Quand l’Iran prie les manifestants blessés de se rendre dans les hôpitaux truffés d’agents
Les forces de sécurité ont pourchassé et arrêté les protestataires jusque dans les hôpitaux et centres médicaux, ainsi qu'à leurs domiciles
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Le ministère iranien de la Santé a encouragé lundi les personnes blessées lors des récentes manifestations à se rendre à l’hôpital, où selon de nombreux témoignages et groupes de défense des droits humains ils s’exposent à des arrestations.
« Notre conseil (…) est que si vous souffrez d’une blessure, vous ne devez pas essayer de la soigner chez vous et ne devez pas être inquiets en vous rendant dans un centre médical », écrit le ministère dans un communiqué diffusé par la télévision d’Etat.
Dénonçant une répression sanglante des manifestations avec des tirs directs pour tuer les participants, des groupes de défense des droits humains ont aussi signalé que les forces de sécurité avaient pourchassé et arrêté les protestataires jusque dans les hôpitaux et centres médicaux, ainsi qu’à leurs domiciles.
« Certaines personnes blessées ont été arrêtées avant de recevoir des soins médicaux, d’autres pendant leur traitement, et certaines immédiatement à leur sortie d’hôpital, puis transférées vers des lieux inconnus », a affirmé vendredi le Centre pour les droits humains en Iran (CHRI), basé aux États-Unis.
Selon Amnesty International, un jeune homme de 18 ans, Amirhossein Ghaderzadeh, a été arrêté à son domicile par les forces de sécurité, qui lui ont demandé ainsi qu’à ses sœurs, dont l’une mineure, de se déshabiller, à la recherche de blessures.
Le jeune homme, blessé par des balles de plomb, a ensuite été arrêté, selon l’ONG.
Des Iraniens vivant à l’étranger, interrogés par l’AFP, rapportent que les manifestants blessés ont souvent trop peur de se rendre à l’hôpital en raison de la présence de la police et que les médecins soignent les blessés à domicile.
Un cliché partagé sur les réseaux sociaux – dont l’AFP n’a pas encore pu vérifier l’authenticité – montre trois femmes dans une maison, éclairées par la lampe torche d’un téléphone portable, retirant plus d’une vingtaine de plombs du dos d’une femme allongée.
Le fils de l’ancien chah d’Iran et figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, a rapporté dimanche des informations selon lesquelles des membres des services de sécurité se cachaient dans des hôpitaux pour arrêter les manifestants.
Il a appelé les Iraniens à « dresser des listes de noms de ceux qui empêchent les soins aux blessés » pour que « le moment venu, leurs crimes (…) puissent être jugés ».
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