Noam Bettan s’apprête à monter sur scène lors de la finale de l’Eurovision, partiellement boycottée
La délégation israélienne estimerait que "Michelle" pourrait remporter le vote du public ; un duo finlandais composé d'un violoniste et d'une chanteuse ainsi qu'une star australienne acclamée sont les favoris pour remporter le concours
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Noam Bettan doit monter sur la scène de l’Eurovision samedi soir, alors que ce célèbre concours de la chanson est touché, cette année, par un boycott sans précédent en lien avec la participation d’Israël.
Bettan s’est qualifié pour la finale après avoir interprété « Michelle » en français, en hébreu et en anglais lors de la première demi-finale mardi, sous les cris de « Stop le génocide » qui résonnaient dans la Wiener Stadthalle de la capitale autrichienne – des cris qui ont pu être entendus lors de la retransmission en direct au début de la chanson.
La chaîne publique autrichienne ORF avait déclaré qu’elle n’utiliserait pas de technologie anti-huées pendant l’émission. Le mois dernier, Bettan avait confié au Times of Israel au cours d’une interview qu’il s’était entraîné au son des huées afin d’être prêt.
Lors de sa répétition, dans la journée de samedi, Bettan a été bruyamment hué. « Je n’avais jamais entendues des huées aussi fortes », a-t-il dit aux caméras après avoir quitté la scène.
« Peu importe, c’est parti », a-t-il indiqué à ses danseurs. « Tout va bien ».
Cette année, c’est la 70e édition du plus grand événement musical télévisé au monde, qui, malgré le faste, échappe rarement à la politique en arrière-plan.
Cinq pays, dont l’Espagne – qui est traditionnellement l’un des plus gros contributeurs financiers au Concours Eurovision de la chanson – boycottent l’événement en raison de la participation d’Israël.
Pour son édition 2026, l’Eurovision a réintroduit les votes du jury professionnel lors des demi-finales, dans le cadre d’un ensemble de réformes qui ont été approuvées par les membres l’année dernière pour répondre aux préoccupations qui avaient été soulevées après la victoire écrasante d’Israël au télévote en 2025.
De plus, le nombre de votes a été plafonné à 10 par personne au lieu de 20, et l’Union européenne de radio-télévision a promis de sévir contre les « campagnes de promotion disproportionnées », en particulier celles qui sont financées par les gouvernements.
Une source a fait savoir samedi au site d’information Ynet que la délégation israélienne pensait pouvoir à nouveau remporter le vote des téléspectateurs cette année.
L’année dernière, l’Israélien Yuval Raphael — coauteur de « Michelle » — avait terminé deuxième au classement général après s’être classé premier au télévote, avec « New Day Will Rise ». En 2024, Eden Golan avait terminé cinquième au classement général et deuxième au télévote avec « Hurricane ».
Si les pronostics s’étaient trompés sur le vainqueur de l’Eurovision, ces deux dernières années, les grands favoris de la finale, qui réunit 25 pays, sont la violoniste finlandaise Linda Lampenius et le chanteur pop Pete Parkkonen.
(Crédit: AP Photo/Martin Meissner)
Mais l’Australienne Delta Goodrem, qui a vendu neuf millions d’albums, est également en tête, selon un dernier sondage, ce qui la place en première position après sa prestation lors de la deuxième demi-finale jeudi – prestation au cours de laquelle elle s’était envolée dans les airs sur une plate-forme élévatrice depuis le sommet d’un piano scintillant.
La finale commencera à 21 heures, heure local, à Vienne, devant quelque 11 200 spectateurs.
« Une aura de star »
La violoniste de renommée internationale Lampenius, 56 ans, a obtenu l’autorisation d’utiliser son Gagliano de 1781 en direct pour interpréter « Liekinheitin » (« Lance-flammes ») en finnois avec Parkkonen, 36 ans.
Les instruments qui sont présentés sur scène sont généralement préenregistrés.
« Je ne serai jamais quelqu’un de timide », a dit Lampenius, qui avait fait la couverture de Playboy et qui était apparue dans un épisode de la série télévisée à succès « Alerte à Malibu », à l’agence de presse autrichienne APA avant la finale.
Goodrem, 41 ans, qui avait connu une série de succès internationaux au début des années 2000, a fait naître l’espoir d’une première victoire pour son pays avec « Eclipse », une chanson évoquant un alignement romantique des planètes.
L’Australie participe à l’Eurovision sur invitation depuis 2015.
L’ascension de Goodrem s’est faite au détriment de la Grèce, d’Israël, du Danemark et de la France, qui ont reculé dans les classements des bookmakers.
La Roumaine Alexandra Capitanescu, âgée de 22 ans, a réussi à se hisser dans le Top 5 grâce à une présence scénique électrisante avec son titre metal « Choke Me ».
Par ailleurs, Sal Da Vinci, 57 ans, pourrait s’imposer en tant qu’outsider avec sa chanson d’amour « Per sempre si », selon Sébastien Dias-das-Almas, un journaliste français qui couvre l’Eurovision depuis 2011.
Figure majeure de la scène musicale italienne, Da Vinci « pourrait séduire le public traditionnel, qui ne suit le concours qu’à la télévision le soir de l’événement », a confié Dias-das-Almas.
« Du bon côté de l’histoire »
Des fans de 75 pays ont afflué à Vienne pour assister au spectacle.
Environ 166 millions de téléspectateurs avaient regardé le concours à la télévision l’année dernière, lorsqu’il s’était tenu en Suisse.
L’Autriche espère atteindre ce chiffre malgré le boycott de l’Islande, de l’Irlande, des Pays-Bas, de la Slovénie et de l’Espagne, et malgré l’appel qui a été lancé par plus de 1 000 artistes à ne pas regarder l’Eurovision en raison de la participation d’Israël.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a expliqué, dans la journée de vendredi, qu’il était certain que son pays se trouvait « du bon côté de l’histoire ».
Des militants pro-palestiniens ont organisé vendredi un concert alternatif qui avait été baptisé « Concert de protestation » dans le centre-ville de Vienne – un centre-ville qui a été placé sous haute sécurité toute la semaine.
Israël a remporté le concours à quatre reprises depuis qu’il a commencé à participer à l’Eurovision en 1973 : en 1978 avec « A-Ba-Ni-Bi », en 1979 avec « Hallelujah », en 1998 avec « Diva » et en 2018 avec « Toy ».
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