Selon un rapport de l’ONU, la frappe israélienne contre la prison d’Evin l’an dernier constitue un crime de guerre
Une enquête établit qu'Israël a été coupable d'avoir "dirigé intentionnellement des attaques contre des cibles civiles" ; Tsahal a affirmé que la frappe a été menée avec précision afin de limiter les dommages causés aux civils emprisonnés
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La responsable d’une enquête menée par les Nations unies a fait savoir, lundi, qu’une frappe aérienne israélienne contre une prison iranienne tristement célèbre, survenue l’année dernière, avait constitué « un crime de guerre ». Elle a aussi mis en garde contre le risque d’une répression accrue de la part de la république islamique en riposte à la campagne militaire qui est actuellement menée par Israël et par les États-Unis sur son territoire.
Israël avait lancé des « frappes ciblées », avait noté Tsahal, contre la prison d’Evin à Téhéran au mois de juin dernier, lors d’un conflit avec l’Iran. Les autorités iraniennes avaient dit que plus de 70 personnes avaient été tuées dans ce bombardement. Un bilan qui n’a jamais pu être vérifié de manière indépendante.
La prison, qui est située au nord de Téhéran, est connue pour héberger des prisonniers politiques et des étrangers dans des conditions de détention épouvantables.
Elle aurait subi de nouveaux dommages suite à des attaques qui ont été commises à ses abords lors des combats actuels, faisant naître l’inquiétude concernant le sort réservé à ses prisonniers.
« Nous avons trouvé des motifs raisonnables de croire qu’en lançant ces frappes aériennes contre la prison d’Evin, Israël a commis un crime de guerre consistant à diriger intentionnellement des attaques à l’encontre d’un objectif civil », a commenté Sara Hossain, présidente de la Mission internationale indépendante d’enquête sur l’Iran, devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, dans la journée de lundi.
Le rapport qui a été établi par Hossain s’est appuyé sur des entretiens avec des victimes et avec des témoins, sur des images satellites et autres documents.
Tsahal a expliqué à Reuters dans une déclaration faite mardi que les militaires avaient procédé, en 2025, à une frappe ciblée contre le site où, selon eux, des opérations de renseignement étaient menées contre Israël, avec notamment des activités de contre-espionnage.
« La frappe a été menée avec précision afin de limiter autant que possible les dommages causés aux civils détenus dans la prison », a confié Tsahal.
Au mois d’août dernier, Human Rights Watch avait affirmé que la frappe israélienne avait constitué « un crime de guerre manifeste », tout en accusant Téhéran d’avoir maltraité et fait disparaître des prisonniers après l’attaque.
Human Rights Watch avait ajouté que l’attaque avait été « aveugle », ce qui avait été « illégal », et qu’il n’y avait eu aucune preuve faisant état d’un avertissement préalable ou d’une cible militaire avant la frappe lancée contre le centre de détention, qui abritait environ 1 500 prisonniers.
La prison d’Evin, qui est située dans un quartier huppé à la périphérie nord de Téhéran, détient des hommes et des femmes dans ses quartiers généraux. Des centaines d’autres personnes seraient incarcérées dans ses unités de sécurité secrètes, en cours d’interrogatoire ou à l’isolement, selon des militants.
Parmi les prisonniers figurent des manifestants, des avocats et des militants qui militent depuis des années contre le régime autoritaire iranien, contre la corruption et les lois religieuses.
Les frappes avaient touché Evin pendant les heures de visite – provoquant choc et panique parmi les familles des prisonniers, qui avaient dû se démener pour connaître le sort de leurs proches.
Les salles de visite, les bureaux et plusieurs parties de la prison avaient été lourdement endommagés, avaient fait savoir des groupes de défense des droits humains et des proches de prisonniers. Un missile avait frappé l’entrée de la prison, où les détenus attendent souvent d’être emmenés à l’hôpital ou au tribunal.
À ce moment-là, le ministre de la Défense, Israel Katz, s’était contenté de dire qu’un missile avait été tiré sur les portes de la prison dans le cadre d’une vague de frappes contre « des cibles du régime et des instances gouvernementales de répression ».
Le porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Effie Defrin, avait déclaré, le même jour, que la frappe avait été menée « avec une grande précision, afin d’éviter de porter atteinte à des personnes non impliquées ».
Risque d’une répression accrue
Hossain a également condamné le nombre croissant de morts parmi les civils en Iran dans le contexte du conflit actuel, et elle a exprimé ses craintes que la campagne de bombardements américano-israélienne n’incite l’Iran à réprimer encore plus durement la dissidence, soulignant l’augmentation des exécutions après les frappes de l’année dernière.
« La principale leçon tirée de nos enquêtes dans ce contexte est claire : une action militaire extérieure n’assure pas la responsabilité ni n’apporte de changement significatif. Au contraire, elle risque d’intensifier la répression interne », a-t-elle affirmé.
Mai Sato, experte des droits de l’Homme pour l’Iran qui a été nommée par l’ONU, a également fait part de ses inquiétudes concernant les détenus, notamment ceux qui ont été arrêtés lors des manifestations de masse en janvier.
Les familles n’ont pas pu contacter leurs proches, et la nourriture et les médicaments se font de plus en plus rares dans les prisons, a-t-elle déclaré.
L’ambassadeur de l’Iran auprès de l’ONU, Ali Bahreini, a appelé à la condamnation des frappes américano-israéliennes, qui, selon lui, ont tué plus de 1 300 personnes en Iran.
Israël n’est actuellement pas membre du CDHNU mais, comme tous les États membres des Nations unies, l’État juif bénéficie d’un statut d’observateur informel et dispose d’un siège dans la salle des séances du Conseil.
L’année dernière toutefois, Israël a annoncé suspendre sa collaboration avec le Conseil, l’accusant de « protéger les auteurs de violations des droits de l’Homme » tout en « diabolisant » Israël et en « propageant l’antisémitisme ».
la Communauté du Times of Israël !







