Olmert confirme qu’Israël a tué en 2008 un proche conseiller d’Assad lié au programme nucléaire
Dans son nouveau livre, l’ex-Premier ministre révèle que Muhammad Suleiman a été abattu d’une balle dans la nuque par des soldats d’élite infiltrés par la mer dans sa propriété
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

L’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert a confirmé pour la première fois qu’Israël était à l’origine de l’assassinat, en 2008, de Muhammad Suleiman, le principal conseiller militaire du dictateur syrien déchu Bachar al-Assad.
Outre ses fonctions de conseiller en chef d’Assad pour les questions militaires et de renseignement, Suleiman était chargé de la construction et de la sécurité du site nucléaire syrien de Deir Ezzor.
Le 1ᵉʳ août 2008, Suleiman, général de brigade syrien et conseiller présidentiel chargé des achats d’armement, avait reçu plusieurs balles dans la tête lors d’un dîner en plein air qu’il organisait dans sa villa en bord de mer, dans la ville côtière de Tartous.
Bien qu’Israël ait longtemps été soupçonné d’avoir été à l’origine de cet assassinat, il n’avait jamais confirmé publiquement l’avoir perpétré, ce qui avait conduit certains à supposer que sa mort était en réalité le résultat d’un conflit interne.
Cependant, en 2015, des documents divulgués, qui provenaient de l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA), avaient révélé que l’unité commando Shayetet 13 de la marine israélienne avait pénétré dans la villa de Suleiman par la mer, l’avait abattu d’une balle dans la nuque, puis s’était enfuie vers la mer sans être repérée.
Dans un extrait qui a été obtenu mercredi par le site d’information Ynet, Olmert, qui a été Premier ministre d’Israël de 2006 à 2009, confirme le contenu des documents des services de renseignement divulgués dans son nouveau livre en hébreu, dont le titre fait référence au nom de code interne de Tsahal utilisé pour le bombardement du réacteur nucléaire syrien de Deir Ezzor en 2007, et qui peut se traduire approximativement par « Arizona, nous tous ».
« Lui [Suleiman] et ses invités étaient assis sur le balcon. Les soldats se sont approchés à la faveur de l’obscurité jusqu’à 150 mètres de chaque côté du balcon, puis ils ont confirmé son identité », a-t-il écrit.
« Même s’il y avait pas mal de monde sur la plage, personne ne les a remarqués.»
« Lorsque l’ordre a été donné, trois balles ont été tirées sur Suleiman, l’atteignant à l’arrière de la tête », a raconté Olmert.
« Immédiatement après, les soldats se sont repliés vers la côte, en direction du bateau venu les récupérer. »
La Syrie avait étouffé la nouvelle de l’assassinat de Suleiman pendant quatre jours après sa mort, avant d’accuser Israël.
Le réacteur nucléaire de Deir Ezzor avait été bombardé par Tsahal en septembre 2007, alors qu’Olmert était au pouvoir. À l’époque également, Israël n’avait pas revendiqué ce bombardement, en partie pour éviter des représailles de la part de Damas. Jérusalem avait officiellement reconnu cette frappe en 2018.
Suleiman « avait un mot à dire sur tout », a écrit Olmert, soulignant son lien avec le site de Deir Ezzor.
« Un mois avant l’attaque, il avait reçu une nouvelle Mercedes de la part d’Assad en signe de reconnaissance pour sa contribution à la construction du réacteur. »
En 2024, Olmert avait également admis pour la première fois qu’Israël était responsable de la mort d’Imad Mughniyeh, chef des opérations internationales du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, décédé dans un attentat à la bombe à Damas en février 2008.
Mughniyeh était impliqué dans certaines des attaques majeures menées par ce groupe terroriste soutenu par la République islamique d’Iran, notamment l’attentat-suicide de 1992 contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires et celui de 1994 contre le bâtiment de l’AMIA dans la capitale argentine, qui avait fait 85 morts.
la Communauté du Times of Israël !







