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Projet terroriste « mortifère et antisémite » en France : 2 frères présentés à un juge – PNAT

Les frères, de nationalité italienne et marocaine, ont été interpellés mardi à l'aube alors qu'ils se trouvaient à bord d'une voiture stationnée près de la prison de Longuenesse

Illustration : Un policier tenant une paire de menottes. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
Illustration : Un policier tenant une paire de menottes. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Ne pouvant pas partir en Syrie ou en Palestine, ils ont déclaré « aspirer au martyre » en France. Deux frères soupçonnés d’avoir nourri un projet « mortifère et antisémite » sont présentés dimanche à un juge antiterroriste en vue de leur mise en examen.

L’aîné, Elyasse H., âgé de 22 ans, est étudiant en école d’ingénieurs. Le cadet, Moad H., âgé de 20 ans, est sans emploi.

Tous deux sont de nationalité italienne et marocaine. Ils ont été arrêtés mardi à l’aube dans une voiture stationnée près de la prison de Longuenesse, dans le Pas-de-Calais, a indiqué le Parquet national antiterroriste (PNAT) dans un communiqué.

À bord, les policiers du commissariat de Saint-Omer ont découvert une arme semi-automatique chargée de munitions de 9 mm, une bouteille d’acide chlorhydrique, de l’aluminium (des produits pouvant servir à la fabrication d’engins explosifs) et un drapeau du groupe terroriste sunnite État islamique (EI).

Le PNAT s’est saisi de l’affaire et a découvert que ces deux frères, arrivés en France avec leurs parents en 2017 après avoir passé plusieurs années en Italie, avaient consulté, depuis plusieurs mois, une « abondante propagande djihadiste ».

En garde à vue, les deux frères ont reconnu « nourrir, depuis quelques semaines, face au constat de l’impossibilité de partir mener le djihad au Sham [en Syrie, NDLR] ou en Palestine, un projet terroriste en France pour lequel ils aspiraient au martyre », a précisé le PNAT.

« L’exploitation des supports numériques saisis ainsi que les déclarations de leur entourage familial traduisent une radicalisation des deux frères depuis deux ans », a-t-il poursuivi.

Quelques jours avant leur interpellation, « leur engagement djihadiste et [les] démarches entreprises dans le cadre d’un projet terroriste dont le caractère mortifère et antisémite apparaît établi » ont connu « une nette intensification », a souligné le ministère public.

Au point de laisser présager un passage à l’acte violent imminent, après des échanges avec différents interlocuteurs sur des messageries cryptées dans les jours et semaines précédant leurs interpellations, visant notamment à se procurer des armes de poing ou des fusils d’assaut », a détaillé le PNAT.

Une vidéo d’allégeance à l’État islamique réalisée par Moad H. le 7 mars a également été découverte. Il apparaît « en contact avec plusieurs personnes radicalisées, mises en examen ou condamnées pour une infraction terroriste », a noté le parquet.

Sur d’autres photos et vidéos, ils se mettent en scène en utilisant des armes à feu ou en exhibant un couteau, en tenue de combattant, l’index levé vers le ciel devant le drapeau de l’État islamique », a ajouté le PNAT.

Ces éléments ont conduit à l’ouverture, dimanche, d’une information judiciaire pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, ainsi que pour acquisition et port d’armes. Le parquet a demandé la mise en examen d’Elyasse et de Moad H., ainsi que leur placement en détention provisoire.

« À ce jour, les nombreuses zones d’ombre de ce dossier ne permettent pas de déterminer la véritable pensée des mis en examen », a réagi auprès de l’AFP l’avocat de l’un des frères, Me Eliott Amzallag. L’avocate de l’autre, Me Émilie Quinton, n’a pas souhaité s’exprimer à ce stade.

Lors de la perquisition au domicile des deux frères, les policiers ont retrouvé plus de 7 000 euros en espèces. Avant d’être placée en garde à vue, leur mère aurait tenté de cacher une arme de calibre 8 mm et un ensemble de munitions (30 munitions de calibre 9 mm et 50 cartouches), selon le parquet. Cette mesure a été levée samedi, même si l’enquête se poursuit pour soustraction d’un objet ayant servi à commettre un crime.

À l’origine, les policiers de Saint-Omer avaient été appelés pour des survols de drone au-dessus de la prison de Longuenesse.

« Au cours de leurs auditions en garde à vue, les deux frères ont reconnu avoir véhiculé un individu mineur pour assurer une livraison par drone au centre pénitentiaire de Longuenesse, en échange d’une rémunération », a complété le PNAT.

Cinq personnes, dont le mineur et quatre détenus de Longuenesse, ont été placées en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur ces livraisons. Mais, en l’absence de « lien avéré » à ce stade avec le « projet terroriste », l’enquête se poursuit sous l’autorité du parquet de Saint-Omer.

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