Rejetant les Ophir, Miki Zohar crée un prix alternatif « pour raconter notre histoire »
Le ministre de la Culture annonce une cérémonie officielle fin décembre, en réaction au prix de l’Académie israélienne du cinéma à "The Sea", sur un garçon palestinien
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Après avoir suspendu en septembre le financement des Ophir Awards, à la suite de l’attribution du prix du meilleur film à un long-métrage consacré à un garçon palestinien, le ministre de la Culture Miki Zohar a annoncé cette semaine l’organisation d’une cérémonie alternative de remise de prix le 30 décembre au Centre international des congrès de Jérusalem.
Le point fort de l’événement est une dotation d’un million de shekels destinée aux lauréats. Des prix de 100 000 shekels seront remis dans les principales catégories, notamment meilleur long métrage, meilleur documentaire, meilleur court-métrage ou film d’animation, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleure photographie et meilleur montage. Des prix seront également attribués aux meilleurs acteur et actrice, ainsi qu’un prix spécial pour l’ensemble d’une carrière.
Les finalistes dans les différentes catégories seront annoncés dans les prochains jours.
« Nous sommes fiers d’organiser pour la première fois cette nouvelle cérémonie nationale, conçue pour offrir à l’industrie cinématographique israélienne une scène centrale et une véritable reconnaissance de l’excellence », a déclaré Zohar.
Le processus de nomination reposait sur la proposition de films par le public, tandis qu’un panel professionnel composé d’experts du secteur a établi la liste finale.
Zohar a souligné l’importance qu’il accorde au renforcement de la créativité israélienne et à la mise en avant des voix « qui racontent notre histoire ».
« Il s’agit d’une nouvelle étape pour consolider l’industrie du cinéma et soutenir les œuvres qui expriment le mieux l’esprit israélien. Le cinéma revient au peuple. »
Zohar avait commencé à marginaliser les Ophir Awards après la dernière cérémonie, lorsque The Sea, un film de Shai Carmeli-Pollak, avait remporté le prix du meilleur long-métrage. Le film suit Khaled (Mohammed Gazaoui), un garçon palestinien qui se rend pour la première fois de sa vie à la mer à Tel Aviv dans le cadre d’une sortie scolaire.
À un poste de contrôle de Tsahal, des soldats refusent l’entrée à Khaled. Celui-ci se faufile alors en Israël et part seul vers la mer, tandis que son père (Khalifa Natour) tente de le retrouver, au risque d’être arrêté et de perdre son emploi.
À la suite de cette victoire, Zohar avait affirmé que le film présentait un point de vue palestinien et dépeignait les soldats de Tsahal et l’État d’Israël sous un jour négatif.
À l’époque, il avait indiqué que la nouvelle cérémonie servirait d’alternative officielle et parrainée par l’État aux Ophir Awards organisés par l’Académie israélienne du cinéma et de la télévision, laquelle, selon lui, « ne représente plus le public israélien ni la majorité des citoyens, mais sert de tribune à des voix extrêmes et délirantes situées en marge de la société israélienne, qui portent atteinte au tissu social ».
La nouvelle cérémonie est financée par le ministère de la Culture, tandis que les Ophir Awards restent organisés par l’Académie israélienne du cinéma.
Si le film couronné meilleur long-métrage aux Ophir Awards est chaque année sélectionné pour représenter Israël dans la course aux nominations aux Oscars, ce ne sera pas le cas pour les prix décernés par le ministère de la Culture.
Après l’annonce du retrait du financement public de l’Académie, une personnalité anonyme de haut rang du secteur de la high-tech israélienne a proposé d’apporter un soutien financier afin de permettre la poursuite des Ophir Awards, selon la chaîne publique Kan.
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