S’il avait été consulté, Merz « aurait déconseillé » à Israël et aux États-Unis d’attaquer l’Iran
Lors de son discours de politique générale, le chancelier allemand a souligné le risque de "répercussions négatives sur l'approvisionnement énergétique" et de "mouvements migratoires massifs"
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Mercredi, le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé que Berlin « aurait déconseillé » à Israël et aux États-Unis d’attaquer l’Iran si Washington l’avait consulté.
« Tant que la guerre se poursuivra, nous n’y prendrons pas part », a déclaré le dirigeant allemand au cours de son discours de politique générale au Parlement.
Au 19ᵉ jour d’un conflit qui embrase le Moyen-Orient, il a toutefois ajouté « partager avec Israël et les États-Unis l’objectif que l’Iran ne représente plus une menace à l’avenir ».
Devant les députés allemands, et à la veille d’un sommet européen à Bruxelles, il a martelé que « l’Europe avait tout intérêt à ce que la guerre prenne fin rapidement, à ce qu’il n’y ait pas d’escalade régionale supplémentaire, ni de désintégration de l’État iranien – un scénario que nous avons d’ailleurs connu en Libye, en Irak ou dans d’autres pays de la région ».
« Cela nous porterait également un préjudice considérable. Cela compromettrait aussi gravement notre sécurité », a-t-il dit.
Il a également souligné le risque de « répercussions négatives sur l’approvisionnement énergétique » et de « mouvements migratoires massifs ».
« C’est pourquoi nous œuvrons en faveur d’un ordre de paix régional dans lequel ni Israël ni aucun autre partenaire ne serait menacé, et dans lequel l’Iran renoncerait à ses ambitions nucléaires ainsi qu’au terrorisme qu’il exerce à travers le monde entier », a ajouté Merz, qui devrait dîner mercredi soir avec le président français, Emmanuel Macron.
Le ministre de la Défense allemand, Boris Pistorius, avait rejeté sans détours lundi les demandes du président américain visant à obtenir un soutien militaire dans la sécurisation du détroit, et a minimisé les menaces selon lesquelles une telle position de la part des alliés nuirait à l’alliance de l’OTAN.
« À quoi […] Donald Trump s’attend-il, qu’une poignée de frégates européennes puisse faire dans le détroit d’Ormuz que la puissante marine américaine ne peut pas faire ? », a-t-il déclaré à Berlin.
« Ce n’est pas notre guerre, nous ne l’avons pas déclenchée. »
Interrogé sur l’avertissement de Trump selon lequel l’OTAN ferait face à un avenir « très sombre » si ses membres ne venaient pas en aide à Washington, Pistorius a répondu qu’il ne s’attendait pas à ce que l’OTAN se désagrège à cause de ces divergences.
La guerre engagée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran « n’a rien à voir avec l’Otan », avait répondu plus tôt lundi le porte-parole du gouvernement allemand. « L’Otan est une alliance pour la défense du territoire » de ses membres et « il manque le mandat permettant de faire intervenir l’Otan », a déclaré le porte-parole allemand, Stefan Kornelius en conférence de presse.
Johann Wadephul, le ministre allemand des Affaires étrangères, a aussi déclaré lundi depuis Bruxelles que l’Allemagne ne voyait pas quel rôle l’OTAN, qui comprend les États-Unis, pourrait jouer dans la gestion du blocus du détroit d’Ormuz.
« Je ne vois pas que l’OTAN ait pris une quelconque décision dans ce sens, ni qu’elle puisse assumer la responsabilité du détroit d’Ormuz. Si tel était le cas, les instances de l’OTAN se pencheraient sur la question », a-t-il encore déclaré avant une réunion du Conseil des affaires étrangères de l’UE.
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