Pour l’ancien négociateur des otages, Israël aurait pu libérer tous les captifs du 7-Octobre un an plus tôt
Pour Nitzan Alon, des "considérations politiques et personnelles" ont empêché la signature d’un accord sur les otages, et Israël "aurait pu et dû raccourcir la guerre"
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L’ancien responsable gouvernemental chargé des négociations sur les otages qui étaient détenus dans les geôles du Hamas à Gaza, le général de division à la retraite Nitzan Alon a déclaré, vendredi, qu’Israël aurait pu obtenir la libération de tous les captifs restants un an avant leur remise en liberté, à la fin de l’année 2025, ajoutant que des « considérations d’ordre politique et personnel » s’y sont opposées, retardant la conclusion d’un accord de cessez-le-feu.
Alon, qui avait occupé le poste de responsable des négociations sur les otages au sein de l’armée israélienne après le pogrom commis par le groupe terroriste au pouvoir à Gaza dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023 – les hommes armés avaient kidnappé 251 personnes, qu’ils avaient emmené dans la bande – a accusé le gouvernement d’avoir retardé ou empêché la libération des otages à plusieurs reprises au cours des douze derniers mois. Il s’est souvent ouvertement querellé avec des ministres au sujet des responsabilités à assumer suite à la mort d’otages en captivité et de la prolongation de la guerre à Gaza.
Il a tenu ces derniers propos lors d’une conférence qui était organisée par le Washington Institute for Near East Policy. Il a affirmé, lors de cette conférence, qu’Israël aurait pu obtenir la libération de tous les otages un an avant l’accord final qui avait été conclu au mois d’octobre 2025 « sans que cela n’ait aucune incidence sur l’issue de la guerre ».
« Nous aurions pu sauver les otages qui ont ainsi trouvé la mort, et nous avons laissé passer cette occasion », a regretté Alon lors de cette conférence virtuelle. « Si on procède à l’examen de ce que nous avons accompli après deux années de combats intenses, on constate que nous aurions pu obtenir pratiquement les mêmes résultats stratégiques bien plus tôt. »
« Nous aurions peut-être pu sauver les otages qui ont été tués pendant leur captivité, et nous avons laissé passer cette occasion », a affirmé Alon, soulignant qu’à ses yeux, « la guerre a duré trop longtemps ».
« Je suppose que le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ainsi que d’autres responsables politiques et des citoyens, ont examiné la situation d’un point de vue stratégique, tout en tenant compte de considérations politiques et personnelles », a-t-il poursuivi. « Tous ces facteurs entrent en ligne de compte. »
« Je suis presque certain que nous aurions pu et que nous aurions dû raccourcir la guerre, que nous aurions dû ramener tous les otages chez eux peut-être un an plus tôt et passer à autre chose, et peut-être aussi sauver des milliers de vies des deux côtés du conflit », a-t-il déclaré.
« Israël a besoin d’une direction qui voie la réalité telle qu’elle est et qui offre un véritable espoir, pas des illusions », a-t-il expliqué, lançant une nouvelle pique à Netanyahu et à son gouvernement. « Pas un leadership qui s’appuie sur des slogans tels que la ‘victoire totale’, mais un leadership qui propose un plan réaliste et équilibré pour relever les défis sécuritaires et économiques du pays ».
Alon, ancien chef du Commandement central, avait été l’interlocuteur privilégié de l’armée israélienne pour les négociations relatives aux otages après avoir été nommé à cette fonction par Herzi Halevi, qui était alors le chef d’état-major de Tsahal, à la tête du Quartier général chargé des otages et des portés-disparus. Il avait quitté ce poste au mois de novembre 2025 et il a depuis fait régulièrement la Une des journaux pour avoir accusé le gouvernement de prolonger la guerre et la période de captivité des otages, entrant souvent en conflit public avec des responsables du gouvernement sur cette question.
Le mois dernier, après que le ministre des Finances Bezalel Smotrich s’est attribué le mérite du retour de tous les otages qui étaient détenus par des groupes terroristes dans la bande de Gaza, Alon a déclaré que Smotrich, « qui s’est opposé à certains accords à différentes étapes », ne pouvait pas revendiquer la responsabilité de leur retour sur le sol israélien et qu’il était au contraire responsable de la mort de certains d’entre eux en captivité.
Tout au long de ces deux années de guerre à Gaza, Smotrich s’est systématiquement opposé à diverses propositions d’accords sur les otages – ou il ne leur a accordé qu’un soutien conditionnel, arguant que la poursuite de l’offensive militaire et le renversement du Hamas étaient plus importants.
Au total, sur les 251 otages qui avaient été enlevés par le Hamas et par d’autres groupes terroristes lors du massacre du 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, 166 ont été libérés encore en vie et 85 dépouilles de captifs ont été rapatriées.
Parmi les défunts, 44 étaient déjà morts au moment de leur enlèvement, et 41 avaient été enlevés vivants avant d’être tués en captivité. Dans de nombreux cas, ils avaient été assassinés par leurs ravisseurs, et dans d’autres, l’armée a confirmé que ses propres actions, notamment des frappes aériennes, leur avaient été fatales.
En vertu de l’accord de cessez-le-feu qui a été signé au mois d’octobre – qui a ouvert la porte au retour de tous les otages restants – Tsahal a conservé le contrôle de vastes parties de Gaza, créant ainsi une zone tampon entre Israël et la partie de la bande de Gaza où le Hamas a repris le pouvoir.
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