Sde Teiman prouve qu’Israël ne prend pas au sérieux les abus sexuels subis par les détenus palestiniens – Pramila Patten
Ces propos de la représentante de l'ONU chargée de la question des violences sexuelles dans les zones de conflit font suite à l’annonce par Israël de sa décision de rompre ses relations avec le secrétaire général des Nations unies
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La représentante spéciale des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles dans les zones de conflit, Pramila Patten, a déploré l’absence de coordination entre Jérusalem et son bureau concernant la mise en œuvre de mesures coercitives à l’encontre des auteurs présumés de violences sexuelles contre des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza.
Ces propos de Patten, qui ont été formulés lors d’une conférence de presse, ont fait suite à l’annonce par Israël de sa décision de rompre ses relations avec le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, après que celui-ci a inscrit les forces de sécurité israéliennes sur sa liste noire des entités faisant l’objet d’accusations crédibles de violences sexuelles dans les zones de guerre, au motif d’abus présumés commis à l’encontre de détenus palestiniens.
« À titre d’exemple, dans l’affaire de Sde Teiman, non seulement les violences sexuelles ne figuraient pas dans l’acte d’accusation, mais le procureur général militaire les a même complètement abandonnées », a déclaré Patten, évoquant les abus présumés commis sur un détenu palestinien qui, selon l’acte d’accusation, aurait fait l’objet d’une « insertion d’un objet dans l’anus » par des gardes en juillet 2024. Les charges ont par la suite été abandonnées, en raison d’une irrégularité de la part du ministère public.
C’est cette affaire qui avait déclenché des manifestations organisées par certains députés de la Knesset, qui avaient protesté contre l’arrestation des soldats, avec notamment des attaques contre le centre de Sde Teiman et contre les enquêteurs qui étaient chargés du dossier.
UN SRSG on Sexual Violence in Conflict Pramila Patten: "I mentioned the Sde Teiman case. This is an emblematic case which shows the total lack of accountability. I mean the evidence was solid. The Commission of Inquiry made it very clear that there was solid evidence of sexual… https://t.co/1n6HFUxd85 pic.twitter.com/3AGjHMdZjX
— Rami Ayari (@Raminho) May 29, 2026
« Sur la question du refus d’accorder un accès aux observateurs de l’ONU, le gouvernement israélien a affirmé dans sa soumission qu’il ne leur accorderait pas ce droit en raison de ce qu’il qualifie de ‘parti pris institutionnel au sein des organes et mécanismes de l’ONU’. Il a également confirmé que, depuis le 7 octobre 2023, le CICR n’a pas été autorisé à accéder aux centres de détention pour des ‘raisons de sécurité' », a ajouté Patten.
L’État juif a communiqué à l’ONU l’intégralité de son cadre juridique et de contrôle, comprenant notamment les réglementations, les mécanismes de plainte et les pratiques en matière de renvoi devant les tribunaux lorsque cela est justifié, a déclaré hier l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Danny Danon, qui a par ailleurs indiqué avoir personnellement tenu plusieurs réunions avec Patten et son équipe.
Selon Danon, Israël avait pris des dispositions pour que de hauts responsables de l’administration pénitentiaire, de l’armée et du ministère de la Justice puissent rencontrer la délégation de Patten ; celle-ci a annulé ses voyages en Israël pour des raisons techniques et de sécurité. Israël n’a pour sa part jamais bloqué ces visites.
Au cours de la conférence de presse, Patten a confirmé qu’une invitation lui avait bien été adressée par Israël. Elle a toutefois évoqué des désaccords concernant la portée de la visite et les questions connexes d’accès et de coopération, précisant que le voyage avait finalement dû être suspendu du fait de la guerre à Gaza.
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