NY: un auteur d’actes antisémites devient célèbre parmis les militants anti-israéliens
Tarek Bazrouk a plaidé coupable dans le cadre de plusieurs dossiers portant sur des agressions antisémites et a reçu le soutien de National Students for Justice in Palestine et d'autres groupes de premier plan
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

NEW YORK — Les militants anti-Israël, aux États-Unis, se sont ralliés à Tarek Bazrouk, un résident de New York qui a avoué avoir commis des agressions antisémites à l’encontre de trois Juifs.
Au mois de juin, Bazrouk, 20 ans, avait plaidé coupable devant un tribunal fédéral de New York pour avoir agressé ces personnes en raison de leur identité juive ou israélienne. Les victimes de ces agressions, qui avaient eu lieu dans le cadre de manifestations anti-israéliennes en 2024 et au début de l’année 2025, portaient toutes des symboles juifs ou israéliens ou étaient identifiables comme telles.
Avant le prononcé de la sentence de Bazrouk, en date du 1er octobre, plusieurs groupes militants ont lancé une campagne en sa faveur. L’organisation National Students for Justice in Palestine a ainsi lancé mercredi un appel demandant à ses partisans d’envoyer des lettres au juge chargé de l’affaire pour l’appeler à la clémence.
« Tarek a été pris pour cible dans le cadre d’une vaste campagne de répression menée par le gouvernement américain, une campagne qui vise à faire taire le mouvement de libération palestinien et à protéger des intérêts génocidaires », a noté le communiqué qui a qualifié Bazrouk de « prisonnier politique ».
« Nous pouvons montrer au tribunal que la communauté de Tarek le soutient sans faille et qu’elle exige sa libération immédiate », a-t-il ajouté.
Parmi les autres groupes militants de premier plan qui apportent leur soutien à Bazrouk, le Palestinian Youth Movement, Within Our Lifetime, Pal-Awda, la coalition anti-israélienne du campus de Columbia appelée University Apartheid Divest et d’autres groupes étudiants de la ville de New York.
Les militants ont exhorté leurs partisans à écrire des lettres au juge chargé de l’affaire pour demander une peine clémente, à envoyer directement des messages de soutien à Bazrouk et à faire des dons à son commissariat de prison.
Les sympathisants ont donné de plus de 5 000 dollars à Bazrouk, et près de 2 000 personnes ont signé une pétition adressée au juge pour réclamer sa libération.
Il encourt une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement et une amende de 250 000 dollars.
Take action now and sign Tarek Bazrouk’s mitigation letter!https://t.co/hvHGTu8sjD
— PAL-Awda NY/NJ (@PAL_Awda) September 17, 2025
Toutes les agressions ont eu lieu dans le cadre de manifestations anti-israéliennes à Manhattan. Bazrouk a dit au juge chargé de l’affaire qu’en tant que Palestinien, il avait commis ces agressions « pour exprimer son indignation face aux meurtres et aux déplacements massifs de civils palestiniens dans la bande de Gaza par Israël ».
« Je n’aurais jamais dû recourir à la violence et je n’aurais jamais dû prendre pour cible des contre-manifestants parce que je les percevais comme Juifs ou israéliens », a-t-il expliqué aux juges.
Au mois d’avril 2024, Bazrouk, qui portait un bandeau du Hamas, s’était battu avec des manifestants pro-israéliens lors d’une manifestation qui était organisée devant la Bourse de New York. Il avait été arrêté pendant l’altercation et, alors qu’il était escorté vers un véhicule de police, il avait donné un coup de pied dans le ventre d’un étudiant juif.
Au mois de décembre 2024, lors d’une manifestation qui avait lieu aux abords de l’université Columbia, Bazrouk avait arraché un drapeau israélien qui se trouvait entre les mains de deux frères juifs, traitant ces derniers de « nazis ». Alors que les deux frères suivaient Bazrouk à travers la foule pour récupérer le drapeau, il les avait pris en embuscade par le côté et il avait frappé l’un d’entre eux au visage.
Au mois de janvier 2025, lors d’un autre mouvement de protestation, Bazrouk avait bousculé un contre-manifestant juif. Ce dernier avait repoussé Bazrouk qui lui avait alors donné un coup de poing dans le nez.
Toutes les victimes portaient des kippot, des étoiles de David ou des drapeaux israéliens, ou elles faisaient partie de groupes chantant des chansons juives. Deux des victimes étaient des étudiants de l’université Columbia.
Les enquêteurs ont trouvé des SMS de Bazrouk qui corroborent ses motivations antisémites.
Une déclaration du département américain de la Justice indique que Bazrouk s’est lui-même vanté d’être « antisémite ». Il avait écrit à des connaissances, évoquant les Juifs, des messages tels que : « Ils ne valent rien » ou « Allah, débarrasse-nous d’eux « . Il avait interpellé un homme juif en criant « putain de Juif » et il avait menacé de tirer sur des Juifs. Il avait également fait savoir à un ami qu’il était « fou de joie » d’avoir appris que des membres de sa famille avaient rejoint le Hamas alors qu’il faisait un voyage en Cisjordanie et en Jordanie.
Sur Instagram, il avait diffusé une vidéo montrant un tout jeune Juif en exhortant ses abonnés de « l’attraper », donnant le nom de l’école juive fréquentée par l’enfant.
Il avait également fait part de son soutien au Hamas sur les réseaux sociaux. De plus, son téléphone contenait de la propagande pro-Hamas et pro-Hezbollah, comme des images du chef du Hamas Yahya Sinwar, et il faisait partie d’un groupe de discussion qui recevait des messages écrits par Abu Obeida, le porte-parole du Hamas.
En plus de ces agressions, Bazrouk a été arrêté à au moins douze autre reprises, notamment pour trafic de drogue.
Quand les enquêteurs ont effectué une perquisition dans la chambre de Bazrouk, dans un appartement qu’il partageait avec sa famille, ils ont trouvé un pistolet à air comprimé qui ressemblait à une arme à feu réelle, des douilles, des poings américains, quatre couteaux, dont un couteau à cran d’arrêt, et 750 000 dollars en espèces, dont la provenance reste incertaine.
Il a remis l’argent aux autorités dans le cadre de son accord de plaidoyer.
Les Juifs sont beaucoup plus souvent victimes des crimes de haine qui sont signalés à la police à New York que tout autre groupe. Les condamnations pour crimes de haine sont toutefois relativement rares dans la mesure où il est très difficile de prouver l’existence d’un motif discriminatoire.
la Communauté du Times of Israël !







