Paris : La justice relaxe un militant suprémaciste jugé pour des saluts nazis en audience
L’homme, détenu pour d’autres faits et déjà multi-condamné, comparaissait pour des gestes et propos tenus lors de deux précédentes audiences ; l’infraction d’outrage à magistrat n’a pas été retenue
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Un militant suprémaciste de 38 ans, Alexis I., a été relaxé, jeudi 8 janvier, par le tribunal correctionnel de Paris. Il était poursuivi pour outrage à magistrat après avoir effectué à plusieurs reprises des saluts nazis et proféré des slogans racistes lors d’audiences judiciaires antérieures.
L’homme, détenu pour d’autres faits et déjà multi-condamné, comparaissait pour des gestes et propos tenus lors de deux audiences en septembre et octobre derniers, au cours desquelles il avait levé le bras en criant notamment « White power » et « À bas la République » à l’issue du délibéré.
À l’audience de jeudi, le prévenu, connu pour ses positions ouvertement racistes et antisémites, a de nouveau revendiqué ses actes, affirmant qu’il ne s’agissait pas d’un salut nazi mais d’un « salut romain », qu’il estimait dénué de caractère illégal. Il a une nouvelle fois effectué le geste dans la salle d’audience, provoquant la stupeur du public et des magistrats.
Autre moment de choc lors de l’audience : « Mais si vous faites le salut de l’empire romain, pourquoi vous criez ‘White Power’ ? La langue anglaise à cette époque c’était pas trop ça », a lancé la présidente à l’accusé. « Mais je crie ça comme les nègres brandissent des pancartes Black lives matter », a rétorqué le prévenu, avant de faire un nouveau salut nazi.
Le parquet avait requis une peine de douze mois de prison avec maintien en détention, estimant que le prévenu cherchait à transformer le tribunal en tribune idéologique et à manifester une « haine profonde » de l’institution judiciaire.
La défense, tout en se désolidarisant des idées de son client, a contesté la qualification pénale retenue. Selon l’avocate du prévenu, ses gestes et propos, bien que graves, ne visaient pas personnellement les magistrats et ne pouvaient donc constituer juridiquement un outrage.
À la surprise de tous, même pour l’accusé, le tribunal a suivi cette analyse et prononcé la relaxe, considérant que le geste du bras tendu et les slogans proférés ne caractérisaient pas, en l’espèce, une infraction d’outrage à magistrat.
À l’énoncé de la décision, le prévenu a de nouveau levé le bras en direction de la présidente, sans réaction de cette dernière, avant d’être reconduit en détention, à la maison d’arrêt de Villepinte, pour l’exécution d’autres peines.
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