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Mila Orriols visée par une enquête pour apologie de crime contre l’humanité

L’influenceuse d’extrême droite, déjà condamnée, est poursuivie pour avoir diffusé sur Instagram un visuel représentant un tee-shirt avec des saluts nazis

L'influenceuse française Mila Orriols arrive au tribunal de Lyon, dans le centre-est de la France, le 21 octobre 2025, pour son procès pour « injures fondées sur l'origine ».
Mila, qui s'est retrouvée sous les feux des projecteurs après avoir été harcelée en 2020 pour des critiques en ligne de l'islam, ce qui l'a contrainte à quitter son école et à vivre sous protection policière, est jugée pour des propos publiés en février 2024 sur le réseau social X.com. (JEFF PACHOUD / AFP)
L'influenceuse française Mila Orriols arrive au tribunal de Lyon, dans le centre-est de la France, le 21 octobre 2025, pour son procès pour « injures fondées sur l'origine ». Mila, qui s'est retrouvée sous les feux des projecteurs après avoir été harcelée en 2020 pour des critiques en ligne de l'islam, ce qui l'a contrainte à quitter son école et à vivre sous protection policière, est jugée pour des propos publiés en février 2024 sur le réseau social X.com. (JEFF PACHOUD / AFP)

Une publication sur Instagram postée le 6 septembre 2025 par l’influenceuse d’extrême droite Mila Orriols a déclenché une enquête pour « apologie de crime contre l’humanité ».

La story, consultée par Libération, montrait un tee-shirt siglé « Adidolf », sur lequel les trois bandes emblématiques de la marque allemande Adidas avaient été remplacées par des bras effectuant des saluts nazis.

Selon StreetPress, confirmé par l’association SOS Racisme, une plainte a été déposée dès la diffusion du visuel. L’association rappelle dans sa plainte que « la jurisprudence a pu considérer que la réalisation d’un salut nazi est constitutive du délit d’apologie de crime contre l’humanité ». Elle souligne que la liberté d’expression, telle que protégée par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, « connaît des limites dès lors qu’il s’agit d’apologie ou de banalisation de crimes, notamment liés au nazisme ou au terrorisme ».

Selon SOS Racisme, « l’intention humoristique ne suffit pas à exonérer l’auteur car la valorisation implicite d’idéologies criminelles peut légitimement être sanctionnée par les États au nom de la protection de la paix sociale et de la lutte contre la haine ».

La story a été diffusée auprès des plus de 59 000 abonnés de Mila Orriols, âgée de 22 ans, connue depuis 2020 pour ses critiques en ligne de l’islam, qui lui ont valu une vague de harcèlement médiatique. Depuis, elle est devenue une figure de l’extrême droite française, active au sein du collectif Némésis et proche de certains mouvements néofascistes.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de poursuites judiciaires déjà engagé à l’encontre de l’influenceuse. En décembre 2025, elle a été condamnée à 2 000 euros d’amende avec sursis pour injures publiques à caractère raciste, pour un message publié sur X en février 2024 dans lequel elle tenait des propos insultants sur les familles maghrébines. Elle a fait appel de cette décision, son avocat, Me Robinson Barbier, la qualifiant de « défaite pour la liberté d’expression ».

L’influenceuse française Mila Orriols (à gauche) discute avec son avocat Me Robinson Barbier après son procès pour « injures fondées sur l’origine » au tribunal de Lyon, dans le centre-est de la France, le 21 octobre 2025.
Mila, qui a été sous les feux des projecteurs après avoir été harcelée en 2020 pour des critiques en ligne de l’islam, ce qui l’a forcée à quitter son école et à vivre sous protection policière, est jugée pour des remarques publiées en février 2024 sur le réseau social X.com. (JEFF PACHOUD / AFP)

Par ailleurs, Mila Orriols est également poursuivie pour des propos diffusés sur X concernant la situation en Palestine, où elle avait écrit que « les civils en Palestine sont TOUS des terroristes » et que « leurs enfants le deviendr[aient] un jour », après une plainte de la Ligue des droits de l’homme.

Interrogée sur Instagram à propos du tee-shirt nazi, Mila Orriols a invoqué un objectif humoristique, mais SOS Racisme conteste cette interprétation, dénonçant un visuel « véhiculant de la haine » et rappelant que ce type de représentation ne peut être excusé par l’humour ou la provocation.

 

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