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Polémique après qu’Eisenkot a suggéré que le bloc d’opposition puisse s’allier aux partis arabes

Benny Gantz affirme qu'une telle alliance est "irréaliste post 7-Octobre" ; le Likud reproche à l'opposition de s’appuyer sur des "éléments" qui "sapent l'État d'Israël"

Gadi Eisenkot assistant à une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, à Jérusalem, le 9 décembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Gadi Eisenkot assistant à une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, à Jérusalem, le 9 décembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef du parti Yashar et ancien chef militaire, Gadi Eisenkot, a suscité samedi une vive réaction de la part du gouvernement et de certains membres de l’opposition pour avoir laissé entendre que les partis d’opposition sionistes pourraient s’appuyer sur la coopération des partis arabes pour former un gouvernement après les prochaines élections législatives.

Invité samedi soir à l’émission « Meet the Press » de la chaîne N12, Eisenkot a suggéré que les partis d’opposition sionistes – autrement dit, non arabes et non haredim – pourraient former un gouvernement même si le bloc ne remportait que 58 sièges lors des prochaines élections, soit deux de moins que la majorité requise de 60 sièges, comme le suggèrent régulièrement les sondages.

« Nous pouvons trouver une solution politique », a-t-il répondu concernant la possibilité que les partis n’obtiennent pas la majorité.

Interrogé pour savoir si cela signifiait que le bloc d’opposition sioniste pourrait dépendre du soutien des partis à majorité arabe Hadash-Taal et Raam pour former un gouvernement minoritaire, Eisenkot, ancien membre du parti HaMahane HaMamlahti de Benny Gantz, est resté évasif.

« Je ne sais pas s’ils soutiendraient une telle initiative », a prévenu Eisenkot, ajoutant qu’il « ne leur demanderait rien » et soulignant qu’il ne conclurait aucun accord avec les partis à majorité arabe en échange de leur soutien au gouvernement.

Bien que les sondages indiquent que ni les partis d’opposition ni les partis de la coalition actuelle ne devraient obtenir une majorité claire lors des prochaines élections, actuellement prévues pour octobre 2026, Eisenkot se montre optimiste quant à l’issue du scrutin.

Les chefs du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, de HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, de Yesh Atid, Yaïr Lapid, et d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, tenant une conférence de presse commune, à la Knesset, à Jérusalem, le 6 novembre 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Je pense que Netanyahu, après tout ce qu’il a fait, parvient toujours à former une coalition de 52 ou 53 sièges », a déclaré Eisenkot, faisant référence à un récent sondage montrant que le bloc du Premier ministre est loin derrière le bloc d’opposition sioniste.

« S’il croyait aux sondages diffusés sur la Quatorzième chaîne, il se serait déjà lancé dans la course électorale », a-t-il ajouté.

Ses déclarations suggérant que le bloc d’opposition sioniste pourrait dépendre du soutien des partis arabes ont rapidement suscité les critiques de Gantz, dont Eisenkot a quitté la faction plus tôt cette année pour former son propre parti.

« Mon ami, nous avons déjà vu ce film : celui où l’on tente de prêter serment dans un gouvernement minoritaire. Ce n’était pas réaliste à l’époque, et cela l’est encore moins après le 7-Octobre », a écrit Gantz sur le réseau social X, faisant vraisemblablement référence au gouvernement éphémère dirigé par l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef du parti Yesh Atid, Yaïr Lapid, entre 2021 et 2022, et qui comptait le parti islamiste Raam parmi sa faible majorité de 61 sièges.

Benny Gantz, le chef du parti Kakhol Lavan, présidant une réunion de faction de la Knesset, à Jérusalem, le 27 octobre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Raam, sous la direction de Mansour Abbas, avait été le premier parti arabe indépendant à rejoindre un gouvernement de coalition en Israël.

« Ce dont Israël a besoin, comme je l’ai dit, c’est d’un large gouvernement sioniste composé de 70 membres de la Knesset, et non d’un gouvernement intérimaire qui s’appuie sur les partis arabes », a poursuivi Gantz, dont le parti avait siégé aux côtés de Raam au sein du gouvernement Bennett.

Selon lui, s’appuyer à nouveau sur les partis arabes entraînerait la montée en puissance du parti d’extrême droite Otzma Yehudit et « nous imposerait [Itamar] Ben Gvir avec vingt sièges ».

L’indignation s’est également manifestée de l’autre côté de l’échiquier politique, où le chef du parti HaTzionout HaDatit et ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a suggéré qu’Eisenkot pourrait être « avide de pouvoir ».

« Nous avons déjà vu ce film dangereux, de la part de la gauche et de certaines personnes avides de pouvoir, et nous en avons vu les résultats », a-t-il averti.

« L’État d’Israël ne peut pas former un gouvernement soutenu par des partisans du terrorisme qui ne sont pas prêts à condamner le Hamas et [le groupe terroriste sunnite] État islamique. »

Abbas a reconnu et condamné à plusieurs reprises les attaques visant des civils lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 qui a déclenché la guerre à Gaza.

« Nous avons déjà empêché la légitimation des Frères musulmans au sein du gouvernement, et nous l’empêcherons à nouveau à l’avenir », a ajouté Smotrich.

Des membres du parti Raam lors de l’annonce des résultats des élections législatives, au siège de campagne, à Tamra, le 1ᵉʳ Novembre 2022. (Crédit : Flash90)

Raam est la branche politique du Mouvement islamique du Sud, groupe inspiré par l’organisation islamiste mondiale des Frères musulmans, qui a été interdite dans une dizaine de pays pour ses liens présumés avec le terrorisme.

Le parti nie toutefois faire partie des Frères musulmans et a récemment annoncé qu’il s’orientait vers un statut de « parti entièrement civique », indépendant de toute organisation religieuse.

Le Likud, le parti de Netanyahu, a également répondu à Eisenkot, qualifiant cette éventuelle future collaboration de « dangereuse alliance ».

« Eisenkot a révélé ce soir le véritable plan de l’opposition : s’appuyer sur les Frères musulmans et les partis arabes antisionistes pour former le prochain gouvernement », a déclaré le Likud dans un communiqué.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans la salle plénière de la Knesset, le 8 décembre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

« Qu’ils soient membres du gouvernement ou qu’ils le soutiennent de l’extérieur, un tel gouvernement serait à nouveau dépendant des Frères musulmans », poursuit le communiqué.

« L’opposition revient à son schéma habituel dangereux : une alliance politique avec des éléments qui sapent les fondements de l’État d’Israël. Il semble que l’opposition n’ait pas tiré les leçons du 7-Octobre. »

Eisenkot a répondu sur le même ton, publiant un long message sur X dans lequel il accuse Netanyahu d’avoir soutenu la solution à deux États avant de s’y opposer, d’avoir favorisé le régime du Hamas à Gaza, d’avoir tenté de recruter des députés arabes pour faire adopter le projet de loi de son gouvernement visant à exempter les ultra-orthodoxes du service militaire, d’avoir courtisé les partis arabes en vue d’un éventuel gouvernement conjoint lors des précédentes élections, d’avoir divisé Israël et ainsi permis les échecs du 7-Octobre, et d’avoir fui la vérité.

« Il n’y a pas de plan secret, il y a un plan clair qui garantira l’avenir d’Israël en tant que pays juif et démocratique, sûr et prospère », a-t-il déclaré, accusant le gouvernement actuel « d’avoir causé une série de désastres à la nation israélienne ».

« La seule alliance qui importera au prochain gouvernement sera celle des amoureux de l’État, de ceux qui le servent, des vrais patriotes. On comprend bien pourquoi cela leur semble si dangereux ! Nous allons également régler ce problème », a-t-il promis.

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