Pour l’envoyé américain Mike Huckabee, la Cité de David est un lieu où rencontrer Dieu
L'ambassadeur évoque le site archéologique et explique que sans Jérusalem, "l'Amérique n'existerait pas - des propos tenus lors de la présentation du livre "When the Stones Speak" à la Bibliothèque nationale d'Israël
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Selon l’ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l’Histoire des États-Unis est liée à Jérusalem.
« Beaucoup d’Américains n’y pensent jamais – mais si Dieu n’avait pas appelé Abraham dans cette ville, si la foi juive ne s’était pas établie ici, avec le Temple, s’il n’y avait pas eu cette réalité de la création divine d’un peuple, d’un lieu, d’un dessein, si tout cela n’était pas arrivé, il n’y aurait pas eu de civilisation occidentale et sans civilisation occidentale, il n’y aurait pas eu d’Amérique », a dit Huckabee dans la soirée de lundi.
« La Cité de David est une validation par l’Histoire de tout ce qui relève de la foi idéologique et théologique », a-t-il ajouté.
L’ambassadeur s’est exprimé lors d’un événement organisé à l’occasion du lancement du livre de Doron Spielman, « When the Stones Speak: The Remarkable Discovery of the City of David and What Israel’s Enemies Don’t Want You To Know. » L’auteur a été vice-président de la Fondation de la Cité de David – elle s’appelle également Ir David ou Elad en hébreu – pendant plus de vingt ans. Il a quitté son poste au mois de juin 2023.
La soirée, intitulée « Le destin de la civilisation occidentale se décidera-t-il dans la Cité de David ? », a attiré des centaines de personnes – un public qui a souvent applaudi Huckabee et Spielman alors que les deux hommes discutaient du rôle spirituel et politique de ce site, qui est au centre de controverses depuis longtemps. La conversation a été animée par Eylon Levy, ancien porte-parole du gouvernement et personnalité prisée par les médias.
La controverse suscitée par la Cité de David porte en grande partie sur son emplacement – elle se situe à quelques dizaines de mètres seulement du mont du Temple où se dresse la mosquée Al-Aqsa, dans le quartier majoritairement palestinien de Silwan, à Jérusalem-Est. Selon la loi israélienne, la zone fait partie de l’État juif – mais elle est considérée comme occupée au regard du droit international.
De surcroît, la Fondation de la Cité de David, qui administre le parc national et qui finance la majorité des travaux archéologiques — des travaux qui sont menés par des instances professionnelles, avec à leur tête l’Autorité israélienne des antiquités – encourage les initiatives qui visent à déplacer les habitants juifs vers les quartiers arabes. Ce qui, selon les critiques, a pour objectif de « judéïser » la ville sainte au détriment de sa population palestinienne.
Parallèlement, le site, qui avait été fouillé pour la première fois au 19e siècle par des archéologues britanniques, a offert, le temps passant, des découvertes archéologiques incroyables, avec notamment des inscriptions qui portaient le nom de personnages bibliques et des vestiges de structures datant des débuts de Jérusalem, à l’âge de Fer I (entre l’an 1200 et l’an 1000 avant l’ère commune).
Il y a deux décennies à peu près, les archéologues ont commencé à trouver ce qui est aujourd’hui considéré comme l’un des vestiges les plus impressionnants du site : la dite « route des pèlerins » qui, selon les chercheurs, était empruntée par les pèlerins qui se rendaient à Jérusalem et au Temple, en particulier pour les fêtes juives, à la fin de la période du Second Temple (au premier siècle de l’ère commune).
Dans son livre, Spielman se souvient qu’un jour du mois de février 2005, il avait rampé dans un tunnel étroit dont l’entrée venait d’être découverte lors de fouilles – se frayant un chemin, aux côtés de deux autres employés de la Cité de David et d’un donateur venu visiter les lieux, dans un espace sombre, envahi d’eau boueuse.
« J’étais terrifié mais tout de suite après, nous avons aperçu les marches de la route et c’était incroyable », a expliqué Spielman. « En rampant, nous avons trouvé des pots dont le bord était recouvert d’une substance qui rappelait de la craie. Plus tard, les scientifiques nous ont confirmé que c’était de la nourriture, les derniers Juifs de Jérusalem étant morts à cet endroit alors qu’ils se cachaient des Romains ».
Des années après sa découverte, en 2019, l’existence de cette « route des pèlerins » a été révélée au grand public. Elle a été inaugurée au début de l’année 2025, en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio et de Huckabee lui-même.
« Sachant, en tant que chrétien, que Jésus a emprunté cette route puisqu’il était Juif et qu’il se rendait au Temple, avec cette certitude que je peux maintenant, 2000 ans plus tard, emprunter ce même chemin, je ne peux m’empêcher de sentir complètement bouleversé, émotionnellement et spirituellement », a indiqué Huckabee. « Nous empruntons aujourd’hui le même chemin qu’eux. Et ce n’est pas seulement un chemin qui mène à d’anciennes pierres… C’est un chemin qui mène à Dieu, ce qui était vraiment l’objectif du Temple ».
Huckabee a insisté sur le fait que la redécouverte de la Cité de David, à cette période particulière de l’Histoire, n’était pas un hasard.
« Pensez au fait qu’elle est restée cachée pendant 2000 ans, sous la terre ; pensez au fait que des gens vivaient leur vie au-dessus, que des rues, des routes et des maisons ont été construites par dessus sans que personne ne comprenne qu’en dessous se trouvait peut-être la plus grande découverte archéologique de l’Histoire », a-t-il dit.
« Nous devions la découvrir aujourd’hui, à une époque où il y a tellement de scepticisme, tellement d’antisémitisme, tellement d’animosité à l’encontre de la Bible et de ceux qui la suivent. Avec cette découverte, il ne s’agit plus de savoir qui croit quoi ; il n’y a pas de débat, c’est une réalité ».
La soirée a également été l’occasion de discuter de certaines questions politiques contemporaines.
Interrogé sur la possibilité que le soutien à Israël disparaisse des priorités bipartisanes aux États-Unis, Huckabee a reconnu qu’il y avait eu des problèmes à gauche comme à droite de l’échiquier politique, mais il s’est montré optimiste.
« Je pense qu’en examinant certains discours – pas seulement à gauche, mais aussi, pour être tout à fait franc, à droite – je pense que certaines paroles ont eu un certain effet, mais je ne suis pas paniqué par le fait que des personnes issues de toutes les franges de l’Humanité tiennent des propos désobligeants sur la foi en général, sur les Juifs en particulier ou sur la terre d’Israël. Je paniquerais si les juifs ou les chrétiens perdaient espoir et confiance en leurs sentiments ».
« Il faut comprendre que nous nous ne sommes pas dans un esprit de défaite », a-t-il souligné. « Nous sommes dans un esprit de victoire. L’Histoire est de notre côté. La vérité est de notre côté ».
« Oh, wow, vous aussi, vous êtes autochtone »
Au cours de la soirée, Spielman a évoqué les réactions négatives à l’égard de la Cité de David – en particulier de la part des médias internationaux. Il a estimé qu’elles s’apparentaient à une tentative de nier les liens qui unissent les Juifs et Jérusalem, notamment à la lumière de la résolution de l’UNESCO de 2016 qui était consacrée à la ville sainte et qui ne mentionnait pas ses racines juives, ni ses sites antiques, se concentrant uniquement sur les sites musulmans et chrétiens.
S’exprimant auprès du Times of Israel à la fin de l’événement, Spielman a confié qu’il ne pensait pas que les résidents palestiniens pâtissaient de la présence de Cité de David.
« Les gens qui vivent là-bas vivaient auparavant dans des zones très dangereuses, qui était négligées, où les touristes ne s’aventuraient pas ; des secteurs où il y avait des guerres entre les différents clans, des conflits qui continuent dans une certaine mesure, et où il n’y avait pas de marché de l’emploi », a-t-il dit. « Je ne pense pas que le fait que des Juifs vivent à côté d’Arabes leur rende la vie plus difficile. Je pense, au contraire, que cela a considérablement amélioré leur vie. Les routes ont été améliorées et des dizaines de personnes travaillent désormais au sein de la Cité de David ».
« Tout le monde n’apprécie pas notre présence ici », a-t-il ajouté. « Les personnes qui ne croient pas pouvoir vivre à côté de Juifs n’apprécient pas cet état de fait et les Juifs qui pensent ne pas pouvoir vivre à côté d’Arabes ne l’apprécient pas non plus – mais ce que je peux vous dire, c’est qu’il s’agit d’une minorité de la population ».
Lors des fouilles qui avaient été effectuées sur « la route des pèlerins », de nombreux habitants s’étaient plaints que leurs maisons, construites au-dessus du site, avaient été endommagées ou risquaient de s’effondrer en raison des travaux.
« Chaque plainte a été examinée par la Cour suprême, qui a rendu une décision très claire, affirmant que ces fouilles n’endommageaient nullement les maisons qui étaient situées au-dessus », a déclaré Spielman. « Si un tremblement de terre devant se produire à Jérusalem, les seules habitations qui resteraient debout sont celles qui se trouvent au-dessus des sites de fouilles. Pour quelle raison ? Parce que nous avons construit des poutres en acier pour les soutenir, alors qu’auparavant, elles n’avaient pas de fondations ».
Spielman a souligné que les archéologues qui travaillent à la Cité de David respectent les normes scientifiques les plus strictes.
« Je ne pourrais jamais être archéologue parce qu’ils sont tenus de travailler dans un environnement qui est excessivement stérile ; je deviendrais fou en une minute », s’est-il exclamé. « J’ai le privilège de pouvoir voir ce qu’ils trouvent et de m’en réjouir ».
Mais comment faire en sorte que ce message portant sur une Cité de la ville qui prouverait l’historicité de la Bible et qui renforcerait la foi trouve un écho auprès du public non-religieux ?… A cette question, Spielman a répondu qu’il était déterminant de mettre également l’accent sur le caractère autochtone juif en Terre d’Israël.
« Ce lien ancestral avec la Terre se fonde sur des preuves et il transcende les arguments. Quand les Juifs commencent à parler d’ascendance et d’indigénéité, la majorité des personnes rationnelles réagissent en disant : « Oh, wow, vous aussi, vous êtes des autochtones’, » a-t-il indiqué.
« L’argument de la foi est un argument puissant qui dépasse la compréhension de la plupart des gens », a-t-il ajouté.
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