OLP : Le Hamas n’est pas un groupe terroriste, parler de son désarmement est inacceptable
L'organisation du Hamas "fait partie intégrante du tissu national palestinien", a affirmé le secrétaire général de l'OLP, Azzam al-Ahmed
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L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ne considère pas le Hamas comme un groupe terroriste, refuse les appels à son désarmement et elle l’autorisera à se présenter aux élections municipales organisées par l’Autorité palestinienne (AP) en avril, a annoncé le secrétaire général de l’OLP, Azzam al-Ahmed.
« Nous rejetons catégoriquement toute discussion sur le désarmement du Hamas et son assimilation à une organisation terroriste », a indiqué Ahmed dans une interview accordée au média égyptien Shorouk News, qui a été publiée lundi.
« Nous ne les avons jamais considérés comme une organisation terroriste », a ajouté Ahmed. « Ils font partie intégrante du tissu national palestinien. »
Selon Ahmed, c’est pour une raison similaire que l’OLP s’oppose également à la condition posée dans le plan de paix pour Gaza du président américain Donald Trump, qui exige que le Hamas ne participe pas à la gouvernance de l’enclave palestinienne.
L’administration Trump, d’après Ahmed, rejette toute contribution des Palestiniens à la gouvernance de la bande de Gaza.
« Ils veulent tout simplement se débarrasser des Palestiniens », a affirmé Ahmed, en soulignant l’absence de membres palestiniens au sein du Conseil de paix dirigé par les États-Unis, censé faciliter la reconstruction de l’enclave, et la demande visant à ce que le Hamas ne joue aucun rôle dans la bande de Gaza.
Quant au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) – le groupe de technocrates palestiniens indépendants chargé de superviser la reconstruction de la bande côtière – Ahmed est convaincu que les États-Unis, appuyés par Israël, ont clairement l’intention de « prendre le contrôle » de la mission, compte tenu des « discours creux » de Washington sur la reconstruction de Gaza en une « riviera » parsemée de gratte-ciel.
Par ailleurs, Ahmed a qualifié de « prétexte fallacieux » la disposition du plan de paix stipulant que l’Autorité palestinienne devait se réformer avant de pouvoir prendre le contrôle de Gaza.
Les réformes exigées par les États-Unis, parmi lesquelles la modification du contenu des programmes scolaires anti-israéliens de l’Autorité palestinienne et la suppression de ce qu’Israël appelle les « primes au meurtre » (pay-to-slay) versées aux prisonniers palestiniens, sont « impossibles » à mettre en œuvre, a indiqué Ahmed. D’après lui, les modifications apportées aux programmes scolaires comprennent notamment la suppression du drapeau palestinien et du mot « Palestine » dans les manuels.
« Selon nous, ces exigences sont avant tout un moyen de gagner du temps », a martelé Ahmed.
L’OLP, a-t-il précisé, considère l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023 comme « une faute stratégique qui a infligé des dégâts considérables à Gaza ». Ahmed a également balayé l’argument selon lequel cette opération aurait redonné un nouveau souffle à la question palestinienne.
« L’OLP est en pourparlers permanents avec [le Hamas] au sujet des condition requises pour rejoindre l’organisation », a par ailleurs assuré Ahmed.
Aux termes de la constitution provisoire récemment dévoilée par l’Autorité palestinienne, l’OLP est le seul représentant légitime du peuple palestinien, et l’AP s’engage à respecter les engagements de l’OLP, qui prévoient notamment la reconnaissance d’Israël.
L’OLP a reconnu Israël dans le cadre des accords d’Oslo de 1993, qui ont instauré l’AP et que le Hamas, à l’instar de nombreuses autres factions palestiniennes, a rejetés.
Dans une initiative visant à interdire au Hamas et à d’autres factions non membres de l’OLP de se présenter aux prochaines élections, notamment aux élections municipales prévues en avril, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a signé en janvier un décret imposant aux candidats de signer une déclaration dans laquelle ils souscrivent au « programme national » de l’OLP.
Interrogé par Shorouk, Ahmed a expliqué qu’il « y avait eu une erreur dans la loi » et qu’il avait été décidé que même les partis opposés à l’OLP pourraient se présenter aux élections municipales d’avril, au motif que ces élections concernaient « la fourniture de services et non l’action politique ». Mais cette condition resterait applicable aux élections législatives, pour lesquelles aucune date n’a encore été fixée, a-t-il précisé.
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