Saisie de pièces anciennes des royaumes hasmonéens et des révoltes juives sur suspicion de contrebande
La police a annoncé avoir découvert les artefacts le mois dernier lors du contrôle d'un véhicule appartenant à un médecin palestinien, au point de contrôle Hizma, au nord de Jérusalem, côté israélien
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Des dizaines de pièces de monnaie anciennes ont été saisies suite à une tentative présumée de contrebande entre la Cisjordanie et Israël le mois dernier, a annoncé lundi dernier l’Autorité israélienne des antiquités.
La plupart de ces pièces datent d’environ 2 000 ans. Certaines ont été frappées du temps des rois hasmonéens (au IIe ou Ier siècles avant notre ère), d’autres par des rebelles juifs lors de la Grande Révolte Juive (66-73 de notre ère) ou de la révolte de Bar Kochba (132-136 de notre ère). La collection comprend également de nombreuses pièces de monnaie romaines.
Selon Amir Ganor, directeur de l’unité de prévention des vols de l’Autorité israélienne des antiquités, les pillards utilisent des détecteurs de métaux sophistiqués pour trouver des pièces anciennes sur des sites de fouilles, dans leur contexte historique.
« Chacune de ces pièces anciennes est d’une grande importance pour l’étude du passé lorsqu’elle est découverte in situ, dans son contexte archéologique », explique Ganor. « Une fois qu’une pièce est pillée et retirée de son environnement… la possibilité qu’elle offre de reconstruire le passé est irréversiblement perdue. »
Selon le communiqué de l’Autorité israélienne des antiquités, les pièces ont été découvertes à bord du véhicule d’un médecin palestinien qui travaille dans un hôpital israélien, lors d’une inspection au poste de contrôle Hizma, dans le nord de Jérusalem, le 20 février dernier.
Les agents de la police des frontières étaient en train d’inspecter le véhicule lorsqu’ils ont trouvé les pièces, à l’intérieur d’une petite boîte. Ensuite, ils ont appelé l’Autorité israélienne des antiquités et le conducteur a été arrêté par la police aux fins d’interrogatoire : il est soupçonné d’avoir tenté de faire passer des antiquités entre la Cisjordanie et Israël.
« Certaines de ces pièces ont été nettoyées par des personnes qui n’y connaissent rien, ce qui a occasionné des dégâts irréversibles : les autres, sans doute récemment extraites, n’avaient pas encore été nettoyées », explique Ilan Hadad, inspecteur de l’Autorité israélienne des antiquités responsable du commerce des antiquités.
« À mon avis, ces pièces étaient destinées à la vente en Israël à des personnes impliquées dans le commerce illégal d’antiquités ou à des collectionneurs d’antiquités de sources douteuses. Il est possible que certaines auraient atterri dans des salles de vente aux enchères à l’étranger », ajoute-t-il. « Nous avons l’intention de mener d’autres enquêtes afin de retrouver l’origine de ces pièces tout autant que la destination qui leur avait été assignée. »
Parmi ces pièces figurent notamment des shekels en argent pur des années 2 et 3 de la Grande Révolte, revêtues des inscriptions en hébreu ancien « Shekel d’Israël » et « Jérusalem la Sainte », et des pièces en bronze de l’année 4 ornées des quatre espèces utilisées lors de la fête de Souccot.
Certaines de ces pièces de bronze portent le nom de Shimon (Bar Kokhba), chef d’une révolte plus tardive, avec au verso, la mention « An deux de la liberté d’Israël. »
« Ces dernières années, des milliers de détecteurs de métaux ont été achetés en Israël, sans aucun contrôle », poursuit Ganor.
« Certaines personnes sont tentées d’utiliser ces dispositifs pour chercher des trésors sur des sites de fouilles — ce qui est illégal et formellement interdit par la loi. Malheureusement, les pièces saisies cette semaine ont été, soupçonne-t-on, pillées à des fins mercantiles, extraites de leur contexte. Nous ne saurons jamais à quel site archéologique ou récit historique elles appartenaient. »
« L’État d’Israël se doit de prendre des lois pour limiter la vente des détecteurs de métaux qui nous privent de pans entiers de notre histoire », ajoute-t-il.
Une exposition consacrée aux artefacts pillés saisis en Israël ces dernières décennies est en cours à l’Autorité israélienne des antiquités, sur le Campus Jay et Jeanie Schottenstein pour l’archéologie israélienne à Jérusalem.
Le bâtiment est doté d’abris anti-aériens et, conformément aux instructions du Commandement du front Intérieur, les entrées doivent être réservées depuis le site Internet de l’Autorité israélienne des antiquités.
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