Saint-Sébastien : la présence israélienne au Global Dance Open provoque un tollé
Le collectif Donostia Palestina et les syndicats municipaux accusent les institutions locales de fermer les yeux et de trahir leurs propres engagements
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A la mi-juillet, à San-Sebastian, en Espagne, le festival international de danse Global Dance Open, compétition internationale de danse qui réunit des danseurs et danseuses de plus d’une trentaine de pays, a pris une tournure politique.
Comme le rapporte le quotidien basque Naiz, la participation d’une équipe représentant l’État hébreu et l’affichage de ses symboles au sein d’équipements publics municipaux (le palais des congrès du Kursaal et le théâtre Victoria Eugenia) ont provoqué une vive indignation au sein du milieu associatif et des personnels de la ville.
Le mercredi 15 juillet, l’association pro palestinienne Donostia Palestina a organisé une manifestation afin de dénoncer la participation de la délégation israélienne et de presser les institutions basques de ne pas soutenir l’événement, qualifiant dans un communiqué de « honteuse » la présence israélienne.
La contestation a également donné lieu à une manifestation devant le Kursaal à l’instigation du groupe Palestinarekin Elkartasuna.
Appel au boycott des institutions basques et accusation de « blanchiment »
Sur place, les manifestants ont fustigé l’autorisation accordée à l’équipe israélienne.
Selon des propos rapportés par Naiz, la foule a dénoncé le fait que « le drapeau de l’État génocidaire d’Israël ait été exhibé en toute impunité », s’élevant contre ce qu’elle estime être une tentative de « blanchiment de l’entité sioniste » via la culture.
Donostia Palestina a par ailleurs interpellé les autorités locales — la Mairie de San-Sebastian, la Diputación de Guipuzkoa et le Gouvernement basque — pour exiger la suspension immédiate de la délégation : « Nous leur demandons de changer d’attitude et d’exiger le retrait d’Israël de la compétition. Au-dessus des intérêts économiques, il y a les droits humains », a martelé le collectif en critiquant vivement les administrations qui, « bien qu’elles se positionnent en faveur de la rupture des relations culturelles et économiques avec l’État génocidaire d’Israël, finissent par le récompenser et le protéger. »
Tension au sein du personnel municipal : un accord de mai passé sous silence ?
La fronde s’est également propagée en interne.
Dès le 14 juillet, l’apparition du drapeau israélien sur la scène du théâtre Victoria Eugenia a suscité la « surprise et la colère » des employés de Donostia Kultura (l’entité publique en charge des équipements culturels de la ville). Les syndicats LAB et ELA, qui représentent les travailleurs, ont immédiatement interpellé la direction.
Comme l’affirme le syndicat LAB, une demande claire a été adressée à la direction de Donostia Kultura le 15 mai dernier, celle de ne passer aucun contrat ou louer de salles à des entreprises, sociétés de production ou artistes israéliens n’ayant pas publiquement et clairement dénoncé ce qu’ils estiment être un « génocide palestinien », conformément à la position du Conseil des porte-paroles de la mairie.
La direction avait alors souscrit à cet engagement en promettant « d’agir avec bon sens ».
« Où est cet engagement à agir avec bon sens ? Est-ce agir avec bon sens que de faire travailler les employés de Donostia Kultura à des initiatives qui soutiennent Israël ? C’est clairement inacceptable », s’est insurgé le syndicat LAB.
Les représentants du personnel ont ajouté que « le fait que le Global Dance Open ait loué le Victoria Eugenia n’exonérait en aucun cas Donostia Kultura de sa responsabilité ».
Non-respect du basque et dérive d’image
Outre la controverse géopolitique, la représentation syndicale pointe d’autres défaillances de la part des organisateurs internationaux. Elle dénonce une utilisation « excessive et inappropriée » de l’image du théâtre Victoria Eugenia, ainsi qu’un non-respect flagrant des critères linguistiques exigés dans la région, reprochant au festival de ne témoigner « aucun respect envers notre langue [le basque] ».
Face à ce cumul de griefs, les syndicats ont exigé que la direction intervienne d’urgence auprès de l’organisation pour prendre des mesures et réclamé l’adoption de « dispositions efficaces afin que de tels faits ne se reproduisent plus jamais ».
la Communauté du Times of Israël !







