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Pluie d’hommages pour le policier d’origine algérienne abattu mercredi

De nombreuses personnes ont salué le courage d'Ahmed Merabet, froidement tué lors de l'attaque de Charlie Hebdo

Veillée Charlie hebdo
Veillée Charlie hebdo

Fleurs au commissariat, mobilisation sur twitter: les hommages se multiplient en France à la mémoire d’Ahmed Merabet, un policier d’origine algérienne décrit comme « bon et juste » par ses amis et froidement abattu mercredi lors de l’attaque contre Charlie Hebdo.

Au commissariat du centre de Paris où Ahmed Merabet travaillait, des passants déposaient vendredi des fleurs dans les vases de fortune installés sur le perron. Une femme se signe et s’arrête un instant. Un homme laisse un message dans le registre de condoléances.

« C’était le minimum que je pouvais faire », explique Bertrand, venu déposer une rose blanche en mémoire du policier, froidement abattu d’une balle en pleine tête alors qu’il se trouvait blessé à terre sur un boulevard emprunté par les tueurs de Charlie Hebdo dans leur fuite.

Une seconde fleur, qu’il tient à la main, sera pour les locaux de Charlie dont l’attaque meurtrière a fait douze morts mercredi.

« Liberté », « toute notre compassion »… Dans le livre de condoléances, les messages traduisent l’émotion des anonymes face au « courage exceptionnel » de cet homme, né en 1974 dans une famille d’origine algérienne, et tué par deux hommes qui se sont targués de « venger le Prophète ».

« C’est la preuve par le tragique que les musulmans ne sont pas épargnés et qu’il n’y a pas de Cinquième colonne », estime le blogueur musulman orthodoxe Fateh Kimouche.

Beaucoup dans la communauté musulmane de France redoutent d’être amalgamés avec les extrémistes après la tuerie de mercredi, alors même que plusieurs victimes étaient originaires du Maghreb: outre Ahmed Merabet, le correcteur de Charlie Hebdo, Mustapha Ourrad, a également été abattu.

Sur twitter, le mot-dièse #JeSuisAhmed est rapidement apparu, dans le sillage de #JeSuisCharlie. Les messages associés à ce hashtag témoignent de l’indignation des internautes: « L’Islam est une religion de paix et le terrorisme n’a pas de religion », martèle l’un. « Lâchement assassiné par les terroristes. Un héros musulman qui, espérons, ne sera pas oublié », écrit l’autre.

« On a perdu un pote »

Le quotidien populaire britannique Daily Star avait même choisi de mettre le visage souriant d’Ahmed Merabet en Une vendredi, sous le titre « Le héros policier musulman exécuté par les frères terroristes ».

« Le vrai musulman, c’est celui qui sous l’uniforme cherchait à protéger ses concitoyens », martèle Pascal Popelin, député de la banlieue populaire de Paris, qui avait eu l’occasion de rencontrer Ahmed Merabet en 2006.

« J’avais été frappé par ce jeune homme extrêmement motivé et passionné, vraiment désireux de devenir policier et de servir son pays », ajoute-t-il.

Ahmed Merabet venait de passer son habilitation pour être officier de police judiciaire. Il avait débuté en banlieue parisienne et y habitait encore.

A Livry-Gargan, où il résidait, les proches ont défilé jeudi soir devant l’entrée du pavillon familial où une tente blanche avait été installée. Des bougies apparaissaient aux rebords des fenêtres des maisons voisines et illuminaient la rue entière.

« On a perdu un pote, le mec avec qui on a grandi », a déclaré l’un de ses amis. « Il était Français avant tout et c’est ça le plus important. Ahmed était bon et juste, il est mort en faisant son travail. On ne comprend toujours pas comment c’est possible ».

Décrit dans les médias comme « volontaire », « discret » ou « consciencieux », Ahmed Merabet « avait grandi ici. Sa famille est là depuis très longtemps, tout le monde est très choqué », selon Pierre-Yves Martin, le maire de la ville.

Amis et anonymes se disent aussi bouleversés par la circulation sur internet de la vidéo de la mort du policier. « C’est indécent de montrer ça », estime l’un de ses proches.

A Livry-Gargan, le maire souhaite organiser dimanche un rassemblement en son honneur.

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