Shahar Nevo, le mathématicien soupçonné d’avoir comploté pour tuer des centaines d’Arabes
Le professeur de l'université Bar Ilan, âgé de 60 ans et vivant à Petah Tikva, aurait dit au tribunal que son avocat lui avait conseillé de feindre la démence pour obtenir une peine plus clémente, mais il insisté sur sa bonne santé mentale
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Le mathématicien de l’université Bar Ilan mis en examen pour avoir comploté en vue d’assassiner des centaines d’Arabes s’appelle Shahar Nevo, l’embargo sur son identité ayant été levé.
Âgé de 60 ans, Nevo est un professeur titulaire dont les recherches portent sur l’analyse complexe et la théorie des opérateurs. Il vit seul à Petah Tikva et est titulaire d’un permis de port d’armes. Il a été arrêté le 17 septembre et mis en examen lundi devant le tribunal de Lod pour préparation d’un attentat terroriste, chantage et entrave à la justice.
Selon l’acte d’accusation, Nevo a cherché à convaincre, puis à faire chanter l’ancien député Moshe Feiglin (Likud) afin qu’il l’aide à trouver 71 autres terroristes pour lancer des attaques simultanées contre des centres de population arabes, avec l’aide d’hypothétiques « éléments subversifs » au sein de l’armée.
L’objectif de ce plan était de pousser les Arabes à fuir en masse d’Israël et de la Cisjordanie vers Gaza, le Liban et la Jordanie. Nevo a commencé à élaborer ce plan en février 2023, mais n’a réussi à recruter personne, ont précisé les procureurs.
Les procureurs ont indiqué que Nevo avait reconnu les faits qui lui sont reprochés. Ils ont demandé qu’il soit maintenu en détention jusqu’à la fin de la procédure.
Lors d’une audience qui s’est tenue en début de semaine, Nevo a rapporté que son avocat lui avait suggéré de se comporter comme s’il était atteint de démence dans le but d’obtenir une peine plus clémente, mais qu’il avait rejeté cette idée, selon le quotidien Haaretz.
« Je suis pleinement responsable de mes actes et je les assume pleinement », a-t-il déclaré.
Nevo aurait fait valoir qu’il devait être libéré de prison, arguant qu’« à l’heure actuelle, je ne représente un danger pour personne. Ma vie a été bouleversée. J’ai tant de choses à faire, tant de problèmes financiers à régler », auxquels s’ajoutent les examens des élèves à corriger. « Je ne vois pas pour qui je pourrais constituer un danger. »
« Je n’ai rien fait personnellement. Je ne pense pas que je devrais être puni », a-t-il ajouté, selon l’article. « D’une certaine manière, ma vie était déjà dans le gouffre avant cette affaire. »
Nevo a par ailleurs affirmé que tous ses gardiens de prison étaient musulmans et qu’il « avait peur » car il était « seul là-bas ».
D’après le site Ynet, Nevo a commencé ses études à l’université de Tel Aviv en 1984 et a obtenu son diplôme trois ans plus tard. En 1992, il a commencé à enseigner les mathématiques à l’université Bar Ilan, puis a rejoint le monde académique en 1999. Un an plus tard, après avoir obtenu son doctorat, il a été nommé professeur.
Nevo a donné à son « projet extrémiste et meurtrier » le nom d’Ayit, qui signifie « aigle » en hébreu et qui est aussi l’acronyme de « Am Ya’ase Transfer », c’est-à-dire « Une nation accomplira un transfert » – une référence à l’expulsion des Palestiniens, selon les procureurs.
Aux termes de l’acte d’accusation, un volet du projet Ayit qui devait avoir lieu en 2025 prévoyait que 72 terroristes juifs armés, répartis en 12 escouades de six personnes chacune, attaqueraient simultanément des centres de population arabes, armés de fusils et de haches, avec le soutien d’hypothétiques « éléments subversifs » issus de l’armée.
Le projet envisageait que la moitié au moins de ces terroristes, incluant le suspect lui-même, seraient titulaires d’un permis de port d’arme. Le nombre de victimes était estimé entre 600 et 700.
Parallèlement, des appels seraient lancés sur les réseaux sociaux pour que « toute la nation d’Israël » prenne part aux attaques, dans l’espoir que « de nombreux segments de la société israélienne, notamment des soldats, des policiers, des résidents d’implantations de Cisjordanie et des criminels », s’y joignent, peut-on en outre lire dans l’acte d’accusation.
Selon le parquet, Nevo aurait tenté de trouver une « personnalité politique influente » pour l’aider à recruter des agents armés dans le cadre de ce projet ; il aurait finalement jeté son dévolu sur Feiglin, figure d’extrême droite dont la faction Zehut s’est alliée au mouvement HaTzionout HaDatit du ministre des Finances Bezalel Smotrich en vue des élections du 27 octobre.
Feiglin n’ayant pas répondu à ses appels, le suspect aurait tenté, voici environ un mois, de faire chanter l’homme politique pour qu’il accepte de se joindre à lui, mettant également en œuvre « diverses méthodes de dissimulation et d’obstruction » pour éviter d’être découvert.
Feiglin, son adjoint Yitzhak Hai Zaga et le directeur exécutif de Zehut, Shai Malka, ont remis à la police des lettres de menaces qu’ils auraient reçues de la part du suspect.
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