Royaume-Uni : des chants anti-sionistes entendus dans une colonie de vacances
L'incident, filmé lors d'une compétition de football organisée par un groupe pro-palestinien britannique, fait craindre des tentatives d'endoctrinement des jeunes
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L’alerte a été donnée par le journal britannique Jewish News, qui a passé au crible les séquences vidéo et photos diffusées sur Instagram par le Palestinian Youth Movement (NDLT : Mouvement de la jeunesse palestinienne) – PYM.
D’après un article datant du 3 août dernier, lors d’un séjour de quatre jours organisé dans le centre YHA Edale, dans la région du Peak District, une centaine de mineurs ont été filmés en train de scander des chants en arabe clamant notamment « Nous écraserons le sionisme » et appelant la jeunesse à se soulever pour une « révolution arabe ». Les vidéos publiées montrent une adulte qui encadre un groupe majoritairement féminin auquel elle fait répéter ces phrases.
Le média londonien évoque par ailleurs un autre événement survenu à North Kensington, dans l’ouest de la capitale britannique. Lors d’un tournoi sportif réunissant des écoles et des structures locales, des photos ont été prises de deux enfants, de dos, revêtus de maillots floqués des numéros 7 et 10, ce que le Jewish News estime être une allusion au pogrom du 7 octobre 2023. Un organisateur y apparaît également vêtu d’un t-shirt marqué du numéro 40 et de la formule « The future is decolonial » (« L’avenir passe par la décolonisation »).
Plusieurs personnes interrogées par la publication britannique ont fait part de leur vive inquiétude face à ce qu’ils qualifient de tentatives d’endoctrinement, redoutant que des activités sportives ou récréatives ne servent de paravent à la diffusion auprès d’un jeune public d’idées anti-sionistes radicales.
Un mouvement transnational sous surveillance
Pour contextualiser l’affaire, Jewish News s’appuie sur des recherches académiques issues du Journal of Palestine Studies et rappelle que le PYM, créé sous le nom de Palestinian Youth Network en 2006, s’est rebaptisé Palestinian Youth Movement en 2011 lors d’un rassemblement à Istanbul. L’organisation s’est depuis largement déployée dans le monde anglo-saxon, comptant plus d’une quinzaine d’antennes réparties entre l’Angleterre, le Canada et les États-Unis.
Sur son portail Internet, cité par le Jewish News, le collectif définit son action comme celle d’un « mouvement transnational, indépendant et populaire de jeunes Palestiniens » luttant contre ce qu’il qualifie de « colonisation et d’occupation sionistes ». Le groupe s’oppose au sionisme qu’il présente comme un système de domination responsable du sort des Palestiniens.
Le journal rappelle que les militants de cette organisation se sont déjà illustrés par des actions contre des figures politiques britanniques de premier plan, à l’image de Sir Keir Starmer et David Lammy.
Le Jewish News souligne également que des entités communautaires nord-américaines et israéliennes, ainsi que des observateurs comme l’ONG Monitor ou le ministère israélien des Affaires de la Diaspora, reprochent régulièrement au PYM de vouloir la « fin du sionisme ». Ces organismes mettent en outre en garde contre des proximités supposées entre le PYM et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).
Le quotidien note que lors de cette colonie de vacances dans le Peak District, les jeunes ont par ailleurs assisté à la projection du portrait de Ghassan Kanafani, ancien porte-parole du FPLP éliminé par le Mossad à Beyrouth en 1972 après l’attentat de l’aéroport de Lod, assorti d’une citation de l’auteur invitant les participants à l’action : « L’histoire ne se transforme pas d’un coup de baguette magique ».
Bilan du séjour et réaction de l’organisme d’accueil
Le 31 juillet dernier, le PYM a indiqué en ligne que ce rassemblement avait consisté en un cycle d’échanges politiques et historiques combiné à une randonnée et une soirée culturelle. Le mouvement y expliquait avoir abordé la situation régionale des deux dernières années afin de définir la place de la jeunesse de la diaspora dans la « libération nationale ».
Le Jewish News précise que les locaux YHA Edale relèvent de la Youth Hostels Association (YHA England and Wales), une structure caritative ayant perçu près d’un million de livres sterling de Sport England et 2,3 millions de livres de subventions publiqus.
À la suite des révélations du média, la Youth Hostels Association a annoncé l’ouverture d’une procédure de contrôle interne pour déterminer si le PYM a enfreint la charte d’utilisation des lieux.
Interrogé par le journal, le porte-parole de la YHA s’est désolidarisé de l’événement, indiquant que « les opinions ou activités des organisations de droit privé qui utilisent nos installations ne reflètent ni les valeurs ni les positions de la YHA », tout en rappelant que l’association n’était nullement impliquée dans la gestion ou le contenu de ce séjour.
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