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Liban: Quatre soldats de Tsahal blessés par un terroriste du Hezbollah

Un officier a été modérément touché et trois autres soldats légèrement après qu'un homme armé a lancé une grenade dans leur direction ; le chef du groupe terroriste a qualifié l’accord entre les États-Unis et l’Iran de "défaite pour Israël"

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats israéliens traversent la frontière à bord d'un char depuis le sud du Liban vers le nord d'Israël, le 18 juin 2026. (Crédit: AP/Ariel Schalit)
Des soldats israéliens traversent la frontière à bord d'un char depuis le sud du Liban vers le nord d'Israël, le 18 juin 2026. (Crédit: AP/Ariel Schalit)

Quatre soldats israéliens, dont deux officiers, ont été blessés jeudi dans la soirée lors d’un affrontement avec un terroriste du Hezbollah au Sud-Liban, a annoncé Tsahal dans la journée de vendredi, alors qu’Israël et le Liban s’apprêtaient à entamer une nouvelle journée de pourparlers directs à Washington.

Une annonce qui a été faite alors que le chef du groupe terroriste du Hezbollah a dit qu’Israël devait quitter le sud du Liban, affirmant qu’un accord entre les États-Unis et l’Iran signifierait une « défaite » pour l’État juif, et au moment où le gouvernement, semble-t-il, est divisé sur la manière de gérer la situation, certains appelant à la levée du cessez-le-feu actuel au mépris des États-Unis.

D’après une enquête qui a été réalisée par les militaires israéliens sur l’incident de jeudi – incident qui est survenu dans la région de Beit Yahoun, aux environs de 22 heures – un terroriste du Hezbollah qui se cachait dans un bâtiment a lancé une grenade en direction des soldats.

Un officier de combat a été modérément blessé lors de cet incident, tandis qu’un autre officier et deux soldats ont été légèrement touchés, selon Tsahal.

En l’espace de quelques minutes, les forces ont riposté, tuant l’homme armé.

L’armée israélienne a également frappé plusieurs sites du Hezbollah dans la région, procédant à des tirs d’artillerie et à des bombardements aériens, après cette attaque.

Par ailleurs, dans la matinée de vendredi, l’armée de l’air israélienne a frappé et tué sept hommes du Hezbollah dans le sud du Liban, après les avoir repérés à un moment où ils transportaient des armes aux abords de la zone tampon israélienne, a fait savoir Tsahal.

L’armée israélienne a précisé que les individus avaient été repérés par les soldats de l’unité de commandos Egoz, alors qu’ils se trouvaient à proximité du village de Manzleh. Ils transportaient des armements vers un bâtiment « utilisé comme poste de combat et d’observation » et ils se préparaient à lancer des attaques contre les soldats.

« Les agissements des terroristes à ce poste, ainsi que la présence d’armes à l’intérieur de ce dernier, constituaient une menace pour les soldats », ont commenté les militaires.

Les troupes ont également éliminé au moins six hommes armés du Hezbollah qui représentaient une menace pour les forces israéliennes stationnées dans le sud-Liban dans la journée de jeudi.

Ainsi, lors d’un incident qui est survenu jeudi à Zawtar al-Sharqiyah, des soldats de la brigade Golani ont repéré cinq terroristes du Hezbollah qui se trouvaient à proximité. Ultérieurement, dans les environs de la crête d’Ali Taher, des soldats de la brigade de commandos ont repéré un sniper du groupe chiite qui est soutenu par l’Iran.

À ces deux occasions, l’armée de l’air israélienne a procédé à des bombardements, tandis que les forces terrestres ont ouvert le feu sur les hommes armés, les tuant.

Tsahal a fait savoir qu’elle poursuivait ses opérations sur la crête d’Ali Taher – sous laquelle le Hezbollah dispose d’un vaste complexe souterrain où se sont retranchés une trentaine de terroristes du groupe.

Les militaires ont affirmé qu’ils « ne permettront pas aux terroristes du Hezbollah de sortir du réseau de tunnels souterrains ou de mener des opérations dans le secteur de la crête ».

Les médias libanais ont signalé, dans la journée de vendredi, qu’un drone israélien avait largué des tracts au-dessus de la ville de Mansouri, une ville située à proximité de Tyr, au sud-Liban. Les prospectus disaient : « Zone dangereuse ! Restez à l’écart ! Toute approche des forces de l’armée israélienne vous met en danger ».

Tsahal n’a pas confirmé cette information.

Le Hezbollah – qui est soutenu par l’Iran – avait entraîné le Liban dans la guerre lorsqu’il avait commencé à attaquer Israël en signe de soutien à la république islamique, au mois de mars, après que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes conjointes. Un protocole d’accord qui a été signé la semaine dernière par les États-Unis et l’Iran a suspendu le conflit qui oppose les deux belligérants pour une période de 60 jours – le temps que se tiennent les négociations en vue d’un cessez-le-feu définitif.

Ce protocole prévoyait la fin des combats au Liban – où Israël a établi une zone de sécurité qui vise à tenir le Hezbollah à l’écart de la frontière. Par ailleurs, Israël et le Hezbollah ont conclu leur propre accord négocié – qui a permis de réduire les combats – même si les hostilités se poursuivent quotidiennement. Les dirigeants israéliens ont dit qu’ils n’étaient pas liés par le protocole d’accord finalisé entre Téhéran et Washington, et ils ont promis que leurs forces resteraient déployées dans le sud du Liban jusqu’à ce que la menace du Hezbollah soit écartée.

Toutefois, sous les pressions des États-Unis, Israël a ordonné à l’armée israélienne de ne pas ouvrir le feu – même si cette dernière continue de riposter aux menaces pesant sur ses soldats.

Des fidèles chiites défilent devant des bâtiments détruits par les bombardements israéliens à Nabatieh, dans le sud du Liban, le 26 juin 2026, lors d’une cérémonie de deuil religieux au plus fort de l’Achoura, une période de dix jours commémorant le meurtre, au VIIe siècle, de l’imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet. (Crédit: Abbas Fakih / AFP)

Le chef du Hezbollah, Naim Qassem, a affirmé, dans la journée de vendredi, qu’Israël n’avait « pas d’autre choix » que de se retirer sans condition des zones libanaises qui sont actuellement occupées par Tsahal – tout en rejetant toute normalisation des relations entre les deux pays alors que des pourparlers directs se poursuivent entre Jérusalem et Beyrouth.

« Israël n’a d’autre choix que de se retirer complètement de chaque centimètre de notre territoire libanais… Israël doit partir sans condition », a-t-il dit lors d’un discours diffusé sur une chaîne de télévision devant des dizaines de milliers de partisans à l’occasion de l’Achoura, la journée de deuil commémorant la mort d’une figure majeure de l’islam chiite.

Au moment où des responsables libanais et israéliens étaient en train de mener des pourparlers directs à Washington en vue de la conclusion d’un accord, Qassem a affirmé que son groupe terroriste n’accepterait « ni normalisation, ni levée de l’état d’hostilité, ni gains pour Israël, ni présence partielle sur le sol libanais… Israël doit partir humilié et vaincu, et c’est ce qui va se passer ».

Qassem a ajouté que l’accord qui a été signé, la semaine dernière, entre les États-Unis et l’Iran constituait une déclaration de défaite pour Israël et pour l’Amérique – d’autant plus que cet accord avait également permis de réduire les combats entre son groupe terroriste et Israël.

« Ils voulaient une guerre de grande envergure… pour anéantir notre existence », a déclaré Qassem.

« Nous avons réussi à mettre fin à cette agression et à remporter une grande victoire… Nous avons anéanti le projet israélo-américain et nous sommes entrés dans une nouvelle phase », a-t-il poursuivi. L’Iran « a réussi à conclure ce protocole d’accord, qui constitue une déclaration officielle de la défaite des États-Unis et d’Israël ».

Le chef du Hezbollah, le cheikh Naim Qassem, apparaît sur un écran lors d’un sermon marquant le premier jour de l’Achoura, devant la tombe de l’ancien chef du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah (à gauche), à Beyrouth, au Liban, le 17 juin 2026. ( Crédit: AP/Hussein Malla)

Des responsables israéliens et libanais participent, depuis mardi, à une nouvelle série de pourparlers directs à Washington sans parvenir à un accord. Les parties ont convenu d’ajouter une session supplémentaire de négociations, avec une quatrième journée de dicussions qui est prévue vendredi.

Les ministres s’affrontent sur la politique au Liban

Jeudi dans la soirée, les ministres du gouvernement de Benjamin Netanyahu se sont opposés aux responsables de la sécurité au sujet de la politique à mener dans le sud du Liban, selon les médias israéliens.

Alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israel Katz ont tous les deux défendu les stratégies qui sont actuellement en vigueur et qu’ils ont insisté sur le fait que les soldats de Tsahal étaient autorisés à riposter à toutes les menaces, les ministres d’extrême droite se seraient montrés critiques, affirmant que les troupes avaient, d’une manière ou d’une autre, les mains liées, ont confié plusieurs sources.

« Que se passe-t-il en cas de menace émergente ? », a demandé le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, faisant référence aux informations qui ont laissé entendre que seules les menaces « immédiates » pouvaient déclencher une action militaire, et non pas celles classées comme « émergentes ».

« Si nous voyons le Hezbollah se réarmer, pourquoi ne le démantelons-nous pas ? », a-t-il interrogé.

« Des soldats sont blessés », a ajouté Ben Gvir. « C’est l’occasion de faire voler en éclats le cessez-le-feu. Nous pouvons viser des centaines de cibles et les bombarder ».

La ministre des Implantations et des Projets nationaux, Orit Strock, du parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit, a apporté son soutien à Ben Gvir, affirmant que les soldats avaient l’impression d’être des cibles faciles et que le Hezbollah se réarmait dans le sud du Liban.

« Nous réagissons à toutes les menaces immédiates qui pèsent sur les soldats sur le terrain », a rétorqué Netanyahu. « Nous ne limitons en rien l’action des soldats. Les Américains comprennent notre droit à l’auto-défense ».

« Tous les soldats ont le droit de réagir immédiatement », a renchéri Katz, selon les informations qui sont parues dans les médias. « Le cessez-le-feu présente des avantages et des inconvénients, mais nous ne mettons aucun soldat en danger ».

Le chef d’état-major, Eyal Zamir, est intervenu en déclarant aux ministres : « C’est vous qui avez voulu le cessez-le-feu ».

« C’est précisément pour cette raison que je ne voulais pas du cessez-le-feu », a répondu Ben Gvir du tac au tac.

Ben Gvir a clairement fait part de son positionnement lors de sa visite au marché Mahane Yehuda de Jérusalem, vendredi – le jour de la semaine où le marché est le plus fréquenté.

« Le cessez-le-feu ne peut pas durer », a-t-il expliqué. « Dès que les Libanais, c’est-à-dire le Hezbollah, tenteront de nuire à nos soldats, dès qu’ils se réarmeront, nous devrons mettre fin au cessez-le-feu ».

Par ailleurs, le président libanais Joseph Aoun a salué les efforts livrés par la France et par l’Italie en faveur de la mise en place d’une coalition multinationale qui sera destinée à succéder à la force de maintien de la paix de l’ONU, la FINUL, dans son pays. Le mandat de la FINUL expirera à la fin de l’année.

Dans un communiqué, Aoun a qualifié cette initiative « d’expression sincère de l’engagement international en faveur de la souveraineté et de la stabilité du Liban ».

Jeudi, le président français Emmanuel Macron a déclaré que la France et l’Italie « souhaitent lancer une coalition pour l’après-FINUL en coordination, bien sûr, avec l’Union européenne et avec les Nations unies, afin de renforcer la souveraineté du Liban et celle de ses forces armées » et afin d’empêcher que son territoire ne devienne « un point d’ancrage pour une escalade régionale ».

La force de maintien de la paix dans le sud du Liban, qui est composée d’environ 7 500 membres issus de près de 50 pays, est déployée depuis 1978, même si sa présence n’a guère empêché de nouvelles flambées de violence.

Israël soutient depuis longtemps que la force d’observation a échoué dans sa mission – n’ayant pas empêché le Hezbollah de renforcer ses effectifs près de la frontière israélienne au fil des décennies, et ayant complètement failli à la mise en œuvre d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU datant de 2006 qui exigeait le désarmement du Hezbollah et son retrait du Sud-Liban.

Au mois d’août dernier, le Conseil de sécurité, sous les pressions des États-Unis, avait décidé de mettre un terme définitif au mandat de la FINUL en date du 31 décembre 2026.

La France est l’un des principaux pays contributeurs de la FINUL.

Le président libanais Joseph Aoun s’exprimant lors d’une conférence de presse, à l’issue du sommet de l’Union européenne, à Nicosie, à Chypre, le 24 avril 2026. (Crédit : Petros Karadjias/AP)

Aoun a également souligné le souhait du Liban de voir se mettre en place « toute formule internationale susceptible de renforcer les capacités de ses forces armées, de préserver son intégrité territoriale et d’empêcher son territoire de devenir le théâtre d’une escalade ou de tensions régionales ».

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a fait savoir que des forces de maintien de la paix seront nécessaires au Liban après l’expiration du mandat de la mission actuelle, une suggestion qui risque de se heurter à l’opposition des États-Unis et d’Israël.

Au début du mois, il a proposé trois options allant de près de 2 000 à plus de 5 500 membres de l’ONU qui seraient chargés de surveiller le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah soutenu par l’Iran, et de soutenir les forces armées libanaises.

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