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Pour le réalisateur Josh Safdie, « Marty Supreme » et Timothée Chalamet ne font qu’un

"C'est un film sur le sacrifice et la poursuite d'un rêve. C'est quelque chose auquel je m'identifie profondément," a déclaré l'acteur juif

Investi dans une campagne de promotion délirante et inédite, Timothée Chalamet est l’incarnation parfaite de « Marty Supreme », ce joueur de ping-pong des années 1950 dévoré par ses rêves de grandeur, raconte Josh Safdie, réalisateur du film éponyme.

Comment faire d’un film autour d’une histoire de tennis de table l’évènement cinéma de la fin d’année aux Etats-Unis ?

En embauchant l’acteur de 29 ans, taillé pour le rôle-titre selon Josh Safdie, et dont l’engagement absolu dans le projet suscite autant de fascination que d’agacement.

Dès sa première rencontre avec Timothée Chalamet, le cinéaste américain perçoit « une énergie différente ». « Il ne tenait pas en place », se remémore-t-il lors d’un entretien avec la presse. « Il était vraiment intense ».

« Il avait cette idée de lui-même, il était ‘Timmy Supreme' », détaille le réalisateur, admiratif de la confiance absolue de l’acteur dans son talent et de sa fusion avec le personnage.

Avant la sortie du film, prévue jeudi aux Etats-Unis et le 18 février en France, Timothée Chalamet a multiplié les happenings entouré de mystérieux personnages à la tête en forme balle de ping pong orange et fait d’une veste rétro siglée « Marty Supreme » un accessoire mode qui s’arrache.

L’acteur, qui est également producteur du film, a endossé pour « Marty Supreme » un rôle de promoteur et influenceur comme jamais vu à Hollywood, assumant une ambition décomplexée dans sa quête de l’Oscar. Quitte à brouiller les lignes entre la réalité et la quête sans limites de son personnage, dans une opération de communication bien rodée.

« C’est un film sur le sacrifice et la poursuite d’un rêve. C’est quelque chose auquel je m’identifie profondément. Nous vivons une époque sombre, surtout pour les jeunes, et ce film est une tentative d’y apporter un antidote et un appel à rêver grand », a-t-il lâché avec aplomb dans l’émission de Jimmy Fallon.

« Plus qu’un acteur »

« Marty Supreme », librement inspiré de la vie de Marty Reisman, un champion de tennis de table américain des années 1950, raconte l’ambition d’un homme convaincu de pouvoir atteindre la gloire et la richesse grâce à ce sport, méconnu aux Etats-Unis.

« Marty a un but, il a un rêve (…) il est au service de cette chose, de faire du ping pong un sport majeur, c’est ce qui le rend génial », explique Josh Safdie. Quitte à parfois se fourvoyer dans une voie sans issue.

« Filmer un sport qui n’a jamais vraiment été porté à l’écran » a représenté un défi de taille, confie le réalisateur. Chalamet « s’est impliqué très tôt » dans le film, rembobine-t-il, « avant même l’existence du scénario » il y a six ans.

« Il a aidé à développer le projet, il nous aidait dans nos rendez-vous avec les studios », ajoute le réalisateur, qui l’a régulièrement consulté tout au long de l’écriture du film.

« Il a été un collaborateur, bien plus qu’un simple acteur », soutient le cinéaste qui jusqu’ici réalisait ses films avec son frère Benny, lui aussi parti mener une carrière en solo – il a réalisé « The Smashing Machine », sorti en octobre, sur une star de MMA.

Matchs chorégraphiés

Chalamet, superstar de « Dune » et récemment interprète de Bob Dylan dans « Un parfait inconnu », est un acteur « très drôle et très physique à la fois », « c’est un danseur », souligne Josh Safdie.

Le comédien s’est sérieusement entraîné au ping-pong pour le rôle et les scènes de matchs atteignent des sommets de tension et d’intensité inattendus pour un tel sport.

« Cela a impliqué beaucoup de chorégraphie », explique le réalisateur, qui confesse avoir eu quelques sueurs froides en préparant le tournage.

Josh Safdie a avalé des heures de vidéos de matchs des années 1940 à 1970, décortiquant par le menu chacun des points qui l’intéressaient.

Ensuite, se souvient-il, « on jouait ces points » lors de prises interminables, avec ou sans la balle, répétant une chorégraphie qui se jouait « à la microseconde ».

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