cessez-le-feu, une occasion a été manquée de contraindre véritablement le Hezbollah à se désarmer, comme l’exigent plusieurs résolutions de l’ONU et l’accord de cessez-le-feu », a réagi une source diplomatique occidentale.
Selon cette source, la France avait pourtant la possibilité de renforcer les capacités militaires des Forces armées libanaises et d’exiger un vrai désarmement.
« Au lieu de cela, la France a préféré adopter une attitude conciliante, se contentant de belles paroles sans exiger de mesures concrètes qui auraient pu empêcher la situation de dégénérer », ajoute cette source diplomatique, constatant que le groupe pro-iranien dispose toujours des capacités militaires au nord et au sud du fleuve Litani.
Le gouvernement libanais avait affirmé en début d’année que la première phase du désarmement au sud du Litani avait été achevée et il devait lancer la deuxième phase au nord.
Pour David Khalfa, au-delà des moyens insuffisants des militaires libanais, la difficulté tient aux divisions au sein même de l’armée libanaise, « notamment le haut commandement militaire, avec un chef d’état-major qui craint l’effondrement de la chaîne de commandement selon des lignes de fracture communautaire ».
La composante chiite de l’armée est estimée à quelque 30 %.
« Nous travaillons à une reprise des négociations en vue d’un règlement durable », a dit jeudi une source diplomatique française.
Paris va par ailleurs envoyer une trentaine de blindés pour soutenir l’armée libanaise.
« C’est bienvenu mais à contre-temps par rapport à l’escalade sur le terrain », commente David Khalfa, relevant que le problème de logistique militaire est connu depuis longtemps.
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