Ryad ordonne à l’attaché militaire iranien et à 4 employés de l’ambassade de quitter le pays
Suite aux attaques iraniennes répétées, le ministère saoudien des Affaires étrangères a prévenu que de nouvelles frappes auraient des "conséquences importantes" sur les relations actuelles et futures
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Le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré samedi que l’Arabie saoudite avait informé l’attaché militaire iranien, son assistant et trois membres du personnel de l’ambassade qu’ils devaient quitter le royaume dans les 24 heures, après les avoir déclarés persona non grata, en raison d’attaques iraniennes incessantes sur le territoire saoudien.
Depuis le début de la guerre américano-israélienne contre la République islamique d’Iran, l’Arabie saoudite a été la cible de centaines de missiles et de drones iraniens, dont la grande majorité a été interceptée, ont déclaré les autorités.
Tôt dimanche matin, le ministère saoudien de la Défense a déclaré que trois missiles balistiques avaient été détectés aux abords de la capitale.
« Un missile a été intercepté, tandis que les deux autres sont tombés dans une zone inhabitée », a indiqué un porte-parole du ministère sur les réseaux sociaux.
Dans un communiqué, le ministère a déclaré que la poursuite des attaques iraniennes conduirait à une nouvelle escalade et aurait des « conséquences significatives » sur les relations actuelles et futures. Il a condamné à plusieurs reprises ces attaques, qui ont notamment visé le quartier des ambassades à Ryad ainsi qu’une raffinerie.
Cette guerre, au cours de laquelle Téhéran a attaqué des pays du Golfe, comme l’Arabie saoudite, a également perturbé les exportations de pétrole et de gaz fossile en provenance du Moyen-Orient, entraînant des arrêts de production.
La semaine dernière, le ministère qatari des Affaires étrangères a ordonné aux attachés militaires et de sécurité iraniens ainsi qu’à leur personnel de quitter le pays dans les 24 heures, à la suite d’une attaque contre l’immense installation gazière de ce pays.
Mercredi, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan, a déclaré que le royaume se réservait le droit d’agir militairement contre l’Iran.
« La faible confiance qui existait auparavant a été complètement anéantie », a déclaré le diplomate à l’issue d’une réunion entre les ministres des Affaires étrangères des États arabes du Golfe et d’autres pays, concernant les attaques iraniennes.
« Les attaques contre mon pays et contre mes [pays] voisins qui ne sont pas impliqués dans ce conflit, voilà tout ce qui m’intéresse », a poursuivi le prince Faisal.
« Nous allons utiliser tous les leviers à notre disposition – politiques, économiques, diplomatiques et autres – pour mettre fin à ces attaques. »
Il a critiqué les attaques iraniennes contre Ryad, qui accueillait la réunion.
« Je ne peux pas y voir une coïncidence », a-t-il déclaré.
« C’est le signal le plus clair de la façon dont l’Iran considère la diplomatie… Il tente de faire pression sur ses voisins, mais cela ne fonctionnera pas. »
L’Arabie saoudite et l’Iran avaient renoué leurs relations diplomatiques en 2023, dans le cadre d’un effort visant à apaiser les tensions qui les avaient opposés pendant des années et qui les avaient amenés à soutenir des factions politiques et militaires rivales dans la région.
Au cours de la même période, Israël a cherché à conclure un accord de normalisation avec l’Arabie saoudite.
La semaine dernière, le New York Times a rapporté que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’entretenait régulièrement avec le président américain Donald Trump pendant la guerre, et l’exhortait à continuer d’attaquer l’Iran avec sévérité.
Selon cet article, qui cite plusieurs sources anonymes, ben Salmane aurait relayé un conseil donné précédemment par le défunt roi Abdallah d’Arabie saoudite : « Couper la tête du serpent. »
Ce conseil figurait dans une série de câbles diplomatiques divulgués en 2010, dans lesquels il avait été révélé que les dirigeants du Golfe avaient exhorté les États-Unis à prendre des mesures plus énergiques contre le programme nucléaire iranien.
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