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Netanyahu à Washington mardi pour rencontrer Trump et assister à la cérémonie en l’honneur de Graham

Si Netanyahu fait ce voyage, cela suggèrerait qu'une escalade majeure des États-Unis contre l'Iran est mise en suspens ; toutefois, des campagnes de désinformation ont pu être lancées avant d'attaquer Téhéran

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Donald Trump (à droite) serrant la main du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse conjointe, à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP)
Le président américain Donald Trump (à droite) serrant la main du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse conjointe, à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP)

Selon une annonce faite vendredi par son cabinet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontrera mardi le président américain Donald Trump à la Maison Blanche. Il s’agira de la première rencontre entre les deux dirigeants depuis le début de la guerre contre l’Iran, le 28 février.

Netanyahu s’envolera pour Washington lundi et en repartira mercredi, a précisé une source proche du dossier.

Outre sa rencontre avec Trump, Netanyahu assistera mardi à une cérémonie organisée en mémoire du sénateur républicain pro-israélien Lindsey Graham, récemment décédé.

Ce projet de visite avait été évoqué pour la première fois lors d’un entretien téléphonique entre les deux dirigeants le 3 juillet.

Après le décès soudain de Graham, le 11 juillet, Netanyahu avait annoncé qu’il se rendrait aux États-Unis pour assister à ses funérailles.

Si Netanyahu avait exprimé son souhait de rencontrer Trump pendant son séjour, la Maison Blanche serait restée réticente à fixer un rendez-vous, la popularité de Netanyahu auprès des deux partis politiques américains continuant de décliner.

Une personne tenant une affiche remerciant le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump lors d’un rassemblement de membres de la communauté iranienne manifestant leur soutien à Israël et aux États-Unis, devant le consulat général d’Israël, à Los Angeles, le 5 mars 2026. (Crédit : Patrick T. Fallon/AFP)

Selon certaines informations, les conseillers de Trump craignaient également que, si les États-Unis décidaient de lancer une attaque de grande envergure après la rencontre entre le président et Netanyahu, Washington soit à nouveau accusé d’avoir été entraîné dans le conflit par Israël.

La dernière rencontre de Trump et Netanyahu remonte au 11 février à la Maison Blanche. Netanyahu avait alors présenté, dans la Situation Room, un argumentaire à haut risque qui visait à convaincre les États-Unis de se joindre à Israël dans une nouvelle guerre contre l’Iran. Un argumentaire qui comprenait une série de prédictions qui ne se sont pas réalisées.

Netanyahu aurait ainsi expliqué à Trump que le programme de missiles balistiques de l’Iran pouvait être détruit en quelques semaines ; que Téhéran serait si affaibli par les attaques américano-israéliennes qu’il ne serait pas en capacité de bloquer le trafic dans le détroit d’Ormuz ; que l’Iran serait vraisemblablement incapable de frapper des cibles américaines dans les pays voisins ; et que le régime était sur le point de s’effondrer, notamment grâce à l’aide de combattants kurdes capables d’envahir le pays depuis l’Irak.

Moins de trois semaines plus tard, les États-Unis et Israël avaient lancé une campagne conjointe contre l’Iran.

Trump envisage désormais une nouvelle attaque de grande envergure après l’échec du protocole d’accord, qu’il avait signé le mois dernier pour mettre fin à la guerre, en raison de désaccords sur le contrôle du détroit d’Ormuz.

Si Trump menace de faire sauter des sites énergétiques iraniens, il s’en est toutefois abstenu jusqu’à présent, craignant que la poursuite des frappes aériennes ne soit tout aussi inefficace que les précédentes pour influencer la position de l’Iran.

Alors que Netanyahu comptait rencontrer Trump en début de semaine, son cabinet a annoncé que son déplacement était suspendu suite au report des funérailles de Graham à la semaine prochaine.

Si Netanyahu se rend finalement à Washington la semaine prochaine, cela suggérerait qu’une escalade majeure des États-Unis contre l’Iran n’est pas à l’ordre du jour, en dépit des menaces répétées de Trump à l’encontre de Téhéran.

Avant l’attaque israélienne contre l’Iran de juin 2025, Israël et les États-Unis ont mené une campagne de désinformation à plusieurs volets qui visait à convaincre Téhéran qu’une frappe contre ses installations nucléaires n’était pas imminente. L’un des éléments de cette manipulation était une déclaration vidéo de Netanyahu, dans laquelle il annonçait des « avancées significatives » dans les négociations avec le Hamas concernant les otages. Les responsables étrangers, cependant, n’étaient pas parvenus à comprendre de quelles avancées parlait Israël.

Les Israéliens voulaient faire croire à Téhéran qu’ils discutaient encore de la question d’une éventuelle frappe avec la Maison Blanche. Ils ont donc annoncé que Ron Dermer, alors ministre des Affaires stratégiques, et David Barnea, chef du Mossad, se rendraient aux États-Unis pour s’entretenir avec l’envoyé spécial américain Steve Witkoff en amont du prochain cycle de négociations entre Téhéran et Washington, assurant que ce déplacement visait à « éclaircir la position d’Israël ».

Par ailleurs, le cabinet de Netanyahu a publié un communiqué dans lequel il soulignait que, malgré certaines informations contraires relayées par les médias dans un contexte de tensions régionales croissantes, il n’annulerait pas son week-end de repos dans le nord du pays. Et les préparatifs du mariage du fils de Netanyahu, Avner, se sont poursuivis – même si celui-ci a finalement été annulé.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu se tient aux côtés du président américain Donald Trump et de la Première dame Melania Trump lors de la soirée du Nouvel An organisée par le président dans son complexe de Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 1er janvier 2026. (Capture d’écran : Instagram, utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Netanyahu a déjà rencontré Trump à six reprises depuis le retour du président à la Maison Blanche – plus que tout autre chef d’État.

En annonçant cette septième rencontre, le cabinet du Premier ministre a précisé que les journalistes israéliens ne seraient pas autorisés à voyager avec Netanyahu à bord de l’avion Wing of Zion, financé par les contribuables. Aucune explication n’a été fournie. Ce n’est toutefois pas la première fois que le cabinet du Premier ministre, dont les relations avec la presse sont depuis longtemps tendues, oblige les journalistes à se rendre aux États-Unis par leurs propres moyens.

Ces dernières semaines, les médias américains ont fait état de tensions croissantes entre les États-Unis et Israël, dans un contexte d’opposition d’Israël au protocole d’accord qui a été signé mi-juin.

Selon le cabinet de Netanyahu, ces informations sont exagérées. Il affirme que les relations étroites du Premier ministre avec Trump sont toujours intactes.

Trump a publiquement exprimé son mécontentement envers Netanyahu le mois dernier au sujet de ce que le président a qualifié de frappes aveugles d’Israël contre le Hezbollah au Liban, alors que le conflit dans cette région risquait de compromettre le protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran.

Le vice-président américain JD Vance, pour sa part, s’est montré bien plus virulent dans ses critiques. Il s’en est pris aux ministres israéliens d’extrême droite qui ont critiqué l’accord qu’il a contribué à négocier, tout en accusant Jérusalem de mener une campagne de désinformation en ligne contre ce mémorandum.

Ces derniers jours, le ton s’est toutefois adouci à l’égard d’Israël. Trump a en effet réaffirmé à plusieurs reprises que sa relation avec Netanyahu restait solide.

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