New York : Des enseignants juifs quittent un syndicat en raison de l’antisémitisme
Ils accusent "une culture d’antisémitisme enracinée" dans les écoles publiques de la ville ; des dizaines d’entre eux ont quitté la UFT en signe de protestation
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

NEW YORK — Quelques dizaines d’enseignants et de militants juifs se sont rassemblés jeudi devant le siège d’un important syndicat d’enseignants de New York pour dénoncer l’antisémitisme présumé et l’inaction de la United Federation of Teachers (UFT).
Les enseignants juifs présents au rassemblement, organisé devant les bureaux de l’UFT à Manhattan, ont scandé “Enough is enough” (« Ça suffit ») et brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : “UFT leadership: Failing Jewish students. Failing New York” (« L’UFT trahit ses élèves juifs. Et trahit New York ») et “Educate against hate” (« L’éducation contre la haine »).
Certains manifestants, membres de l’UFT, portaient les t-shirts du syndicat mais y avaient inscrit au dos : “UFT doesn’t represent me” (« L’UFT ne me représente pas »).
Les militants ont accusé l’UFT d’avoir adopté « un schéma de silence et d’inaction qui a érodé la confiance des enseignants, des élèves et des parents juifs », citant notamment son soutien au candidat à la mairie de New York Zohran Mamdani, critique virulent d’Israël, malgré l’opposition exprimée par des Juifs sionistes.
L’UFT a rejeté ces accusations.
L’UFT a une longue histoire de travail, d’écoute et de protection de la communauté juive diversifiée dans nos écoles et dans notre ville, et nous continuerons à le faire », a déclaré un porte-parole au Times of Israel.
Karen Feldman, cofondatrice de la New York City Public School Alliance, un groupe de défense créé après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël en octobre 2023, a indiqué avoir été membre du syndicat pendant 26 ans avant de le quitter en raison de l’antisémitisme.
« Nous sommes réunis aujourd’hui parce que les élèves et les enseignants des écoles publiques de New York ne se sentent plus en sécurité, et que l’UFT, le syndicat censé nous protéger, manque à sa responsabilité », a-t-elle affirmé. Elle a évoqué plusieurs incidents, notamment un enseignant juif encerclé dans une cafétéria et traité de « sioniste », le slogan « Du fleuve à la mer » affiché dans un couloir, ainsi que l’exclusion d’un groupe d’étudiants juifs de réunions sur l’équité scolaire.
« Une culture d’antisémitisme s’est enracinée, s’est propagée et s’est normalisée dans nos écoles ; et au sein de notre syndicat, enseignants et élèves juifs sont harcelés, réduits au silence et pris pour cible », a-t-elle ajouté.
Moshe Spern, professeur d’histoire et membre du groupe de défense United Jewish Teachers, a montré à la foule une pile de lettres de démission d’enseignants juifs quittant le syndicat en signe de protestation, dont lui-même. Il a affirmé qu’une cinquantaine d’éducateurs avaient signé ces lettres et qu’une centaine d’autres l’avaient contacté pour exprimer leur intention de quitter l’UFT.
« Pourquoi la communauté juive est-elle toujours ignorée ? Parlez-nous, défendez-nous », a-t-il lancé. « Nous reviendrons dans ce syndicat, nous n’avons pas dit notre dernier mot, nous croyons en ce syndicat, mais seulement s’il veut changer les choses pour les enseignants juifs, pour tous les enseignants et pour nos élèves. »
Les manifestants ont exigé que l’UFT adopte la définition de l’antisémitisme de l’IHRA, interdise les contenus scolaires diabolisant les Juifs, le sionisme ou Israël, impose une formation sur l’antisémitisme à ses membres, retire son soutien aux politiciens qui « normalisent les slogans antisémites » tels que “Globalize the intifada” (en référence à Mamdani) et vérifie que ses documents internes ne contiennent pas de contenus antisémites.
La manifestation a été organisée par plusieurs groupes opposés à l’antisémitisme et aux discriminations dans les écoles, dont la New York City Public School Alliance, le Lawfare Project, EndJewHatred, Parents Against Antisemitism, le Gevura Fund et SAFE Campus for Equality.
Les inquiétudes liées à l’antisémitisme dans les écoles publiques de New York ont pris de l’ampleur après le déclenchement de la guerre à Gaza, lorsqu’un enseignant juif d’un lycée du Queens a été pris pour cible lors d’une manifestation houleuse. Dans le même temps, une grève étudiante pro-palestinienne a vu des jeunes scander des insultes contre les Juifs et Israël, ainsi que des slogans appelant à une intifada.
L’an dernier, le système scolaire public de New York a présenté un plan de lutte contre l’antisémitisme et l’islamophobie, sous la pression de défenseurs, d’enseignants et d’étudiants juifs qui réclamaient des réformes.
L’UFT, qui compte 200 000 membres, a longtemps été dominée par des enseignants juifs et dirigée par des présidents juifs, de sa création en 1960 jusqu’à l’élection de l’actuel président Michael Mulgrew en 2009.
La JTA a contribué à cet article.
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