Selon une plainte, un officiel américain a fait pression sur des victimes du 7-Octobre
Bashar Masri, un homme d'affaires américano-palestinien est accusé d'avoir sollicité ce responsable pour convaincre les plaignants d'abandonner leurs poursuites
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Selon une plainte qui a été déposée le mois dernier devant un tribunal, un haut responsable du gouvernement américain aurait fait pression sur les familles de victimes du pogrom perpétré le 7 octobre 2023 par le groupe terroriste palestinien du Hamas afin qu’elles abandonnent leur action en justice contre un éminent homme d’affaires palestinien-américain accusé d’avoir permis au groupe terroriste d’utiliser ses propriétés.
L’homme d’affaires, Bashar Masri, rejette l’ensemble des accusations portées contre lui.
Cette affirmation figure dans une version amendée de la plainte, qui a été déposée le mois dernier. Celle-ci ne précise toutefois pas si l’un des plaignants a effectivement renoncé à la procédure.
La plainte initiale, déposée l’an dernier, affirme que le Hamas a trompé Israël avant son invasion en feignant de s’intéresser au développement de Gaza, et soutient que Masri et ses sociétés faisaient « partie intégrante de cette vaste supercherie ».
« Ils possédaient et ils exploitaient des projets immobiliers phares à Gaza qu’ils ont sciemment et délibérément intégrés à l’infrastructure terroriste du Hamas et qui constituaient des éléments essentiels du plan d’attaque du 7-Octobre », affirme la plainte.
Les plaignants sont quelque 200 victimes américaines de l’attaque du 7-Octobre et des membres de leurs familles, parmi lesquels les familles de Hersh Goldberg-Polin, exécuté en captivité, et d’Itay Chen, tué lors de l’attaque du 7-Octobre, Yechiel Leiter, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, dont le fils a été tué à Gaza en novembre 2023, ainsi que l’entrepreneur israélien Eyal Waldman, dont la fille a été assassinée le 7-Octobre.
Waldman était autrefois un proche de Masri. Leur amitié était souvent présentée comme un symbole de rapprochement entre Israéliens et Palestiniens. Aujourd’hui, toutefois, Waldman tient Masri en partie responsable de la mort de sa fille et s’est juré de « le ruiner ».
La plainte n’affirme pas que Masri était au courant des préparatifs du pogrom du 7-Octobre et reconnaît que certains de ses projets immobiliers semblaient parfaitement légitimes. Elle soutient toutefois qu’il savait que le Hamas utilisait ses propriétés à des fins militaires.
Selon la plainte, certains de ces projets avaient servi à construire et à dissimuler des tunnels du Hamas, à entreposer des roquettes, à héberger des dirigeants du Hamas, à entraîner ses membres et à fournir de l’électricité au réseau de tunnels du groupe.
Masri avait conclu des contrats avec le gouvernement américain et il entretenait une correspondance régulière avec des responsables américains au sujet de ses projets immobiliers, selon la plainte amendée.
Celle-ci, déposée le mois dernier, affirme que Masri a tenté de mettre ces relations à profit pour convaincre les plaignants d’abandonner leurs poursuites.
Après le dépôt de la plainte initiale, « Masri a de nouveau sollicité l’aide de ses contacts bienveillants au sein du gouvernement américain, faisant cette fois appel à un haut responsable pour prendre contact avec certains des plaignants dans cette affaire », indique la plainte.
« Ce haut responsable américain s’est exécuté. Il a exhorté ces plaignants à abandonner cette action en justice en invoquant la prétendue modération de Masri et sa coopération avec les États-Unis », poursuit le document.
La plainte ne précise pas l’identité de ce responsable, et les avocats des deux parties n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.
Dans un communiqué transmis l’an dernier au Times of Israel, le bureau de Masri avait rejeté les accusations formulées dans la plainte initiale.
« Il a été choqué d’apprendre par les médias qu’une plainte dénuée de tout fondement avait été déposée aujourd’hui, contenant de fausses allégations à son encontre ainsi qu’à l’encontre de certaines entreprises auxquelles il est associé. Ni lui ni ces entités ne se sont jamais livrés à des activités illégales et n’ont jamais soutenu la violence ou le terrorisme », indique le communiqué. « Il condamne sans équivoque toute forme de violence et demandera aux tribunaux de rejeter ces accusations mensongères. »
Masri siégeait au conseil des doyens de la Harvard Kennedy School. Il en a démissionné après le dépôt de la plainte.
Les plaignants réclament un montant non précisé de dommages et intérêts au titre d’une loi fédérale américaine permettant aux citoyens américains d’engager des poursuites pour les préjudices causés par des actes de terrorisme international.
la Communauté du Times of Israël !







