Plusieurs pays mettent en garde contre un « péage » dans le détroit d’Ormuz
Les médias iraniens affirment que le détroit d'Ormuz est à nouveau fermé et des données maritimes indiquent qu'un pétrolier a été refoulé ; Le CGRI aurait diffusé une carte pour aider les navires à contourner les mines dans le détroit d'Ormuz
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Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a prévenu jeudi qu’il serait inacceptable que les navires soient dans l’obligation de payer des droits de passage pour traverser le détroit d’Ormuz – comme l’Iran l’a laissé entendre et le fait déjà pour certains bateaux – arguant qu’une telle mesure créerait un dangereux précédent pour la liberté de navigation.
La Grèce exploite l’une des plus grandes flottes marchandes au monde en termes de capacité de transport de marchandises.
Dans le cadre des négociations avec les États-Unis sur un cessez-le-feu, Téhéran, qui contrôle cette voie maritime déterminante, a proposé d’imposer des frais ou des péages aux navires pour leur permettre de le traverser en toute sécurité. Le président américain Donald Trump a suggéré que les États-Unis et l’Iran que la priorité était de rouvrir le détroit sans restrictions.
Mitsotakis a rappelé qu’il y avait toujours eu une liberté de navigation totale dans le détroit d’Ormuz – et que cela devait continuer ainsi.
« Je ne pense pas que la communauté internationale soit prête à accepter que l’Iran installe un poste de péage pour chaque navire qui traverse le détroit », a indiqué Mitsotakis lors d’un entretien accordé à CNN. « Cela me semble tout à fait inacceptable ».
Le leader de centre-droit a ajouté que la conclusion d’un accord international distinct concernant le détroit pourrait s’avérer être nécessaire.
« Mais cet accord ne peut, je le répète, il ne peut en aucun cas inclure une sorte de redevance que les navires devraient payer à chaque fois qu’ils traversent le détroit. Ce n’était pas le cas avant le début de la guerre et cela ne peut pas l’être après la fin de la guerre », a-t-il dit.
« Et si une telle chose devait arriver, nous créerions alors un précédent très, très dangereux pour la liberté de navigation », s’est-il inquiété.
Instaurer un mécanisme de péage dans le détroit d’Ormuz serait « inacceptable », a aussi martelé jeudi le chef de la diplomatie française, rappelant aussi que ce serait contraire au droit international.
« Non, ce n’est pas acceptable parce que la liberté de navigation dans les eaux internationales est un bien commun, un bien commun de l’humanité qui ne doit être contrariée par aucune entrave et aucun droit de passage », a déclaré Jean-Noël Barrot sur France Inter, alors que le président américain Donald Trump avait évoqué mercredi la création d’une société commune pour gérer la navigation dans ce détroit avec paiement.
« Personne ne l’accepterait, tout simplement parce que c’est illégal. Les eaux internationales sont libres à la circulation des navires », a-t-il ajouté.
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a estimé jeudi qu’Israël avait « bafoué » la trêve de deux semaines conclue avec le régime iranien en attaquant le Liban la veille.
Elle a ajouté que le rétablissement de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz constituait un intérêt vital pour l’Italie et pour l’ensemble de l’Union européenne (UE).
« Nous sommes passés à deux doigts du point de non-retour, mais nous sommes désormais face à une perspective de paix fragile qu’il faut poursuivre avec détermination », a-t-elle déclaré devant le Parlement, ajoutant que l’Italie condamnait toute violation du cessez-le-feu et appelait à un arrêt définitif des hostilités.
L’Union européenne rejette aussi toute idée de « péage » pour emprunter le détroit d’Ormuz, où la liberté de navigation doit être maintenue, a affirmé jeudi un de ses porte-parole.
« Le droit international consacre la liberté de navigation, ce qui veut dire ce que ça veut dire : aucun paiement, ni péage, quel qu’il soit », a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.
De son côté, la chaîne iranienne PressTV a signalé que le détroit d’Ormuz avait de nouveau été fermé, après qu’un pétrolier a semblé avoir été refoulé.
Selon le média, le pétrolier AUROURA a effectué un brusque demi-tour alors qu’il s’approchait de la sortie du détroit. Il est ensuite retourné dans le golfe Persique.
Environ deux heures après l’annonce qui a été faite par PressTV concernant la fermeture de la voie navigable, le site MarineTraffic, sur internet, a précisé que le navire avait jeté l’ancre dans le golfe Persique.
Le pétrolier fait l’objet de sanctions du Trésor américain, qui affirme qu’il est utilisé pour transporter du pétrole iranien au mépris des sanctions.
BREAKING: An oil products tanker attempting to transit the Strait of Hormuz has made a 180-degree turn and is heading back into the Persian Gulf, per AIS data from MarineTraffic.
The Panama-flagged tanker AUROURA is US Treasury sanctioned with a documented history of moving… pic.twitter.com/z6Zdoa1EtS
— The Hormuz Letter (@HormuzLetter) April 8, 2026
De surcroît, la marine des Gardiens de la Révolution iraniens a annoncé jeudi que les navires passant le détroit d’Ormuz devaient emprunter deux routes alternatives, proches des côtes iraniennes, invoquant la présence de « mines » sur l’itinéraire habituel plus au large.
« De manière à être protégés de possibles collisions avec des mines, en coordination avec la marine des Gardiens de la Révolution (….), jusqu’à nouvel ordre, (les navires) devront prendre des routes alternatives pour le trafic dans le détroit d’Ormuz », a indiqué l’agence de presse Mehr citant un communiqué militaire accompagné d’un plan maritime montrant les itinéraires au sud et nord de l’île de Larak.
La porte-parole de la Maison Blanche a averti mercredi qu’il serait « inacceptable » que l’Iran bloque à nouveau le détroit d’Ormuz, après que l’agence iranienne Fars eut annoncé sa fermeture.
« Le Président a pris connaissance de ces informations avant que je n’arrive ici (pour une conférence de presse, ndlr). C’est complètement inacceptable. Une nouvelle fois, c’est un exemple dans lequel ce qu’ils disent publiquement n’est pas ce qu’ils disent en privé », a déclaré Karoline Leavitt.
« Nous avons vu une hausse du passage dans le détroit aujourd’hui », a-t-elle affirmé, après que Fars a assuré de son côté : « Ces dernières heures, le passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz a été totalement interrompu » et « cette situation est survenue après l’attaque israélienne contre le Liban, en violation du cessez-le-feu. »
Malgré l’annonce d’une réouverture du détroit d’Ormuz en échange d’un cessez-le-feu au Moyen-Orient, rares étaient les navires mercredi à se risquer dans ce passage stratégique du commerce mondial.
la Communauté du Times of Israël !







