Plus d’un quart des familles en Israël souffrent d’insécurité alimentaire – rapport
Selon Latet, 2,8 millions d'Israéliens dont 1,3 millions d'enfants ont du mal à se nourrir correctement, la guerre et la hausse du coût de la vie réduisant le revenu des ménages
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Plus d’un quart des familles israéliennes, dont un enfant sur trois, ont du mal à se procurer suffisamment de nourriture, dans un contexte de difficultés économiques aggravées par la guerre menée depuis deux ans par le pays contre le groupe terroriste du Hamas et sur fond de hausse constante du coût de la vie, a rapporté une enquête qui a été publiée lundi à la veille de Rosh HaShana, le Nouvel An juif.
Menée en juillet par l’organisation à but non lucratif Latet, qui lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, cette enquête a révélé une hausse inquiétante du nombre d’Israéliens souffrant d’insécurité alimentaire au cours de l’année écoulée. Selon ses conclusions, quelque 2,8 millions de personnes, soit 32,1 % des Israéliens, dont 1,3 million d’enfants, vivent dans un état d’insécurité alimentaire, contre 24,9 % en 2024.
L’insécurité alimentaire se définit comme l’incapacité à assurer un approvisionnement constant en aliments contenant tous les éléments nutritionnels nécessaires à un développement et à une santé adéquats. L’insécurité alimentaire, même si elle peut conduire à la malnutrition, n’en est toutefois pas synonyme. Elle constitue l’une des principales causes de l’obésité et elle est étroitement liée aux maladies, ainsi qu’à une vulnérabilité accrue à des maladies comme la COVID-19.
« Près de deux ans après le pogrom du 7 octobre, la crise économique s’aggrave et les répercussions de la guerre se font sentir, avec un impact direct sur les revenus des ménages, ainsi que sur la capacité de nombreuses familles à subvenir à leurs besoins fondamentaux pour mener une existence digne », a déclaré Eran Weintrob, directeur exécutif de Latet.
« La forte croissance des taux d’insécurité alimentaire se reflète dans les données macroéconomiques, avec des conséquences qui s’étendent également aux classes moyennes inférieures, entraînant une augmentation spectaculaire des demandes auprès des organisations d’aide alimentaire. Or celles-ci ne sont pas en mesure de répondre à toutes les demandes : les dons ont diminué en raison du détournement des ressources philanthropiques vers les besoins liés à la guerre. »
Israël occupe la quatrième place dans le classement du coût de la vie dans les pays développés ayant les prix comparables les plus élevés révèle un accord établi par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le coût de la vie élevé dans le pays continue de nuire au bien-être et d’attiser les tensions sociales, alors que les Israéliens sont confrontés aux répercussions économiques d’une guerre qui dure depuis deux ans sur plusieurs fronts.
L’économie israélienne a connu une période de contraction au cours du trimestre d’avril à juin, avec un recul de 4 % du produit intérieur brut en raison de la guerre de 12 jours avec l’Iran en juin, un conflit qui a entraîné la fermeture de nombreuses entreprises et qui a porté atteinte aux dépenses de consommation, aux exportations et aux investissements.
Selon l’enquête, quelque 867 256 familles, soit 26,6 %, vivent dans l’insécurité alimentaire, contre 21,1 % en 2024. Cette hausse peut être attribuée à l’entrée de nouveaux ménages issus de la classe moyenne inférieure dans le cycle de l’insécurité alimentaire, une entrée en partie due aux dommages subis par les petites entreprises, dont certains patrons ont été appelés à servir dans l’armée dans le cadre de la guerre en cours.
« C’est un avertissement sérieux, qui nécessite une attention systémique, si l’on souhaite éviter un effondrement socio-économique des populations défavorisées en Israël », a mis en garde Weintrob.
Gilles Darmon, président de Latet, a pour sa part exhorté le gouvernement à apporter une réponse globale au problème de la sécurité alimentaire en créant une autorité nationale de lutte contre la pauvreté, condition indispensable à la reconstruction de la société israélienne.
Les travaux visant à élaborer un plan de sécurité alimentaire ont débuté il y a près de deux ans, à l’initiative du conseiller sur le climat du Conseil national de sécurité, Victor Weiss. La guerre à Gaza, qui a mis en évidence les limites de la dépendance croissante de l’État vis-à-vis des importations alimentaires ces dernières années, leur a donné un puissant coup d’accélérateur.
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